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LA LUTTE POUR L'HÉRÉDITÉ

FRUCTIDOR AN XI. — FLORÉAL AN XII (Août 1803. — Mai t804.)

Mol)iIes de Napoléon pour affecter l'Empire. — Le successeur.

— Les Bombons. — L'Europe. — La Nation. — La conspiralion anglaise. — Enlèvement du duc d'Enghien. — Sa mort.

— Impulsion donnée par la conspiration. — L'adresse du Sénat. — Conversation avec Lecouleulx. — Idées de Napoléon.

— La République impériale. — La succession telle qu'il la comprend. — Ses motifs — Impossibilité d'appliquer ses idées. — Obligation de revenir à la forme monarchique traditionnelle. — Dilficultés qu'il rencontre. — Nécessité d'obtenir la renonciation de ses frères. — Joseph. — Oflre de la Cisalpine, de la Suisse, de la Chancellerie du Sénat. — Joseph refuse. — Ce qu'il dit au Consul. — Ce qu'il dit à ses amis.

— Napoléon joué par ses frères. — Rapprochement à l'affaire de Georges. — Position prise par Joseph. — Lucien. — Question préalable. — Impressions rapportées d'Italie par Lucien.

— Son voyage. — Retour. — M™° Bonaparte s'entremet. — Elle va partir en Ilalie. — Elle obtient que Lucien soit annoncé au Pape. — Lucien et Robert Patlerson. — Lucien reste à Paris pour réclamer ses droits. — Louis. — Sa vie en l'an XL

— Idées. — Santé. — Projet de voyage en Italie. — Départ pour Montpellier. — Séjour de six mois. — Retour. — Jalousie accrue. — Nouveau traitement. — Départ à Compiègne. — Grossesse d'IIortense. — Napoléon Charles. — Tendresse du père et de la mère. — Affection de Napoléon. — L'adoption. — Idées du Premier Consul. — La première et la seconde gêné-

ration. — Senliments de Joséphine. — Entrevues avec Joseph. — Démarche près de Louis. — Louis refuse. — Napoléon cède. — Dernière conférence avec Lucien. — Son départ. — Exaltation de Joseph et de Louis. — Joseph co onel, envoyé à Boulogne. — Napoléon prend sa revanche. — Sénatus-consulte. — Détails de l'hérédité. — Joseph se soumet.

Tel qu'il était organisé par le Sénatus-consulte de thermidor, le Consulat à vie était encore une république, quoiqu'il fût entouré d'institutions monarchiques. Mais si ces institutions, de forme nouvelle en Europe, ayant pour objet de concilier l'ancien régime avec le nouveau et de fondre en une seule les deux Frances ennemies, ne pouvaient s'adapter qu'à un gouvernement personnel — et en cela, par la prépotence unique de Bonaparte, la monarchie au sens propre existait — c'était assez que le pouvoir entre ses mains fût viager, et qu'il eût conservé un simulacre d'élection pour qu'il se trouvât un abîme entre la monarchie consulaire d'ordre démocratique et les monarchies royales d'ordre divin. C'était à l'homme de génie, à lui seul, au héros, que la France s'était offerte et donnée. Ailleurs, c'était à une race, quel qu'en fût le représentant, que les peuples appartenaient. Le droit de désigner son successeur dévolu au Premier Consul n'avait en rien modifié celle situation au point de vue strict des principes. Pour qu'ils fussent sauvegardés, il suffisait qu'il y eût élection, l'électeur fût-il unique ; cet électeur unique n'agissait d'ailleurs qu'au second degré; il avait été investi de son mandat par l'unanimité nationale ; il

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