V . M X. . I IINADOTTK, uni m: M KMK
par KiiiMon.
I Musée de Versailles. i etc.
PI. 4, iHig* st.
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ment le> allif^ à Wattignies t't los battit (l() octobre I7î)3).
En 1794, Jourdan commandait l'armée de la Moselle, pendant que l'armée de la Sambre essayait de passer la Sambre près de Charleroi, et se voyait repousser cinq fois de suite. Le Comité du Salut public prescrivit de concentrer les efforts. Les deux armées furent réunies en une seule, sous le nom devenu si populaire de Sanibrf-pt-M«M]^«'. pf |»]ar<'ps sons los ordres de Jourdaii
Sans tarder, Jourdan tente pour la sixième fois le passage de la rivière. Il réussit; mais bientôt attacjué par des forces supérieures sur les hauteurs de Fleurus, il est contraint de repasser la Sambre (16 juin). Immédiatement, les commissaires insistent pour qu'on recommence. Jourdan tente un septième passage qui réussit. Charleroi est pris; et ({uelques jours après se livre, contre les alliés commandés par Cobourg, la bataille défensive de Fleurus qui donne la victoire a Jourdan, et constitue |)Our nos armes un succès ronnidérabh', ilécisif.
hans la campagne d'hiver qui suivit, pendant que Pichegni s'emparait de la Hollande, Jourdan marcha de succès en succès, à la tête de l'armée de Sambre-el-Meuse, sur l'Ourthe et sur la Horr.
Le passage de la rivière à Dueren par ses 100 000 hommes organisés en cinq colonnes, bien commandés, culbutant énergiquement l'ennemi sur tous les points, fut une très belle opération de guerre. Bientôt, Cologne, Coblence, Maëstricht, furent à nous : et grâce à Jourdan, à Pichegru, à Hoche, nos trois armées du Nord, de Sambre-et-Meuse, de Rhin-et-Moselle se donnèrent la main sur le Rhin, de Bàle à la mer. Toute la rive gauche du grand fleuve était à nous.
C'est le moment solennel de la lutte de la Révolution contre la France. C'est aussi le summum de la carrière de Jourdan.
Dans l'automne 1795, le Comité du Salut public n'est plus. Il y a de la détente partout, même dans les opérations militaires. Jourdan est sur le Rhin, vers Diisseldorf; Pichegru plus au sud avec l'armée de Rhin-et-Moselle. Jourdan passe le fleuve et le remonte pour donner la main à Pichegru. Mais Pichegru est en train de négocier sa trahison et se replie sur les lignes de Wissembourg. L'ennemi débloque Mayence. Jourdan est contraint de repasser le Rhin.
En 1796, pendant que Napoléon fait en Italie son immortelle campagne, Jourdan est sur le Rhin avec 36 000 hommes, Moreau avec 70 000. Devant eux, est l'armée de l'archiduc Charles.
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I. 'S deux généraux traversent le Rhin et manœuvrent en iliverireant. Aussitôt l'archiduc laisse un rideau devant Moreau , et tombe sur Jourdan qui est battu à Wurtzbourg et repasse le lUiin.
Alors ce général donne sa démission, et se consacre à ses fonctions de membre du Conseil des Cinq-Cents. Au 18 Brumaire, il est à cette assemblée parmi les opposants au coup d'Etat. Il accepte néanmoins d'être envoyé en Piémont comme ambassadeur; puis il est nommé président de la « Consulta » ; enfin commandant en chef de l'armée d'Italie.
Kn ISOi, il fut promu maréchal d'Empire; mais il eut bientôt le regret de se voir enlever son commandement d'Italie, lorsque les événements décidèrent Napoléon à abandonner ses projets de descente en Angleterre et à marcher sur l'Aulriche, en 1805. Massénafut désigné pour pn-ndre le commandement de l'armée d'Italie.
Kn 1808, le maréchal Jourdan fut désigné pour • : 1 major général, le con.seiller militaire, du
1 d'Espagne, Joseph, qui en l'absence de l'Empi'H'ur commandait nominativement toutes l.s troiip»H d'Espagn»».
