‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 88 sur 213 · CAROLINE. — MESURES PRISES PAR L'EMPEREUR · texte numérisé non relu

CAROLINE. — MESURES PRISES PAR L'EMPEREUR

l'Empereur ne veut point réunir Naples à la France, à lui faire observer que s'il avait eu en vue celte réunion, il l'aurait faite ouvertement; qu'il ne Fa pas voulu, parce que le royaume de Naples n'a pas besoin d'être réuni pour faire partie du Grand Empire, qu'il convient à TEmpereur que le roi règne à Naples, mais que l'Empereur ne peut oublier qu'il est empereur de Naples et qu'il en est le suzerain comme il l'est du royaume d'Italie. »

En même temps, ordre au général Grenier de concentrer ses troupes, de ne tolérer à Gapoue que des Français, d'introduire dans Gaëte un bataillon du 22" « pour faire cesser tous ces propos outrageants pour nos armes et pour les Français » ; injonctions à Murât au sujet du contingent maritime stipulé par le traité de Bayonne, au sujet des contributions arriérées dues à la France, des dettes contractées envers le Trésor, de la solde arriérée du Corps d'observation et des fournitures qui ne lui ont pas été livrées; mise sous séquestre des palais et domaines de la Maison Farnèse dans les ci-devant Etats romains; enfin, renvoi, sans audience de congé, du duc de Gampo-Chiaro, ambassadeur du roi de Naples à Paris. Toutes ces mesures encore ne sont que préparatoires. Il faut que Murât se soumette ou qu'il se démette. Le voyage de la reine semble indiquer qu'il se soumet, mais cette soumission contrainte, combien de temps durera-t-elle et Norvins n'a-t-il pas raison lorsqu'il annonce la révolte de Murât pour le moment où la guerre dans le Nord fera retirer les troupes françaises du royaume de Naples?

L'Empereur se demande-t-il assez si, pour avoir pris cette attitude, Murât n'a pas dès lors cherché des appuis chez les étrangers et s'il n'a pas, dès ce moment, partie liée avec quelque puissance ? Accuser 3Iaghella ou Zurlo d'intelligence avec la cour de Palerme et avec les Anglais, cela peut faire quelque sensation mais ne porte pas preuve. On rencontre dans les journaux anglais des paroles énigmatiques; on constate d'inexplicables voyages de navires parlementaires; des frégates anglaises restent, l'ancre jetée, des vingtquatre heures à portée de la terre; il y a — les agents étrangers l'attestent — un continuel échange de dépêches entre Gagliari et Naples ; il y a des bâtiments, sous pavillon russe, qui entrent dans le port, y déchargent des marchandises, en embarquent d'autres et, sous les auspices des agents diplomatiques de Russie, repartent pour des destinations trop faciles à deviner — Malte, le grand entrepôt des marchandises anglaises, ou les ports de Sicile, de Sardaigne, d'Espagne. Gela peut passer pour vétilles, infractions au Blocus continental, spéculations tentées par des favoris — au besoin par les souverains eux-mêmes. Jusqu'ici, point d'autre preuve que des intelligences criminelles aient été établies par Murât avec les Anglais que la déclaration qu'il en fît lui-même, le 18 décembre 1812, en présence des maréchaux et des généraux français qui l'attestent, « regrettant de n'avoir point alors accepté les propositions qui lui avaient été faites )).

Mais, si ses rapports avec l'Angleterre demeurent

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