‹ Napoleon et sa familleChapitre 131 sur 168 · LES SCÈNES DE SAINT-CLOUÛ · texte numérisé non relu

LES SCÈNES DE SAINT-CLOUÛ

nommer à diverses reprises la /;rmce,s.se Louis, qu'elle ne put retenir ses pleurs ; elle buvait à coups redoublés de grands verres d'eau pour tâcher de se remettre et paraître faire quelque chose, mais les larmes la gagnaient toujours. »

M""" Bacciochi, plus âgée, plus maîtresse d'ellemèm^, ne pleurait point; mais elle se montrait brusque, tranchante, et traitait les dames du Palais avec des hauteurs marquées.

L'Empereur, à la fin, s'irrita, et accrut le mécontentement de ses sœurs en les taquinant par des railleries indirectes : il y avait trop de monde présent pour qu'elles éclatassent; mais, le lendemain, au dîner de famille, M™'' Murât s'exalta en plaintes, en larmes, en réproches : « Elle demanda pourquoi on voulait la condamner, elle et ses sœurs, à l'obscurité, au mépris, tandis qu'on couvrait des étrangères d'honneurs et de dignités. » L'Empereur répondit sévèrement, puis durement. On a retenu cette phrase : « A vous entendre, on croirait que je vous ai volé l'héritage du feu roi notre père; » mais ce n'était là que de l'ironie et il y eut bien d'autres mots. A. la fln, ^1"*° Murât, à bout d'arguments, désespérée à la fois de ce qu'elle n'obtenait point et de ce qu'elle entendait, tomba roide sur le parquet et s'évanouit. Cela fut d'un effet immédiat sur Napoléon : il s'apaisa, s'empressa avec tout ce qui était présent à soigner sa sœur et il accorda ce qu'on v^oulait de lui ; le 30 floreai (iO mai), îe muiaicur inséra ueue noie : « un donne aux princes français et aux princesses le titre

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