• Maréchal a lai.ssé de bien intéressants démoires sur celte partie de sa vie, et sur !< s
événements d'Espagne : ce qui, d'après lui, a failles difficultés du rôle du toï Joseph, ce fut que « son commandement n'était que de pure convenance » ; et que les Maréchaux, autorisés à correspondre directement avec Napoléon et son ministre de la guerre, étaient libres de discuter les ordres du roi, et ne les exécutaient que si bon leur semblait.
D'un autre côté, le roi n'avait pas de récompenses à donner. Toutes les faveurs étaient accordées par l'Empereur, qui les distribuait de préférence à ceux qui servaient directement sous ses yeux. De là une source de découragement et de dégoût.
Pour ce qui concernait personnellement la situation du major général, elle était également difficile et même fausse vis-à-vis des autres Maréchaux; ils avaient tous des titres de duc, des dotations, tandis que Jourdan n'avait que son bâton de maréchal, et se trouvait par suite, visà-vis de ses collègues, dans une situation de réelle infériorité....
Sous la réserve d'une courte interruption, il u'en conserva pas moins ses fonctions auprès de Joseph, tant que le roi garda le commandement de larmée ; il l'assista à la bataille de Vittoria, dont la perte amena l'évacuation de l'Espagne.
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Lors(]ii«\ par ordre de l'Empereur, Soult vint remplacer Joseph à la UHe de l'armée, Jourdan se retira.
Sous la Restauration, le maréchal Jounlan fut nommé Comtr. i i ^c consacra à ses fonctions de pair de France, se faisant remarquer par ses opinions libérales. Après 1830, il fut nommé irouverneur des Invalides. Il mourut dans ce jinsle, en 1833, entouré du respect et de l'aiïecii"ii des vieux et glorieux soldats, placés sous s«'S ordres.
DUC DE RÎVnfJ. PRÏNCE irESSLIXG
M ASSÉNA est une des plus belles iii^ures des guerres de la Révolution et de l'Empire. Les soldats, qui dans notre armée trouvent souvent le mot juste, l'ont appelé « l'Enfant chéri de la Victoire ». Napoléon l'a apprécié et estimé d'une façon toute particulière : « Pour qu'un homme soit hors ligne, a-t-il dit à Sainte-Hélène, il faut que chez lui l'esprit soit en équilibre avec le courage. Chez Masséna, cet équilibre se produisait au feu, lui naissait au milieu du danger. Le bruit du canon lui éclaircissait les idées, lui donnait de l'esprit, de la pénétration, de la gaieté.... Au milieu de la grêle des balles qui moissonnaient tout autour de lui, 31asséna était toujours luimême. Il donnait ses ordres et faisait ses dispositions avec le plus grand sang-froid, et le plus grand jugement. »
Ce n'est pas seulement dans notre armée qu'on estimait Masséna. Les chefs ennemis qu'il a combattus, et il en eut d'éminents comme l'archiduc Charles, ont rendu justice à ses talents, à sa
valeur. Paris, la France l'ont acclamé plusieurs fois soit comme représentant de l'armée victorieuse d'Italie, soit comme commandant en chef. Après sa campagne d'IIelvétie, qui est restée légendaire comme sa belle défense de Gènes, le gouvernement décréta que son armée avait bien mérité de la patrie.
Cet ensemble de témoignages fait bien ressortir que .si Masséna n'a pas été un homme complet, s'il a été plutôt homme de guerre que d'administration, plutôt homme de terrain que de cabinet, s'il a montré parfois un goût immodéré pour le plaisir et pour l'argent qui le procure, il n'y a rien à retenir de ces lacunes, de ces travers; et qu'on doit admirer sans restriction cette grande vie remplie de senices éclatants, qui a tant contribué k la d»''f«'n<f (lo notre pnvs. à la doire de nos armes.
