‹ Napoleon et sa familleChapitre 15 sur 168 · II · texte numérisé non relu

II

science de Caleppi qui oubliait que je commandais en Italie auraient rendu légitime. »

Malgré les excuses que prodigua le Monsignor, Murat n'en garda pas moins rancune à la reine d'Etrurie et il fit payer fort cher à la cour de Florence le manque d'égards dont il se plaignait. Disposé comme il Tétait et chargé de faire rentrer les contributions, il porta à cette mission quelque chose de plus que de l'âpreté.

A Milan où il était parti le lendemain de ce fameux dîner, il trouva les esprits dans un état de conflagration générale ; tout le monde s'attendait à une transformation, mais en quel sens? Napoléon seul en serait l'arbitre. Compromise par les révolutions successives, ruinée par une déplorable administration financière, épuisée par les charges immenses que faisait peser sur elle l'occupation et, plus encore peut-être, par les exactions auxquelles s'étaient livrés la plupart des généraux français, la République Cisalpine était, par surcroît, livrée à un haut personnel gouvernemental de moralité douteuse, de probité suspecte, qui, comme l'ancien Directoire de Paris, n'avait pour soutien que les fournisseurs et ceux qui partageaient avec eux. Pour faire de cette république éphémère quelque chose qui pût être une nation, il fallait non pas seulement une constitution nouvelle, mais aussi une épuration gouvernementale. Dans ce but. Napoléon avait appelé à Paris les hommes les plus considérables du Milanais et, sous sa haute direction, Talleyrand, Marescalchi, Aldini, Serbelloni et Melzi discutaient les projets d'oii devait sortir l'Italie moderne. L'issue était

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