VII
pire, et, comme grand vassal, serait tenu, vis-à-vis de l'Empereur, à ces devoirs stricts : «Maintenir la constitution du royaume approuvée et garantie par l'Empereur ; fournir un contingent de troupes et de vaisseaux ; observer dans ses Etats le système continental. » « Le traité de Bayonne, ajoutait-il, n'est pas un traité proprement dit : un traité est une convention libre où se balancent des intérêts; celui de Bayonne n'est qu'un acte de munificence impériale par lequel Sa Majesté, disposant d'un trône, a dicté les conditions de son bienfait. » Et il tirait des conséquences qui pourront paraître singulièrement hasardées : « De la qualité de grand feudataire, disait-il, découlent les devoirs suivants : déférer à ce qui est exigé de lui pour le maintien de ses rapports avec son suzerain ; construire une place forte qui domine le détroit; tenir en bon état les batteries des rades de Tarente ; concourir avec la France et le royaume d'Italie à l'entretien de Corfou ; ne pas souffrir que dans ses Etats, comme dans la Confédération du Rhin, aucun ministre étranger usurpe la préséance qui appartient au ministre de l'Empereur ; couvrir d'une protection spéciale les principales familles qui, lors de la conquête, ont contribué le plus à établir la dynastie dans l'esprit du peuple napolitain; enfin, inspirer à l'armée napolitaine un esprit français. Le jour, concluait-il, où les rois de Naples oublieraient ces devoirs, ils auraient perdu leurs droits à la couronne. »
Ainsi, l'Empereur distinguait deux sortes de devoirs envers lui, les uns stipulés par le traité de Bayonne,