.MiiNsni.i II ;i pas iaissi* de Souvenirs. .Mais ses papiers ont été classés, mis en ordre et soudés sous forme de mémoires, par le général Koch, sur la demande des enfants de l'illustre Maréchal.
Il était né u Ai. . . n 17.>l>. A trei/.e, an>, il s'embarqua comme mousse et flt deux campagnes
sur mer. A dix-neuf ans. il s'engag^ea dans le régiment Royal-Italien; unanaprès, ilétaitcaporal — heureux, fier de ses galons de laine, comme il ne l'a plus jamais été d'aucun grade — ; puis il devint sergent, adjudant, et resta au service • dans ce grade jusqu'en 1789.
En 1792, il fut nommé à l'élection adjudantmajor, puis lieutenant-colonel d'un bataillon de volontaires du Yar. A partir de ce moment, il prit une part glorieuse des dangers, des misères, des fatigues des admirables troupes qui ont défendu pendant quatre ans notre frontière des Alpes Maritimes, et qui sont devenues le noyau énergique, bien entraîné de l'armée de 1796, de Napoléon.
En parcoui-ant cette partie si intéressante de nos frontières, au cours de leurs manœuvres annuelles dans la montagne, nos chasseurs alpins trouvent à chaque pas des souvenirs de la vaillante intervention de Masséna, au début de sa carrière. Ils se montrent avec orgueil, avec le désir d'en faire autant, les sentiers abrupts par lesquels il a fait escalader la montagne à ses soldats pour venir à bout d'un ennemi formidablement posté : ici, c'est le pic du Mangiabo dont Masséna s'est emparé pour menacer la puissante position de l'Aution : là c'est le breck d'Utelle, dont il a
bravé les difficultés pour fondre sur le camp ennemi du Scandanglier. et s'y emparer de soldats, d'armes, et de 300 tentes, « dont ses vaillants sans-culottes se sont empressés de faire des pantalons »
Masséna est le héros de cette ij^uerre si pénible, si meurtrière. En 1794, il est devenu général de division, à force d'actions d'éclat; et c'est à lui que l'on confie l'opération, imap:inée par Napoléon alors général de brigade d'artillerie, et consistant à prendre à revers par la montagne les défenseurs de l'Aution et de Saorge; la manœuvre réussit. L'année suivante, en 179o, Masséna commande une division sous Schéror; et par sa valeur, la prudence de ses conseils, sa connaissance du pays, contribue dans une large mesure à la victoire de Loano.
Bientôt, en 1796, l'armée d'Italie fut placée sous les ordres d'un nouveau commandant en chef. Napoléon connaissait Aïasséna pour l'avoir vu à l'œuvre deux ans auparavant, et il eut soin I utiliser le coup d'œil, l'audace, la valeur exceptionnels, de cet admirable entraîneur d'hommes. On trouve .Ma.sséna aux postes les plus difficiles, les plus périlleux, dans tous les combats de cette guerre glorieuse entre toutes. Son nom est accolé aux souvenirs merveilleux de Montenotte, de
Dego, Millesimo, Lodi, Milan. Lonato, Castiglione, Bassano, Arcole, Rivoli.... Il sait tirer de ses troupes des efforts de marche, un entrain dans le combat, extraordinaires.
Aussi, Napoléon lui sait-il le plus grand gré des services éminents qu'il a su rendre à cette époque. Il le lui montre immédiatement en le chargeant de porter au gouvernement le traité de Leoben, constatant la défaite définitive de l'Autriche.. Paris acclama à cette occasion le général qui représentait si bien la vaillante armée d'Italie, et donna à Masséna, à l'Odéon, une fête des mieux réussies, des plus brillantes. « C'est Masséna, Joubert, Lasalle et moi — aimait à répéter Napoléon — qui avons gagné Rivoli. » — Dès qu'il le pourra, il le créera duc de Rivoli ; et à Sainte-Hélène, quand dans ses derniers délires l'Empereur revivra les émotions les plus fortes de sa carrière, le nom glorieux de Masséna reviendra sur ses lèvres agonisantes.
