‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 45 sur 213 · VII · texte numérisé non relu

VII

82 NAPOLEON ET SA FAiMILLE

C'est tout juste une histoire pareille à celle de M""^ de Barrai l'année précédente. Exaspérée de quitter Paris et ses fêles, d'être chassée comme une servante infidèle, de retomber à Turin et à son mari, M'"° de Saluées, dès son arrivée qui fit scandale à Slupinig-i, car chacun la savait de service, s'empressa de faire ses confidences sur la cause de sa disgrâce. « L'amour, dit-elle, l'avait causée. Dans sa jalouse fureur, la princesse n'avait pu supporter l'affront de se voir au second rang dans le cœur d'un perfide séducteur. Aussi l'exil avait-il frappé son heureuse rivale et les portes d'un château fort s'étaientelles fermées sur l'objet de sa jalouse passion... » M""^ de Saluées ajoute que le prisonnier doit être à présent en liberté. « Dans le cas conlraire, dit-elle à son confident, veuillez vous charger de ce billet pour la comtesse de B... (Brignole?) Elle saitl'usage qu'elle en doit faire, si le malheureux était encore sous les verrous. »

« Le malheureux » ressemble bien à Montrond : niais depuis quand Pauline dispose-t-elle de lettres de cachet? Si l'Empereur a ordonné qu'on arrêlât Montrond et qu'on l'écrouât à Ham, c'est qu'il l'a soupçonné d'être mêlé aux intrigues et aux spéculations de Talleyrand, d'avoir joué un rôle d'intermédiaire et peut-être d'espion lors de la descente des Anglais et de tenir beaucoup trop des secrets du préfet des Deux-Nèlhes, Voyer d'Argenson. On a saisi ses papiers, mais « on lui a rendu les lettres qui n'avaient rapport qu'à des affaires d'intérêt ou de galanterie. »

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