II
l'intérêt et dont la société, par suite, serait insupportable à un cœur ingrat.
Grâce aux relations qu'elle a dans le monde et à sa réputation bien établie d'amabilité, Hortense n'a eu nulle peine à former sa maison. Julie est dans le même cas, mais pour d'autres causes. Quant aux autres princesses, elles devront avoir recours à Joséphine et, chez elles, elles n'auront presque personne qui soit à elles. Ainsi Élisa recevra pour aumônier M. de Pansémont, évêqiie de Vannes, que Joséphine a connu à Croissy, pendant la Terreur ; elle aura pour chambellan M. d'Esterno qui a épousé une Caulaincourtet, par là, est entré en relations avec la vicomtesse de Beauharnais ; elle aura pour dame d'honneur M™® Laplace, née Gourty de Romange, la femme de l'auteur de la Mécanique céleste et du Système du monde, ministre de l'Intérieur quelques jours, et, au refus de Joseph, chancelier du Sénat; cette W^ Laplace ne bougeait point de chez Joséphine depuis l'an VIII, toujours empesée, cérémonieuse, et, quoique fort honnête femme et bonne épouse, peu faite pour une cour. De dames pour accompagner, Élisa n'en trouvera que deux : M™^ Rolland de Ghambaudoin, née Servat, femme d'un ancien conseiller au Parlement de Paris dont on a fait un député et si avant dans l'intimité de Joséphine que celle-ci s'empressera à la placer, et M^^de Bréhan de Plélo, née de Grécy, toute nouvelle mariée, ralliée pour rentrer dans ses biens, et avec qui la princesse n'a d'autre rapport que d'habiter un palais qui a été l'hôtel d'une Bréhan.