‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 79 sur 213 · CAROLINE. — INTRIGUES EN ITALIE · texte numérisé non relu

CAROLINE. — INTRIGUES EN ITALIE

dinaire de peu de chose, elle est nippée ; on ne saurait dire habillée. Peu lui importe : elle ne ferait de folies que pour un manteau royal.

Caroline est fort loin de cette forme de penser, plus loin encore de ces béatitudes que procure l'ambition satisfaite. Livrée par Maghella, elle est tombée et, avec elle, toute la coterie française. Murât, roi par sa grâce, n'a point osé la chasser de son trône comme il a t'ait de son lit, mais ce n'est pas l'envie qui lui en a manqué. Toutefois l'audace eût été un peu forte et il eût dû être plus avancé qu'il n'était alors avec les ennemis de l'Empire. Il s'est donc contenté de réduire, à Gapo di Monte, la reine en une sorte de captivité, éloignant tous les Français qui lui étaient affidés et ne permettant pas même au ministre de l'Empereur de pénétrer librement jusqu'à elle. Il recloute surtout qu'elle écrive à Napoléon et il prend ses précautions pour infirmer par avance tout ce qu'elle alléguerait. Quant à lui, il paraît suivre avec une sorte de confiance son dessein — ou plutôt le dessein de Maghella — et peut-être dès lors les négociations préliminaires sont- elles plus avancées qu'on n'a été jusqu'ici disposé à le penser.

Les événements qui se sont produits à Naples de mars à juillet 1811 et qui y ont, de la part de la France, amené des mesures répressives, préparatoires, pouvait-il sembler, aune ouverture d'hostilités, ont empli d'espérances les prêtres « toujours dans l'attente de quelque événement favorable à leurs désirs. Que

Joachim, disent-ils, se mette à la tête de ses troupes, qu'il vienne à Rome, les peuples, partout mécontents, de partout se réuniront sous sa bannière ». La francmaçonnerie dont Murât croit tenir les fils en sa qualité de grand maître, trouverait donc en l'Eglise romaine une alliée inattendue ; mais, à en croire Norvins, établi directeur de la Police à Rome surtout pour surveiller Naples, d'autres alliances se préparent. « On dit, écrit Norvins le 11 août, que le roi Joachim se met sous la protection des Anglais, que les secours qu'il en recevra et ceux que lui prodigueront tous les prêtres, tous les catholiques d'Italie le rendront formidable à Sa Majesté Impériale. Le roi, observe-t-on, ne tenterait pas une telle entreprise s'il n'était pas sûr de quelques puissants appuis même dans l'intérieur de la France. On dit que déjà deux bâtiments anglais sous pavillon américain sont entrés à Naples où ils ont été bien accueillis. »

Les rapports de Norvins pourraient sembler tendancieux s'ils ne se trouvaient concorder exactement avec ceux de Durant, moins explicites, mais tout aussi noirs : « Il me semble, écrit le ministre de France, que le roi continue à se laisser emporter ou par les suggestions d'une vanité insurmontable ou par des rapports et des conseils dont la loyauté est suspecte... Ceux qui rêvent depuis longtemps un certain système italique ont beau jeu pour le précipiter dans des mesures mal calculées et dont je me suis permis de faire apercevoir au roi l'imprudence et les dangers. »

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