LOUIS- — LA SOLITUDE
cheveux pour rassortir. Mais voici qu'il trouve dans une g-azelte l'annonce d'une pommade végétale pour les cheveux. Elle est composée par le sieur Fortin et se vend rue Helvélius n" 32. Vite! qu'on y courre et qu'on lui en envoie tout de suite une bonne provision. Par malheur, quand arriveront perruque et pommade, ses cheveux auront repoussé. Fortin a manqué sa fortune!
Ayant renvoyé Latour, Louis ne peut manquer de se plaindre qu'on l'abandonne et qu'il est seul : un seul homme peut combler ce vide désespérant, c'est Bylandt; il n'y a que Bylandt; il lui faut Bylandt; rien que Bylandt. « Je n'ai, comme dit Voltaire,
... besoin que d'un ami qui me parle du cœur.
Si mes rêves m'en ont donné un, je le bénirai. On ne veut pas qu'il me rejoigne, je n'ai besoin de nul autre. » Quand, à la fin, le 23 juin, il apprend que Bylandt, réintégré dans son grade, refuse de se rendre à Gratz, ce n'est point Bylandt qu'il accuse, c'est l'Empereur. « On » aura encore machiné quelque noirceur. De lui-même Bylandt fût venu; s'il n'est point venu, c'est qu'o/i l'a contraint, et comme cela est vilain et lâche! « Quant aux empêchements qu'on apporte à son arrivée près de moi, écrit-il, j'observe seulement que lorsqu'on déporta de France Barthélémy et d'autres, les Révolutionnaires même n'eurent pas l'inhumanité de refuser à son ami Letellier de le suivre et pourtant Barthélémy était avec nombre de compagnons et n'était point malade comme moi, et