‹ Napoleon et sa familleChapitre 157 sur 168 · PRÉPARATIFS DU SACRE.— HORTEUSE. — SA MAISON · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DU SACRE.— HORTEUSE. — SA MAISON

Il n'y eut point de réjouissance officielle, Joséphine fît seulement distribuer des secours à deux cents mères de famille sortant de faire leurs couches à la Maternité. L'on fit de gentils présents à la jeune mère: l'Impératrice lui envoya de chez Gratien un oreiller et un couvre-pieds de tulle brodé de 948 francs, et Napoléon, de chez Yandessel, de Bruxelles, une parure de lit en dentelles de 12.000 francs. Il pouvait se restreindre à cela, car, s'il avait supprimé le traitement particulier de Louis (GO. 000 francs) et celui d'Hortense (60.000), il avait attribué annuellement les 120.000 francs à Napoléon-Charles. Quant à Louis, il marqua ses sentiments en fondant à Saint-Leu un hospice desservi par les sœurs de la Charité.

Aussitôt qu'Hortense fut convalescente, — et cela marcha vite, car, douze jours après ses couches elle recevait des visites et faisait des caricatures, et, vingt et un jours après, les journaux annonçaient officiellement son rétablissement — elle s'occupa de composer sa Maison : cette Maison devait comprendre, comme celle déjà formée du prince et de la princesse Joseph, un aumônier évèque, deux chapelains, une dame d'honneur, six dames pour accompagner, un premier chambellan, un chambellan, trois écuyers dont un premier, un secrétaire des commandements, un intendant, un bibliothécaire et un médecin. Un seul médecin ne pouvant suffire à Louis, il en prit trois, plus un pharmacien ; il eut de plus une maison militaire ou tout le moins six aides de camp, et ces cadres furent encore élargis par la suite pour les trois

gouvernantes des enfants, la lectrice et le chambellan de la princesse ; mais au début on marcha plus petitement Comment Louis, avec son caractère et sa tournure d'esprit, permit-il que l'on présentât à l'Empereur et que l'Empereur nommât dans sa Maison presque uniquement des parents et des amis de sa femme et de sa belle-mère, c'est une étrangeté de plus à signaler. Peut-être n'avait-il personne qu'il pût désigner, car les gens qu'il connaissait et avec qui il était lié, n'étaient point pour figurer dans une cour et, certes, l'Empereur n'eût accepté ni Fleury, ni Mésangère. Néanmoins, on a droit d'être surpris en constatant que tout ici, ou presque tout, vient d'Hortense et lui appartient : d'abord l'aumônier, M. d'Osmond, apparenté par sa mère, Elisabeth Cavelier de la Garenne, à Joséphine et aux Tascher : un vrai d'Osmond, d'une branche cadette, établie à Saint-Domingue, où il est né en 1754. Il a été, à l'âge de quatre ans, amené en France, confié à son oncle l'évêque de Comminges auquel il a succédé en 1785, après avoir été quelque temps grand vicaire de M. de Brienne, à Toulouse ; émigré en 1791, démissionnaire en 1801, il a été, au Concordat, nommé à l'évêché de Nancy. En ce temps il se recommandait fort de sa cousine qui était pour lui pleine de grâces et de bonté et il courait les routes, jour et nuit, pour aller lui présenter ses hommages à Plombières ; à la Restauration, il s'appuiera de ses deux frères, l'un ambassadeur, l'autre lieutenant général, et de sa sœur M™® d'Argout : c'est un homme à principes.

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