LOUIS- — SA SA^'TE MORALE ET PHYSIQUE
moyen est peut-êlre le véritable, je vais le pousser à bout. » Il en aura jusqu'à la fin du mois. « Il faudra ensuite, écrit-il, que j'aille dans les pays chauds jusqu'au commencement de l'été. Ensuite je ferai quelque séjour au régiment et j'irai ensuite aux eaux. Je reviendrai ensuite et, pendant les vacances, j'essnierai le marc de raisin de Joigny; c'est bien le diable si, après tout cela, je ne guéris point, mais est-il sûr que je pourrai faire tout cela ? Depuis douze ans, c'està-dire depuis que je m'aperçois que je suis au monde, j'ai toujours appris à ne pas faire de châteaux en Espagne dans le lointain. Si, cependant, je puis faire tout cela, il y a tout lieu de penser que je me trouverai beaucoup mieux et ce sera un grand bonheur pour moi de ne pas me voir les doigts à l'envers à la main droite. »
On prépare donc le voyage dans les pays chauds et Hortense semble devoir y suivre son mari ; car le 4 janvier de l'an P' (de la République italienne — 14 nivôse an XI-1803), Marescalchi écrit àM""" Lanihertini,deBologne,pour lui demander,(le la part du Premier Consul et de M""" Bonaparte, si elle consentirai t à accompagner M""® Louis dans le voyage qu'elle fera d'ici un mois par Gênes, Lucques, Florence, Rome, pour revenir en France par Milan . A la vérité, dans le programme que trace Marescalchi, il n'est nullement question de Louis et l'on serait tenté de penser que ce voyage a pour but de donner le change sur une séparation, si Ton n'apprenait que, tout au début de ventôse (février), sur des ordres venus de Paris, le palais Grimaldi, à
Gênes « a été préparé pour l'arrivée prochaine de Louis et de son épouse ».
Au reste, ce projet reste en l'air. Avant le printemps, Louis part seul pour Montpellier où il est en mars. « Je suis ici depuis plusieurs jours, écrit-il à Mésangère le il germinal {V avril), tu peux m'y écrire. » Il s'est enfin débarrassé de Bâillon en faveur du Premier Consul qui le lui a payé 90.000 livres métalliques et en a fait don le 1" pluviôse (21 janvier 1803) au général Moncey ; cet objet constant d'inquiétudes et d'écritures ne l'occupe donc plus et son séjour à Montpellier se prolonge jusqu'au 23 fructidor (10 septembre) : six mois pleins qu'il emploie à un traitement des plus compliqués et des plus étranges. Il n'est point tenté de l'interrompre, lorsque, le 24 germinal (13 avril), il apprend qu'il va être nommé général de brigade. Il refuse d'abord, déclarant qu'il veut conserver le commandement de son régiment de dragons. « Que fait l'avancement, écrit-il à Mésangère, à celui qui a assez de bon sens pour se trouver bien au milieu de braves gens qu'il aime et dont il est bien vu. Je n'ai jamais redouté qu'une place, celle que je ne méritais pas ! » On doit donc continuer à lui écrire en lui donnant du colonel, non du général. Un mois plus tard, il doute encore s'il acceptera : « Mon affaire n'est pas encore finie, écrit-il. Du moins, j'ose espérer encore. Si la guerre avait lieu, j'accepterais quelque place que ce soit parce que je ne pourrais faire autrement. » Huit jours après, le 1" prairial (21 mai) il se détermine enfin : a Gomme la guerre se déclare,