En 1798, Masséna succéda à Berthier, partant pour l'Egypte, dans le commandement de l'armée d'Italie. Les troupes étaient dans l'inaction, mal nourries, mal payées, mécontentes, disposées à se plaindre de leurs chefs, à parler d'exactions;... c'est alors que s'éleva contre Masséna une campagne d'indiscipline et de récrimination, qui
l'attrista profondément;... mais le gouvernement le lava de ces accusations, en lui donnant un poste digne de lui, où il put montrer sa valeur et ses talents de chef militaire. Dans le commandement en chef de l'armée d'IIelvétie, qui avait en face d'elle l'armée austro-russe de l'archiduc Charles et de Korsakof, Masséna fît d'abord une campagne de prudence; il concentra habilement ses troupes, et attendit patiemment. Puis, saisissant lo moment d'agir, avec un coup d'anl remanjuable, il se jeta brusquement sur les Austro-Russes, au moment où ils attendaient le renfort de Souwarof accourant d'Italie et ralenti, maintenu, à la traversée des Alpes, par Lecourbe. Masséna écrasa les Austro-Russes à Zurich; aussitôt, il se jeta sur Souwarof, et le força à sortir des Alpes, abandonnant son artillerie, ses bagages.
C^tte grand»' et beihî \ icluii»', ^iKcédiinl, à liicii des mécomptes sur nos frontières, sauva la France de rinva.sion, et y produisit une impression pt-ofondc. Le nom de Makséna fut dans toutes les bouches.
Kn I8(K). pendant que .Moreau était sur le Rhin, et quo le Premier Consul faisait, dans le ydus grand .secret, préparer « l'armée de réserve » aux \*\f''^ ' \' II \ ;ivait un grand rolc, à
jouer pour l'armée d'occupation de l'Italie. Cette armée devait maiatenir, occuper les 100 000 Autrichiens de Mêlas; malheureusement elle était en très mauvaise posture; hattue en plusieurs rencontres, elle avait été repoussée vers la rivière de Gênes; elle avait besoin d'être mise entre les mains d'un chef d'une énergie exceptionnelle et connaissant bien l'Italie. Masséna fut choisi pour remplir ce grand rôle, si difficile.
Il n'avait sous ses ordres que des débris; il les reconstitua, releva les courages; et bientôt, à la tête de 40 000 hommes bien encadrés, il se jeta sur la gauche de Mêlas, dont il arrêta les progrès, puis il marcha sur la droite ennemie. Mais alors la supériorité numérique écrasante des Autrichiens intervint; l'aile gauche de Masséna, commandée par Suchet, fut séparée de l'armée et rejetée vers le Var; les autres troupes furent contraintes à se replier sur Gênes, où elles ne tardèrent pas à être étroitement bloquées.
La situation fut critique dès le début du siège de Gênes; car la place était mal approvisionnée, et la population nombreuse, indécise dans ses sentiments à l'égard de la France, était dans de mauvaises conditions pour supporter les privations, les misères du blocus. Masséna fît preuve d'une grandeur d'âme remarquable : le moral des
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soldats fut maintenu par des sorties incessantes; les habitants, étonnés par l'attitude du commandant en chef, par sa résignation, firent preuve d'une soumission sans exemple en supportant les horreurs de la famine qui augmentaient de jour en jour, au milieu des morts, des mourants, des animaux crevés de misère dont hommes, femmes, enfants se disputaient la chair, leur seule nourriture avec l'herbe des jardins
Vers la fin du blocus, Masséna tenta une grande sortie vers le Monte-Crete. Son lieutenant Soult y fut battu, blessé grièvement et fait prisonnier.
