‹ Napoleon et sa familleChapitre 127 sur 168 · JOSEPH SE SOUMET · texte numérisé non relu

JOSEPH SE SOUMET

déclarations anciennes et ses apologies récentes ? « Joseph n'est pas très content, écrit d'Outrcan son confident le plus intime : il ne peut ni ne doit l'être. La faculté d'adopter dans seize ans laisse entrevoir la possibilité d'en faire usage beaucoup plus tôt : c'est s'écarter d'un système favori en se réservant la faculté d'y revenir. L'exclusion donnée à deux de ses frères diminue considérablement les avantages de l'hérédité. Ce mode qui doit assurer la tranquillité publique commencera par introduire la discorde dans la famille impériale. Cette division doit être un jour la cause de grands troubles. La nation a demandé l'hérédité pure et simple, et non la désignation de deux successeurs, et l'adoption d'un neveu. Mais la toute-puissance consiste à faire tout ce qu'on veut. Le Premier Consul, en cherchant à consolider la sienne, en commence i'exercice par un acte qui doit tendre à l'ébranler. Si Joseph est consulté, il fera de respectueuses remontrances, parlera de l'intérêt national, se conduira en bon citoyen et en bon frère; il finira néanmoins par accepter, car il est aujourd'hui intimement convaincu que le pouvoir seul peut lui offrir une garantie devenue nécessaire pour lui et ses amis. »

On ne lui demanda point son avis et il accepta ; il accepta la dignité de prince français et le traitement d'un million qui y était attaché aux termes du décret du 21 décembre 1790 ; — il accepta la dignité de grand électeur avec un traitement de 333.333 francs 33 centimes et le palais du Luxembourg pour habi-

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talion ; — il accepta même deux gratifications sur la Grande cassette, Tune de 300.000 francs le 16 thermidor (4 août), l'autre de 50.000 francs le 27 fructidor (14 septembre), ce qui porta à l.'151.87o francs, ce qu'il avait reçu de ce chef en l'an XII.

Il n'en fut pas moins convaincu qu'il avait été sacrifié et il n'en continua pas moins à écrire à l'occasion : « La nature m'a fait sans ambition ; accepter la grandeur est une grande vertu dans moi. »

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