‹ Napoleon et sa familleChapitre 156 sur 168 · PREPARATIFS DU SACRE. — IIORTENSE 4L · texte numérisé non relu

PREPARATIFS DU SACRE. — IIORTENSE 4L

sorte à remplir, tous les détails de celte céréiiionie la plus fastueuse qu'on dût voir dans un siècle à régler et à exécuter; un monde d'ouvriers à mettre en branle; un monde de domestiques, de valets de tous ordres à recruter, à dresser, à habiller; un monde de chambellans et de dames à faire répéter; toute la vie du passé à rapprendre en quelques jours, et, pour cette étonnante représentation où la France et l'Eupope étaient conviées, tous les rôles, toutes les attitudes et tous les gestes à retrouver.

Hortense, plus que toutes ses belles-sœurs en devait prendre de l'inquiétude : grosse comme elle était de neuf mois, serait-elle délivrée et rétablie pour le Sacre fixé d'abord au 18 brumaire (9 novembre). Pourtant, elle ne se pressait point de rentrer à Paris et elle avait compté prolonger jusqu'au 20 vendémiaire (12 octobre) son séjour à Saint-Leu oii elle se trouvait plus en repos, puisqu'elle n'y voyait presque personne et que la jalousie de son mari n'y rencontrait point d'aliments. Elle avait renoncé à écrire à d'autres qu'à sa mère : encore, les lettres étant ouvertes, se restreignait-elle à lui parler de sa santé et de celle de son fils. Elle ne pouvait même écrire à l'Empereur qui, dans son voyage d'Aix-la-Chapelle, se plaignit diverses fois de ne point avoir directement de ses nouvelles et lui en fit faire des reproches par sa mère.

Sur un premier avertissement de la nature, elle rentra à Paris le 18 (10 octobre), et, le 19 (11), à deux heures de l'après-midi, elle commença à éprouver les grandes douleurs. Napoléon n'était pas encore

revenu des bords du Rhin (il n'arriva que le lendemain matin) ; on courut à Saint-Cloud chercher Joséphine qui l'avait précédé de cinq jours el l'on fit diligence pour amener l'Archichancelier qui, aux termes de l'article XL des Constitutions de l'Empire devait être présent à la naissance de l'enfant dont S. A.I. Madame la princesse Louis allait être délivrée. « Déférant à la susdite invitation, dit Cambacérès au procès-verbal qu'il rédige sur l'heure , nous nous sommes transporté au palais de Son Altesse Impériale où, ayant été reçu par les premiers officiers de sa Maison, nous avons été introduit dans la chambre même où la princesse était couchée el, dans le moment même de sa délivrance, le sieur Baudelocque, chirurgien accoucheur, nous a présenté un enfant du sexe masculin qu'il nous a déclaré être celui dont Son Altesse Impériale venait d'être délivrée et qu'il avait reçu. » Cambacérès lui-même, vu la surprise, avait rédigé le procès-verbal en place du secrétaire d'Etat et il n'y eut au pied que les signatures de l'Impératrice, de Louis, de Corvisart et de Baudelocque; mais l'on se rattrapa dans l'acte de naissance : il fut dressé le 2 brumaire (24 octobre) par le maire du 2" arrondissement et Napoléon y intervint avec Joséphine, Louis, Joseph, Julie et Eugène. L'Empereur était parrain de l'enfant dont S. A. I. Madame Bonaparte, mère de Sa Majesté, devait être la marraine et qui reçut les noms de Napoléon-Louis Bonaparte. Les princes en efi'et portaient, à ce moment, pour quelques jours encore, le- nom de la famille.

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