Alors, à bout de ressources, sentant la patience des habitants lassée ; n'ayant plus rien à donner à ses soldats, tellement épuisés qu'il les avait autorisés à monter leurs gardes assis; étonné de constater que les Autrichiens ne bougeaient pas autour de lui. malgré l'annonce de rirrn[)ti(m de Na[)oléon dans le l*iémont, Masséna se décida à capituler. Il obtint des conditions exceptionnelles, sortit de la place à la tête de ses troupes avec Ifs honneurs de la guerre; et les fit emharcjucr piMir la France, aptes à y reprendrr iiimK'dialcment du service contre l'ennemi.
A la paix, il commanda pendant quelque temps l'armée d'occupation de l'Italie, sans réussir plus
que la première fois pour radministration. Puis, nommé député, il alla siéger au Corps législatif parmi les indépendants, les mécontents, ne cachant pas qu'il désapprouvait le 18 Brumaire.
Néanmoins, dès la fondation de l'Empire. Napoléon reconnut hautement l'éclat des services de Masséna; et le nomma maréchal d'Empire, grand officier, puis grand-cordon de la Légion d'honneur.
En 1805, il lui confia le commandement en chef de l'armée d'Italie, avec la mission de maintenir les troupes de l'archiduc Charles, pendant que la « Grande Armée » allait opérer sur Je Danube. Masséna remplit son rôle avec une telle énergie, une telle habileté que l'armée de l'Archiduc fut annulée, et qu'elle ne put arriver à temps ni pour défendre Vienne, ni pour prendre part à la bataille d'Austerlitz.
En 1806, il conquit le royaume de Naples, y installa le roi Joseph comme souverain, et mena énergiquement le siège de Gaëte. En 1807, il fut appelé en Pologne, vers la fin de la campagne, pour commander l'aile droite de la « Grande Armée ». Créé duc de Rivoli, avec une riche
dotation, il put enfin prendre un peu de repos dans sa belle propriété de Rueil, dont il avait fait l'acquisition, et qui avait appartenu autrefois au cardinal de Richelieu. C'est à cette époque, dans une chasse -près de Fontainebleau, qu'il fut atteint d'un irrain de plomb qui lui paralysa un (.•il.
11 était de taille moyenne, avait les traits a«^n'éables, une belle bouche, le nez aquilin; ses yeux noirs et perçants révélaient une organisalion énergique et passionnée. Foncièrement bon, il était heureux de traiter en amis, même au faîte des grandeurs, ses anciens compagnons du Royal- Italien, et il en recueillit plusieurs à Rueil. Parmi les maréchaux, il avait plusieurs amis intimes : Lannes, Suchet, Oudinot, Rrune... ont toujours eu la plus grande affection pour lui.
Kn 1809, Masséna commanda un des corps de la <i (irande Armée » sur le Danube et intervint vaillamment à Landshut, puis à Essling, où il sauva l'armée par son énergie. Après le premier passage du Danube, à l'île Lobau, il eut à soutenir la lutte dans Aspern contre les Autrichiens, très supérieurs en nombre et remarquablement commandé.s par l'archiduc Charles. Aspern fut |>ris et repris quatre fois, pendant que Lannes et Hessières combattaient sur la droite de Masscna.
48 NAPOLEON ET SES xMARECHAUX.
Le Maréchal était partout, encourageant ses soldats, ranimant les courages, donnant ses ordres avec une présence d'esprit, un coup d'œil admirables.
Dans la deuxième journée, quand, à la suite de la rupture des ponts et de la mort de Lannes, l'Empereur se décida à la retraite, ce fut Masséna ({ui l'assura, avec une grande vigueur, ne laissant aucun trophée entre les mains de l'ennemi; ne repassant lui-même les ponts qu'avec l'extrémearrière-garde. Napoléon reconnut hautement l'héroïsme de sa conduite, en le nommant prince d'Essling.
Après le deuxième passage du Danube, Masséna accompagna l'Empereur dans ses reconnaissances; il fit une chute qui l'empêcha de monter à cheval pendant quelques jours. Le lendemain eut lieu la bataille de Wagram ; Napoléon voulut le faire remplacer dans son commandement; mais le héros de Rivoli, de Zurich refusa; il tint à rester au poste du danger, de l'honneur, et contribua dans une large mesure au succès de la bataille, en défendant énergiquement notre gauche contre les attaques acharnées de l'archiduc Charles, qui voulait de ce côté nous couper des ponts, notre seule voie de retraite.
