II
370 NAPOLÉOxN ET SA FAMILLE
rique et n'aborda point les personnalités : il semblait que, d'un commun accord, on évitât de mettre des noms en avant et qu'on voulût laisser à Napoléon la liberté de désigner ses successeurs. Sur le principe, le Premier Consul rencontra plus d'opposition qu'il n'en attendait : Berlier surtout, se retranchantderrière le Sénatus-consulte de thermidor, rappelant les mots même de Napoléon, que « l'hérédité était absurde, inconciliable avec les principe de la souveraineté du peuple, et impossible en France », eut souvent l'avantage et trouva pour appuyer sa thèse des auxiliaires tels que Real, Boulay, Bérenger, Thibaudeau, Treilhard et Daucby. Au total, il se montra sept opposants « sinon pour repousser ouvertement la mesure, au moins pour l'ajourner comme inopportune ». C'étaient justement les voix auxquelles le Premier Consul eût tenu davantage; ne pouvant les obtenir, il trouva, pour éviter l'éclat de leur vote négatif, un procédé fort simple : n'ayant point demandé l'avis du Conseil d'État e;icor/JS, il fit prier chacun des membres individuellement de rédiger et de signer son opinion. Les présidents de sections recueilleraientces feuilles de consultation et les lui remettraient.
Sans attendre d'ailleurs ces avis des conseillers, dès le 17 (7 avril), il se rendit chez Louis, en grand apparat, accompagné de sa femme et escorté de son piquet. « Louis ne se trouva point à son hôtel quand son frère y arriva et ne rentra qu'au moment où Napoléon se préparait à partir. Il fut étonné de cette visite extraordinaire et de l'éclat qu'on paraissait y