‹ Napoléon et ses maréchauxChapitre 36 sur 69 · ML'RAT · texte numérisé non relu

ML'RAT

cli.f lie 1 ariiK'c de l'intérieur. Murât devint son aide de camp; puis il le suivit en Italie pour la campagne de 1796. A Alondovi, il se distingua par sa bravoure et fut cité à Tordre. Chargé de porter au Directoire le traité conclu avec les Sardes, et attestant qu'ils mettaient bas les armes, Murât fut nommé général de brigade.

A partir de ce moment, on le trouve dans toutes les opérations de cette merveilleuse campagne, se signalant à l'avant-garde, déployant cette valeur brillante, cette audace, ce coup d'œil, cette fougue qui en ont fait un chef de cavalerie hors de pair. « Notre cavalerie commandée par Murât, écrit Napoléon au Directoire, a fait des prodiges de valeur.... »

Kn Egypte, Murât se distingue partout, à l'avant-garde quand on se porte en avant, à l'arrière-garde quand il importe de couvrir énergiquement les derrières de l'armée. Pour le siège de Saint-Jean-d'Acre, il met pied à terre, fait le service de tranchée, et repousse victorieusement

une sortie des assiégés A Aboukir, il se couvre

de gloire; quand Napoléon le rencontre sur le champ de bataille, il lui crie : « l^a cavalerie a donc juré de tout faire aujourd'hui »; et dans son rapport au Directoire, il écrit : « La cavalerie «ir» Murât n fnt j'impossi!)!* >). r.rièvement blessé

ce jour-là. Murât quitte l'Egypte avec Xapoléon, et bientôt lui rend les plus grands services au coup d'Etat de Brumaire.

Devenu Premier Consul, Napoléon donna à Murât la main de 'Caroline, la plus jeune, la plus charmante de ses sœurs. Il l'emmena ensuite en Italie, comme commandant de la cavalerie de cette « armée de réserve » qui lit la surprenante campagne de Mare-ngo, en 1800,

A la fin du Consulat, Murât fut gouverneur militaire de Paris, prenant son rote au sérieux, actif, infatigable; s'occupant non seulement de ses troupes, mais de la haute police de la ca])itale, et de tout ce qui pouvait augmenter la sécurité de Paris et du gouvernement. En même temps, il n'oubliait pas ses amis, ses compatriotes du Lot surtout, dont il fut le protecteur inlassable et presque toujours écouté.

A la proclamation de l'Empire, il fut créé prince français, maréchal d'Empire, grandamiral; et, à partir de ce moment, figura dans presque toutes les guerres de l'épopée à la tête de la cavalerie de réserve de la « Grande Armée », qu'il fit donner sur l'ennemi avec une vaillance, un brio inouqliables.

En 18U5, il a sous la main 10 régiments de rabiniers ou cuirassiers, 24 régiments de draij'ons et 4 régiments de cavalerie légère, auxquels il fait faire des prodiges de valeur à Wertingen et autoiir d'I^m. comme dans la marche sur Vienn Austerlitz. Après cette brillante

•••impagne, il est créé grand-duc régnant de Berg, et réussit bientôt n so fairo adorer de ses sujets.

I8O0 est le point culminant de sa barrière

• inme de celle de Napoléon.

Très utile dans les marches et reconnaissances iiii précèdent léna, la cavalerie de Murât inter-

• nt énergiquement dans les dernières heures de grande journée pour compléter la déroute des

IVussiens, et les rejeter en désordre au delà de Wi'imar.

Alors, commence la poursuite mémorable, (jui Il .1 pas d'égale dans l'histoire, et (|iii fait mettre bas les armes à la totalité de l'armée prussienne. Murât y joue le rôle (>rinri[)al. On peut le suivre, par jour, heure par heure, dans les rapports ciels publiés par Texcellent livre du colonel Cavalerie pendant la campa<jnc de

Prusse. Nous n'en citerons que quelques extraits :

Deux jours après léna, il écrit à l'Empereur : « Jamais on n'a yu une déroute semblable; jamais terreur ne fut si grande, ni si générale. Les officiers prussiens déclarent ouvertement qu'ils ne veulent plus servir.... » Le 19 octobre, il annonce que « cinq divisions de notre cavalerie vont inonder les plaines de Magdebourg... ». Puis, sa poursuite endiablée l'amène à Potsdam ; à Templin, oii ce ses cavaliers mangent les vivres préparés pour les troupes et pour le dîner du prince de Hohenlohe ».

Le 28 octobre, il rend compte de la prise de ce prince et de tout son corps d'armée; et il a soin de ne pas oublier ses admirables lieutenants Beaumont, Grouchy; et Lasalle, ce modèle des cavaliers légers dont on trouve le nom glorieux dans tous les rapports.

Le 30, il annonce la prise de la grande place forte de Stettin par les hussards de Lasalle. Le 1"'' novembre, il prend 4 000 hommes à Anklam. Le 7, il annonce la capitulation des 25 000 hommes de l'énergique Blûcher, et termine sa lettre en disant : « Sire, le combat finit, faute de combattants ».

Pendant la campagne d'hiver, en Pologne, Murât continue à se conduire de la façon la

Page 1