‹ Napoleon et sa familleChapitre 119 sur 168 · ENTREVUES AVEC JOSEPH 3G · texte numérisé non relu

ENTREVUES AVEC JOSEPH 3G

Rœderer et Giranlin, qui avaient été d'avis de la nécessité d'établir le plus tôt possible le nouveau système et qui, sans se prononcer sur le titre que devrait prendre le Consul, n'avaient point mis un iiislant en doute que l'hérédité ne fût nécessairement dévolue à Joseph.

Joseph avait donc sur son frère cet avanlage qu'il connaissait ses idées et qu'il en avait raisonné avec ses conseillers, lorsque, le lendemain (12 gpiminal, 2 avril), Napoléon l'appela et lui fit la première ouverture de ses projets : « J'avais toujours, commença-t-il par dire, été dans l'intention de finir la Révolution par l'établissement de l'hérédité ; le pensais seulement qu'un tel pas ne pouvait se faire que dans cinq ou six ans; mais je vois maintenanl... que je m'étais trompé et que la chose était post^ilde plus tôt que je ne l'avais cru. Néanmoins, avant de me décider, je veux être sûr qu'elle est désirée par ceux qui ont pris une grande part à la Révolulion... tels que Treilbard, Berlier, Lacuée, Real, etc. Il faul que la démarche soit proposée et appuyée par les liommes de cette classe. » Passant ensuite au point délicat, il indiqua que, tout en adoptant le principe d'héréililé, il n'entendait point reconnaître aux siens un droit personnel en dehors de celui qu'il lui plairait de leur accorder; par suite, il se réservait d'exclure ceux qui refuseraient d'accepter sa loi de famille : Lucien et Jérôme. Joseph, paraît-il, déclara que, dans ce cas, il se refuserait à entrer lui-même dans lOnlre de l'hérédité, et le Premier Consul sembla se rabattre à

l'exclusion des enfants nés de mariages qui n'auraient pas eu l'approbation du chef de l'Etat.

On se sépara sans conclure, et Joseph se hâta de reporter l'entretien à ses conseillers et de leur demander le secours de leurs lumières, surtout en ce qui concernait la question de la régence en cas de minorité.

Deux jours après (14 germinal, 4 avril), dans une nouvelle conférence. Napoléon, s'ouvrant un peu plus, laissa voir à Joseph son intention de « se faire déclarer empereur et en même temps d'adopter pour son successeur Napoléon-Charles, en nommant, au cas de minorité, Joseph tuteur de l'enfant et régent conjointement avec les deux autres consuls ». Joseph répondit a qu'il n'avait point mérité d'être dépossédé des droits qu'il allait acquérir, comme frère aîné, à la couronne, et il les soutint comme s'ils étaient réellement avérés depuis longtemps. Napoléon que la contradiction avait irrité, s'emporta et ne parut que plus décidé dans son plan ».

Rentré chez lui, Joseph fît appel à ses amis ; les rôles furent distribués : le Conseil d'Etat avait séance le lendemain pour discuter la question à l'ordre du jour ; Miot devait y parler en faveur de l'hérédité. « Joseph le pria de n'en rien faire. » Rœderer, l'oracle de JMortefontaine, prit charge de rédiger une consultation oii il démontra que Joseph éiSiii de droit le successeur du Premier Consul et que le Premier Consul n'avait point le droit d'adopter. Néanmoins, Rœderer conseilla à Joseph « de souscrire, "s'il le fal-

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