‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 63 sur 213 · LOUIS. — SA HAINE CONTRE NAPOLÉON H · texte numérisé non relu

LOUIS. — SA HAINE CONTRE NAPOLÉON H

les voyages « d'un ancien secrétaire » (Decazes) ; puis « le fameux Moniteur du 15 décembre où l'on publie une lettre inexacte de lui, écrite sur l'instigation de Ghampagny, et un sénatus consulte ridicule où on lui donne un apanage en compensation de ce qu'il a perdu ». Napoléon ne lui a pas seulement volé sa couronne, il a empoisonné toute sa vie. « J'ai été, écrit-il, blessé, maltraité, étouffé, dès mon adolescence, par mon frère. J'ai sacrifié mon plus bel âge à le suivre dans ses campagnes. J'ai servi mon pays dès l'âge de quinze ans, avec un dévouement absolu, une activité sans égale, et je n'ai jamais reçu de mon frère une marque d'encouragement. Il m'a fait interrompre mes études pour me vouer à l'état militaire, et, dès que je m'y suis donné tout entier, tandis que les autres avançaient rapidement et étaient loués, vantés publiquement, souvent avec justice, mais quelquefois avec exagération, on me laissait oublié. Sans les deux ministres de la Guerre, Garnot d'abord et ensuite Bernadotte, j'aurais été encore capitaine au retour d'Egypte, et cependant j'ai perdu à la guerre la santé la plus robuste et un temps précieux. »

Ge n'est pas assez que Napoléon ait retardé son avancement, il lui a imposé une femme d'abord, une couronne ensuite. « Les derniers événements, dit-il, mon voyage et ma prison à Paris, mon retour et enfin mon abdication passent toute croyance. Il est inutile que je te parle de l'injustice et de toutes les sortes de malheurs dont j'ai été la victime, un volume suffirait à peine. » Il le fait ce volume et, la conclusion.

c'est le projet d'aller s'établir en Amérique, la demande adressée à Lucien de lui envoyer le plus tôt possible un passeport anglais, au nom de L. Van Hol, au moyen duquel il gagnera les Etats-Unis et se réunira à son frère.

Pourtant, à Gratz, il est fort bien installé « dans une maison appelée la Maison Suisse » qu'il a payée « le prix fou » de 25 000 florins et à laquelle il doit, en septembre, faire encore pour 14 000 florins d'augmentation. « J'ai, écrit-il lui-même le 23 juillet, une maison agréable, saine, commode et un très grand jardin de ville. Je paye le tout un peu cher, mais c'est ainsi pour tout le monde. » Sans doute a-t-il en vue un établissement plus somptueux lorsqu'il demande à Madame de lui acheter, pour 420 000 francs, ses diamants qui, dit-il, valent beaucoup plus. Madame décline la proposition, mais les diamants ne sont pas moins vendus, et, après avoir vu plus de trente maisons de campagne sans prendre un parti définitif, Louis s'arrête à une propriété qui paraît d'importance. Le courrier que Madame a, de Cassel, expédié à son fils, raconte au retour qu'il a trouvé le roi mieux que jamais, que sa maison était très bien montée, qu'il avait acheté une terre dont le château devait être magnifique, qu'il s'occupait beaucoup de cette campagne qu'il avait prodigieusement embellie et qu'il ne manquait de rien.

Au début, en effet, la famille avait pris l'alarme sur ses besoins; comme Louis, dans chacune de ses lettres à Decazes ou àLavallelte, se plaignait des dépenses

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