LUCIEN. — SON ETAT D'ESPRIT
dans un havre abrité et incomparable... Nous faisons maintenant des arrangements pour assurer agréablement son avenir. » Et des louanges à n'en point finir sur les mœurs simples et pures de « la nation incomparable », où lui-même, Lucien, comple rejoindre son frère.
Ainsi, non content de se maintenir en révolte contre le Premier Consul, Lucien, comme il l'a déjà fait pour Paulette, encourage son jeune frère dans sa rébellion : pour l'y enfoncer davantage, il lui affirme que sa conduite a l'approbation générale. Il veut se faire un compagnon de disgrâce et s'assurer un complice d'opposition ; mais, en même temps, malgré ces déclarations si positives, malgré le départ de sa mère, quoique rien ne doive le retenir à Paris, quoiqu'il soit en possession de la lettre pour le pape, quoiqu'il ait expédié ses gens à Poppelsdorff oii on l'attend à la fin de ventôse (22 mars), il ne part point. Il est encore à Paris lors de l'exécution du duc d'Enghien ; il y est le 7 germinal (28 mars), le jour de la présentation de l'adresse du Sénat ; il reste, car quoi qu'il dise, quoi qu'il annonce, quoi qu'il proclame, il n'a renoncé à rien, il espère toujours être compris dans la ligne de succession et, habitué à tout attendre de la faiblesse de son frère, il est certain qu'on ne lui fera point l'injure de l'exclure et il est décidé à réclamer ses droits.
Ainsi, pour arriver à Louis, voilà les obstacles à franchir ; mais Louis lui-même ne peut-il point être aussi un obstacle ? On a vu quel rôle Napoléon lui