‹ Napoléon et ses maréchauxChapitre 39 sur 69 · JOURDAN · texte numérisé non relu

JOURDAN

LE marrclial Jounlau représenlc, dans la liste des Maréchaux, rarniée de Sambre-et-Meuse, qui a joué un si grand rôle dans la lutte de la France contre l'Europe coalisée.

Il était né à Limoges en 1762. A seize ans, il s'engagea dans le régiment d'Auxerrois, servit plusieurs années en Amérique, et fut réformé en

Kn 1791, il fut nommé commandant du 2"^ bataillon des voluntaires de la Haute-Vienne, et fut envoyé à l'armée du Nord, où il ne tarda pas à être promu général de brigade, général do division. C'était l'époque du grand effort militaire de la dévolution; de la nation entière mise en réquisition permanente pour le service des armées; des généraux placés sous la surveillance ombrageuse, énergique du Comité du Salut public.

(^arnot venait de proposer à ce comité un système de guerre, approprié aux circonstances, et à l'inexpérience des troupes et des ofliciers : « Il faut, avait-il écrit, suppléer à l'art par le nombre et faire une guerre de massrs : diri^^iîr

sur les points d'attaque le plus de troupes et d'artillerie qu'on pourra; exiger que les généraux soient constamment à la tête des soldats, pour leur donner l'exemple du courage et du dévouement; et habituer les uns et les autres à ne jamais calculer le nombre des ennemis, mais à se jeter brusquement dessus à coups de baïonnettes; sans songer ni à tirailler, ni à faire des manœuvres auxquelles les troupes françaises actuelles ne sont nullement exercées, ni même préparées.... »

Energiquement appliquées par des chefs qui s'appelaient Jourdan, Pichegru, Hoche, Kléber, Desaix, Moreau, Masséna... et qui étaient rigoureusement, impitoyablement surveillés par les commissaires de la Convention aux armées, ces mesures ont sauvé la France de l'invasion et lui ont permis de tenir tête à l'Europe tout entière.

Jourdan eut l'honneur de mettre en train, le premier, le nouveau système de guerre. Le commandant de l'armée du Nord, Houchard, quoique victorieux à Hondschoote et à Ménin, n'avait pas exécuté à la lettre les ordres de la Convention ; il avait laissé trop de monde dans les camps et la panique s'était mise dans ses troupes. Jourdan fut désigné pour le remplacer. Il rassembla 50 000 hommes de nouvelle levée à Guise, se porta au secours de Maubeuge, attaqua énergique-

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par BarbiiT.

(Musée dt Versailles.)

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