Ce jour-là les boulets, les obus, les balles de
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l.i. MAIIF.CIIAL MKHHf.yA, UVC. UK IIIVOI.I, IMIINCK d'KHHMKO,
par Fontaine, d'aprè» Oron.
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Pl.d.
l'ennemi plurent autour de la calèche, d'où le Maréchal dirigeait, encourageait les eiïorts de ses troupes. La mort, les blessures se multiplièrent dans son entourage ; mais il ne reçut pas la moindre égratignure; pas plus que dans le^ nombreux combats où, au cours de sa belle carrière, il s'était si souvent, si énergiquement, si audacieusement exposé. C'est à coup sûr une chose curieuse de l'histoire des guerres que de voir un homme comme Masséna sortir indemne de toutes les batailles auxquelles il a pris part, en donnant partout le plus rare exemple de l'intrépidité, du mépris du danger.
La fortune, la chance, n'intervient pas seulement dans les combinaisons du commandement; elle se fait sentir et règne en maîtresse dans la répartition des blessures. Dans la même troupe lancée dans la mêlée, tel soldat recevra plusieurs blessures, tandis que son voisin tout aussi vaillant sortira du combat sain et sauf.
Dans toutes l(;s armées, on cite des hommes qui ont reçu un nombre de blessures fantastique : à Jemma[>es, un lieutenant de gendarmerie reçut quarante et un coups de sabre; à Ileilsberg, le chef d'escadrons de cuirassiers Chipault en reçut cinquante-six. Parmi les chefs de l'armée impéjiale, Lannes, .Oudinot, Maison, Rapp... n'ont
cessé d'être glorieusement blessés; tandis que Lasalle, le héros de la cavalerie, le vaillant, qui par dix fois avait brisé son sabre en cognant sur Tennemi, n'avait jamais reçu la moindre égratignure; jusqu'à ce qu'à Wagram, en ralliant ses cavaliers après la dernière charge, en pleine victoire, il fut atteint en plein front par une balle tirée par un blessé, et fut tué raide.
En 1810, Masséna fut appelé par l'Empereur à commander en Espagne l'une des armées destinées à opérer contre Wellington et à le chasser du Portugal. L'autre armée, commandée par Soult, devait partir de l'Andalousie, pour joindre ses efforts à celle de Masséna. Loin de l'Empereur, l'entente se faisait difficilement entre les maréchaux; Masséna fut contraint à opérer pour son compte.
Les opérations traînèrent, jalonnées par les sièges de Ciudad-Rodrigo et d'x\lméida. Puis Masséna rencontra Wellington bien posté à Busaco. La bataille fut longtemps indécise; Wellington ne se retira que lorsqu'il se vit tourner par un chemin de montagne reconnu trop tard. Il se replia vers Lisbonne, suivi par Masséna, qui le trouva bientôt, installé dans les formidables lignes de Ïorrès-Vedras.
Dans l'impossibilité de forcer ces lignes, Mas-
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séna se posta pour attenilre l'occasion d'agir et pour vivre dans ce pays ravagé, oii les Anglais avaient fait faire le vide. Dans ces longs mois d'attente, l'arniée s'aigrit; elle reprocha à son ( hef son entourage féminin, et ses interminables discussions avec ses lieutenants, avec \ey surtout.
Masséna sentit vivement les difficultés de sa situation. Par deux fois, il dépêcha le général Foy à Paris auprès de l'Empereur. A la fin, il prit le parti d'abandonner le Portugal; et harcelé [»ar Wellington se retira par Alméida sur Ciudad- Itodrigo. Aussitôt, l'ennemi investit Alméida; Masséna revint sur ses pas; mais il se heurta à Wellington à Fuente di Onor, et fut repoussé. Alors, il fut remplacé par Marmont. Sa belle carrière de chef militaire était terminée.
