PAULINE. — FÊTES A LA. COUR
îa porle <\n i»alais. Tnis se sont, sur le petit théâtre des Appailoiiionts, chez Flmpératrice, des répétitions pour le qiiiiilrille mémorable, le ballet des Heures où la princesse doit jouer le rôle en vedette. Elle est Rome, el le casque en tête, l'égide à la faille, la pique en main, viHue de mousseline de l'Inde à lames d'or, chaussée de brodequins de pourpre dont les bandelettes croisées sont arrêtées par dès camées, elle porte, en celle mascarade qui veut être poétique et qui tourne au groles(]ne, quelque chose de divin devant quoi le sourire s'arièle. Elle apparaît comme la prédestinée, celle qui |Hnie en soi la féminité entière, l'être type, In. sur femme, dont la vue explique et justifie son sexe, puisque sa lin est d'éveiller le désir et sa vertu de le satiif faite.
Et il n'eu coûte que 16 000 francs à Pauline pour laisser celle image dans le souvenir de ses contemporai •:?, celle légende dans les regrets des hommes qui neuient point la félicité de la voir.
Cercles, liais, mascarades, des fêtes, un train de rein^, des ratlinements de luxe, des caprices de générosité, coin me lorsqu'elle donne à M"^ de Chambaudoin, la iiiîe d'une de ses dames, qui épouse le général Reynicr, un trousseau de 19 000 francs, rien d'une éplon'e, rien de la rageuse qu'elle est, se plaisant à cuuUarier tout son monde, quand ses affaires de cœur vont mal. Et, à côté, pour le palais du faubourg Saint-ÎIonoré, des consignes d'une telle rigidité qu'on dirait qu'on y cache quelqu'un; M™® de Cavour qu'elle y loge, y est comme en charte privée.
et la princesse entend si peu raillerie qu'elle écrit de sa main à son intendant : « Monsieur Michelot, hier j'ai fait venir Grange (le portier/ Je lui ai donné moi-môme l'ordre de ne laisser entrer personne que M. de Tonnerre, M™® de Brignole, mon médecin et ma famille. Je lui ai dit, si M""^ de Gliambaudoin ou autres venaient pour M™° de Cavour, de ne laisser entrer personne. J'en avais prévenu moi-même M""* de Cavour, Il n'a tenu compte de rien. Il a laissé entrer ce malin M™* de Ghambaudoin. Je suis fort mécontente. Je désire que vous le préveniez que, la première fois que je lui donnerai un ordre et qu'il ne l'exécutera pas, il sera chassé. Je suis fort mécontente aussi qu'il tienne toujours la porte du palais ouverte : c'est une chose qui ne doit pas être : quand une voiture est entrée, il faut qu'il ferme la porte de suite. »
Certes, voilà du mystère où il est dilficile de se méprendre, mais c'est bien mieux à Neuilly où la princesse part tout au début de mai. Elle n'habite point le palais, où seront le service et la maison d'honneur pour laquelle, chaque jour, à sept heures un quart précis, il y aura un couvert pour dix personnes. La princesse, elle, couchera et déjeunera à Villiers, servie uniquement par une femme, un valet de confiance et ses trois porteurs. « Personne n'entrera à' Villiers sous aucun prétexte à moins d'une permission de Son Altesse Impériale. »
Et comme alors (4 mai). Murât arrive à Paris, Pauline trouve sa belle pour tirer Ganouville du 2" Chasseurs où il se morfondrait à un service de troupes sous