‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 81 sur 213 · CAROLINE- — TÉMOIGNAGES CONTRE MURAT · texte numérisé non relu

CAROLINE- — TÉMOIGNAGES CONTRE MURAT

disposilions les plus violentes contre tout ce qui est Français ; « on reparle des Vêpres Siliciennes et l'on dit que la Messe de Naples les vaudra bien », Mais Naples n'est qu'un point en Italie. « Une conspiration sourde entretenue par le roi et ses agents a ses ramifications à Rome, à Florence, à Milan et même, diton, dans le cabinet de Savone. » Les prêtres élèvent jusqu'aux nues les vertus et le caractère du roi ; les intelligences qu'il soudoie dans les principales villes de l'Italie « dépassent les bornes des intérêts qui lui sont permis comme souverain ». « Il paraît certain que l'on a mis dans la tête du roi l'extravagante idée et le criminel projet d'être le maître et le libérateur de l'Italie et que les Anglais et le Pape sont les conseillers cachés de ce plan dont l'exécution semble être remise à l'époque où la guerre dans le Nord la démunirait du petit nombre de troupes qui lui reste. » A l'appui de cette déclaration, Norvins dresse une liste des agents que Murât entretient à Rome et dans diverses parties du royaume d'Italie : certains sont des employés du Gouvernement impérial, quelquesuns Français, la plupart Corses, protégés de Madame ou de Fesch ; chacun a sa mission spéciale : tous relèvent de Maghella.

En même temps que Norvins, Daure écrit à Savary : il part pour Paris où il apportera des détails convaincants ; puis, c'est Grenier qui écrit que les portes de la ville de Gaëte sont absolument fermées aux soldats qu'il commande ; de tous les points de l'Italie où la Police a des directeurs ou des commisvu. 13

saires généraux, arrivent des rapports « d'une conformité singulière » qui, dit Desmarest, « ne laissent point de doute quant au fonds principal des faits. » Enfin, à Paris même, le hasard a mis, juste à ce moment, aux mains de l'Empereur une suite de documents qui, soit pour des époques déjà anciennes, soit dans des circonstances toutes récentes, ne laissent aucun doute sur le caractère factieux des relations établies par Murât.

Lors de la dissolution du Concile, à la mi-juillet, des perquisitions ont été ordonnées chez divers particuliers pour rechercher les complicités dans l'affaire de la publication de la Bulle d'excommunication et dans celle de la nomination des vicaires apostoliques. Ces perquisitions, si elles n'ont pas produit tous les résultats qu'on devait en attendre sur les menées religieuses, ont mis la police sur la trace d'une agence d'informations établie par Murât à Paris et dont le chef semble être Aymé, son ancien intendant, devenu son premier chambellan. Cette agence, comme la plupart des agences — celle des Bourbons en particulier — est au fond assez peu de chose et vise surtout à tirer de l'argent. « L'examen de ces papiers, écrit Savary, m'a prouvé clairement, ce dont je me doutais déjà depuis longtemps, que M. Aymé n'était ici qu'un chef d'intrigues d'autant plus dangereux qu'il ne fréquentait que la très mauvaise compagnie des cafés ou des maisons de jeu où il puisait toute sa politique et abusait de la confiance de son prince pour jeter dans son esprit diverses impressions d'inquiétudes et d'es-

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