A partir de ce moment, une affection doulou- Hîusr; !»• tint éloigné du service actif; il se borna à exercer le commandement territorial de la division de Marseille. Quand, en iSlii, Napoléon débarqua, à son retour de l'île d'Elbe, dans le golfe Juan, il se trouva sur le territoire militaire de .Masséna.
I^e .Maréchal, dè.-^ <|u il fui pir.vrim. pi il iimiiédialemcnt les mesures que commandaient les circonstances, et envoya des troupes pour s'opposer an passage d<î son ancien chef; mais l'Em-
pereur avait gagne une bonne avance en passant J par la montagne ; les détachements de Masséna J; ne purent le rejoindre.
Napoléon n'en voulut pas au Maréchal. Il se contenta de le plaisanter quand il le reçut à j l'Elysée; et bien aiïectueusement lui exprima ses regrets de le voir empêché par sa santé de faire campagne avec lui en Belgique.
Deux ans après, le 4 mai 1817, le duc de Rivoli, prince d'Essling, mourut emporté par sa cruelle maladie. Avant de mourir, il avait réuni ses quatre enfants autour de lui pour leur faire ses adieux, et il avait ajouté : « Le temps des préjugés est à jamais passé. L'homme se créera désormais à lui-même ses titres de noblesse. Si je vous laisse un nom glorieux, rappelez-vous bien que je ne l'ai rendu tel que par ma propre valeur, et en m'efforçant tous les jours de justifier davantage les distinctions dont on m'a honoré. »
AUGEHEAU
ne: de castiglione
]i: iiian'chal Augi-reaii » ^.L né à Paris en 1757. -J Son père était domestique, sa mère fruitière. A dix-sept ans, il s'engagea dans le régiment rjarke-cavalerie, y servit deux ans; puis devint maître d'escrime en Prusse, à Berlin.
Kn I7î)l. il revint en France, et fut nommé adjudant-major dans la Légion germanique; il servit bientôt à l'armée des Pyrénées-Orientales, «•t s'y distingua |)ar son énergie et sa valeur, au point d'être promu général de division dès 171K). Il commanda une des divisions de la vaillante armée de Diigommicr d piit une part active, importante aux batailles du Houlou, do Saint- Laurent de la Mouga, et à la prise de Hellegarde, «|ui pa.ssait [»our une dfs plac«'s les plus fortes de l'Europe (I7*.)i)
\ Il |ii\ avec. l'Espagne, une grande partie des trou|)es des Pyrénéï^s furent envoyées renforcer l'armée d'Italie. La division d'Augereau fut mise aux ordres du général Scbérer, le nou-
veau commandant de cette armée, et contribua à la victoire de Loano en 1795.
En 1796, Schérer fut remplacé par Napoléon. Dès les premiers combats, le jeune général en chef fut à même d'apprécier les qualités de commandement d'Augereau, qui se distingua à Millesimo, à Cossaria. A Lodi, il enleva vaillamment le pont, à la tête de sa division; puis il contribua pour une large part à l'issue de cette partie de la campagne de 1796, qui eut pour résultat de repousser les Autrichiens au delà de l'Adige, et de faire commencer le siège de Mantoue.
Pendant que les opérations de ce siège se poursuivent, couvertes au loin par nos divisions, les Autrichiens commandés par Wurmser prennent brusquement l'oiïensive, et débouchent des Alpes en trois fortes colonnes. qui menacent à la fois Mantoue et nos communications. Napoléon est surpris; il donne aussitôt ses ordres pour abandonner le siège, enclouer les canons et porter toutes ses troupes en arrière. L'ensemble des mesures, qu'il prend à ce moment, amènent la bataille de Castiglione, dans laquelle Augereau joue un rôle des plus utiles.
Il a publié lui-même un récit des événements qui ont précédé cette bataille ; et il y insiste sur les services qu'il a rendus personnellement dans