‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 52 sur 213 · JEROME. — ACCUEIL FAIT A MADAME · texte numérisé non relu

JEROME. — ACCUEIL FAIT A MADAME

en costume, spectacle en grand gala, fêtes de nuit avec cantates de Blangini en son honneur, illuminations et Lais parés, revues où le roi assemble vingt bataillons d'infanterie, deux régiments de cuirassiers et deux de cavalerie légère, plus de 19 000 hommes. Le roi en fait trois heures durant les honneurs à sa mère, mais il déclare ensuite, de lui-même, « qu'il est difficile de voir de plus belles troupes ».

Cependant, on cause, et les sujets ne manqueraient point pour s'attrister : Le roi dit que, si les choses continuent ainsi, le royaume succombera l'année prochaine. « Quelle triste perspective, écrit Catherine; comment TEmpereur peut-il pouvoir ruiner son propre frère? » De là à d'autres rêves, il n'y a pas loin, et, à propos des renforts envoyés par la Russie en Turquie, la reine écrit : « Qu'il est donc fâcheux que Tempereur Napoléon n'ait pas Tombre de souverain vis-à-vis de lui qui ait des moyens! Ils sont tous des hommes faibles et sans moyens ou qui ont de trop petits Etats pour lui tenir tète. » Est-ce là ce qu'elle entend dire ou la réflexion lui vient-elle spontanément? A coup sûr, ce n'est pas là du loyalisme, mais, avec Madame, ne doit-on pas ressasser les malheurs de Louis et les mésaventures de Lucien, et de tels récits sont-ils bien faits pour engager à la fidélité?

Malgré les prolongations successives qu'elle a accordées aux instances de Jérôme, Madame, à la fin,, se détermine à partir le 5 octobre. Le roi et la reine raccompagnent jusqu'à Wabern, d'où, le 6, elle va à Marbourg reprendre la route de France. « Celte

séparation m'a vivement peinée, écrit Catherine. A l'âge oii elle est et dans le siècle où nous vivons, il est Lien difficile de prévoir le moment où Ton se reverra. Celle séparation m'a doublement coûté, car, pour moi, Madame Mère était une société agréable. Elle a beaucoup d'esprit et beaucoup de moyens. Etant presque continuellement seule et vis-à-vis de moi-même, je trouvais en elle une grande ressource. Puis, le cœur d'une femme a parfois besoin de s'épancher dans celui d'une autre femme. » Catherine n'est point proJigue de ces plaintes où elle dévoile quelque peu des dégoûts qu'elle éprouve à proportion de la passion qu'elle porte à son mari. Elle retombe en cette vie de plaisir où elle joue presque un rôle de figurante et où, à chaque instant, apparaissent à sa cour des personnages nouveaux, dont elle ne peut ignorer le rôle principal et qu'elle est d'autant plus obligée de gracieuser.

Au milieu des diflicultés qui s'accroissent constamment, Jérôme continue à se divertir aux parodies impériales. Il a institué un Conseil du sceau d es Titres et règle les signes distinctifs de la noblesse qu'il a confirmée ou créée : Aux princes, il octroie la couronne à cinq fleurons et à neuf perles, le manteau de gueules doublé d'hermine et deux bannières posées en sautoir derrière Técu, celle de droite, de gueules au cheval d'argent, celle de gauche, au choix de l'institué; les comtes ont la couronne à neuf perles sans fleurons et, des deux bannières, celle de droite d azur au cheval d argent; [es barons, couronne

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