‹ Napoleon et sa familleChapitre 96 sur 168 · JEROME. — AUX ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

JEROME. — AUX ÉTATS-UNIS

tenue par un nommé Barney qui, ayant, disait-il, servi quelque temps dans la marine française ', s'était de lui-même promu au grade de commodore, compatible déjà aux Etats-Unis avec la profession d'hôtelier, et qui jouait autour de la politique toutes sortes de rôles. Barney ne manqua point de se rendre, par des prévenances de tous genres, le guide, le complaisant et l'inséparable de Jérôme, et Pichon eut à en gémir.

A peine établi chez Barney, Jérôme fit savoir à Pichon qu'il avait envoyé son lieutenant Meyronnet à Philadelphie pour y noliser un navire et qu'il comptait sur la caisse du consul en cette place pour payer les frais : le même soir, en effet, Pichon était avis(^ par le consul à Philadelphie que Meyronnet avait, moyennant 10.000 dollars, arrêté le navire le Clothier et qu'il s'occupait d'y faire les aménagements nécessaires. Le consul priait en même temps son chef de lui faire tenir les fonds.

Pichon n'avait aucune instruction relativement à Jérôme ; il n'avait aucune preuve certaine que le personnage qui se donnait pour le frère du Consul fût

' Joshua Barney avait, en elTel, en l'an V — comment? je n'en sais rien, — obtenu le grade de chef de division et il commanilait les deux Tiégates la Méduse et VInsurgenle durant une croisière dans les Antilles et aux États-Unis. Comment ces frégates qui avaient fait partie de la division du capitaine de vaisseau Thomas avaient-elles reçu Barney pour commandant, je n'en sais rien, mais il résulte d'une pièce autlientique que, le 24 messidor an V, Josiuia (iarney, chef de division au service de la République, command;mt les deux frégates la Méduse et VInsurgenle a lire au Consulat t;énéral de la République française près les États-Unis d'Amérique, à l'hila<ii'lpliie, une traite de 52.500 livres tournois sur Perregaux et C'» pour les dépenses, de ses deux frégates en relâche à Norfolk.

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