‹ Napoleon et sa familleChapitre 158 sur 168 · HORTENSE. — SA MAISON · texte numérisé non relu

HORTENSE. — SA MAISON

Au reste, quoique parent, il n'est point en intimité avec Hortense qui réserve toute sa confiance pour son premier chapelain, l'abbé Bertrand; elle l'a connu maître de la grande classe chez M°® Campan et elle le fera par la suite précepteur de ses fils. Elle ne dédaigne point le second, l'abbé de Lamblardie, curé à la Roche-Guyon, où il connut Alexandre de Beauharnais, et, avant, précepteur chez les Lareinty, cousins des Tascher. L'abbé de Lamblardie qui, en émigration à Brunswick, a publié divers ouvrages, a eu le bonheur de plaire à Louis, qui le trouve « un digne et respectable ecclésiastique, portant une figure vénérable et patriarcale que son âme ne dément pas, instruit, zélé, mais bon et indulgent ». Il fut plus tard un des plus actifs collaborateurs de M"® Lezeau dans Y Œuvre des orphelines et mourut en 1809.

Pour la dame d'honneur, Hortense a dû faire exception et la prendre, comme l'a voulu l'Empereur, dans la haute noblesse des pays nouvellement annexés. A ce point de vue, rien de mieux choisi que M""^ de Viry, née de Mareste de Rochefort, femme du sénateur, chambellan de l'Empereur; rien de mieux en Savoie que les Viry qui, en 1266 et 1281, avaient pleine, entière et pure domination dans toute l'étendue de la terre et du mandement de leur nom, et qui avaient formé quantité d'alliances avec les ducs de Savoie et les comtes de Genève ; mais, à Paris, ]\jme jjg Viry, « grosse personne, aussi ennuyeuse qu'on peut l'être, » avait peu réussi et elle se lassa

vite d'être d'une Maison où l'intimité lui était fermée.

Avec les dames pour accompagner, Hortense rentre en scène : c'est M""" de Boubers, née de Folard, avec qui elle a des sortes d'alliance et une extrême intimité, elle la fera plus tard gouvernante de ses fils ; c'est M'"'^ Mollien, M"« Dutilleul, fille d'un ancien premier commis des finances, femme depuis deux ans du directeur de la caisse d'amortissement, tout à fait aimable, de bon ton et de bonne renommée ; c'est M"" de Villeneuve, née Guibert, fille du fameux Guibert, l'amant de M"® de Lespinasse, réformateur de la tactique et faiseur de tragédies : Bonaparte a eu pour aide de camp en Egypte un cousin germain de cette ]\jme ^Q Villeneuve, Pluvié-Guibert, qui fut tué à Aboukir ; mais Joséphine la connaissait d'ailleurs; ces Villeneuve, gens de finance, Vallet en leur nom, sont alliés aux Dupin de Francueil si célèbres dans la Ferme et à l'Opéra, et alliés aussi aux Ségur. C'est encore M'"" d'Estienne de Ghaussegros de Léry, M"® Kellermann, fille du maréchal; son mari, inspecteur général du Génie, a fort connu Joséphine à la Martinique où il a servi treize ans et elle-même est tout à fait de l'intimité des Tuileries.

Le premier chambellan, M. Darjuzon, Ilortense le connaît depuis toujours : fils d'un receveur général, mais d'ancienne noblesse, paraît-il, ce M. Darjuzon a, en effet, épousé en l'an III une demoiselle Hosten, nièce d'une M"® Hosten de Sainte-Lucie, amie intime de Joséphine, Avec toute cette famille et ses alliés, les Hosten, les Croiseul, les Darjuzon, Hor-

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