MURAT GENERAL EN CHEF
que chacun fût fort satisfait de l'autre, lorsque, au dernier moment, une inadvertance vînt tout gâter : le 27 thermidor (15 août), les Murât qui devaient partir le lendemain, avaient été invités à dîner à la nouvelle cour. « Au moment où l'on se mit à table, Murât causait dans une embrasure de fenêtre. Le Roi se plaça entre la Reine et M""^ Murât. Monsignor Caleppi ne voyant personne à côté de la Reine, prit de lui-même la place vacante, et Murât se trouva confondu à table au milieu de ses officiers. Ceux-ci ne se gênèrent pas pour montrer leur mécontentement de voir le prélat à la place de leur général. Celui-ci leur fît signe de se taire et ils obéirent, mais ils ne mangèrent absolument rien pendant le repas, et au sortir de table, ils allèrent commander un grand dîner à l'auberge. »
La chose n'en resta pas là, et si Murât avait été écouté, le royaume d'Etrurie aurait bien pu dès lors se trouver vacant. « Dans ce dîner, écrit-il au Premier Consul, les égards dus à mon grade, aux liens qui m'attachent à vous et à la dignité de la République ont été méconnus. J'ai été, pour ainsi dire, obh'gé de m'asseoir oii le hasard m'a conduit, la Reine ayant appelé auprès d'elle à table Caleppi. Ce procédé a eu lieu devant tous mes officiers généraux et en présence de toute la noblesse. La surprise a paru sur toutes les figures et l'indignation dans le regard de mes généraux. J'ai eu grand besoin de rappeler toutes mes forces pour ne pas faire un coup de tète qui vous aurait déplu, mais que l'inexpérience du Roi et l'in