VIII AVANT-PROPOS
de très bas; c étaient, presque tous, des enfants du peuple qui avaient servi dans les grades inférieurs des dernières armées de la Monarchie, ou qui étaient entrés comme volontaires dans les levées de la Révolution.
Leurs qualités de bravoure et d'intelligence, et aussi leur bonne fortune, les ont fait rapidement distinguer dans les armées que la France a eues à mettre sur pied, au début de la Révolution, pour défendre à la fois toutes ses frontières, et dans lesquelles les officiers, les états-majors, le haut commandement, tout était à créer. « C'est une chose bien remarquable, a dit Napoléon à Sainte-Hélène, que le nombre des grands généraux qui ont surgi tout à coup de la Révolution : Pichegru, Kléber, Masséna, Marceau, Desaix, Iloche... C'est quà cette époque tout fut donné au concours sur trente millions d'habitants. . . »
Sans autre préparation que celle de la guerre elle-même, poussés aux mesures énergiques, audacieuses, par l'énergie des représentants de la Convention aux armées, ces officiers improvisés ont escaladé en deux ou trois années l'échelle hiérar-