‹ Napoléon et ses maréchauxChapitre 46 sur 69 · DUC DE T RÉVISE · texte numérisé non relu

DUC DE T RÉVISE

LE maréchal Mortier, duc de Trévise, est né en 1768 à Cateau-Cambrésis. Son père était député aux États-Généraux.

Il s'engagea dans un bataillon de volontaires du Nord, fut élu capitaine et ne tarda pas à se distinguera Quiévrain, àJemmapes, àNeerwinde, Hondschoote.... A Wattignies, comme adjudant général, il est blessé; puis il combat vaillamment à Fleurus, à Maestricht, à Neuwied....

Dans l'armée de Sambre-et-Meuse, il sert avec le plus grand dévouement et fait dire à Kléber : « Avec de pareils chefs, un général se dispense de compter le nombre de ses ennemis... ». Il prend part à la prise de Mayence, et est chargé de porter les clefs de la place au Gouvernement. Nommé colonel, il est mis à la tète d'un régiment de grosse cayalerie.

En 1799, on le trouve général de brigade dans l'armée de Jourdan; puis dans celle de Masséna. Il est fait f?énéral de division à Zurich, et con-

tribue à la défaite des Austro-Russes, à la poursuite de Souwarof.

Pendant la campa^^me de 1800, il est à la tète des troupes de Paris. Après la rupture de la paix d'Amiens, il commanda le corps chargé d'envahir et d'occuper le Hanovre. Le Premier Consul lui témoigna sa satisfaction, en le nommant commandant de l'artillerie de la Garde consulaire; puis, devenu empereur, il le nomma maréchal.

En 1805, après Ulm, pendant la marche sur Vienne, Xapoléon décida la formation d'un nouveau corps d'armée, destiné à opérer sur la rive gauche du Danube, et à couvrir de ce côté la marche de la « Grande Armée » vers Vienne. Le maréchal Mortier reçut le commandement de ce corps. Une de ses divisions — Gazan — était déjà sur la rive gauche; une autre — Dupont — en route pour rejoindre la première.

.Mortier était en marche avec la division Gazan, au delà de Diirrenstein — le village célèbre par la captivité de Richard Cœur de Lion, — il suivait la roule, fai.sant défilé, et bordée d'un coté par le Danube, de l'autre par la montagne, lorsque tout à coup W fut cerné par 30 000 liusses, qui rallaquèrent de front, et le coupèrent de ses cnmmunirations avec Dupont en s'emparant de DûrrenHtein. La situation était terrible pour les

troupes de Mortier qui ne comprenaient que 4 000 soldats.

Le maréchal se décida à rouvrir ses communications avec Dupont, et à passer coûte que coûte sur les Russes qui avaient pris Diirrenstein sur ses derrières, et lui barraient l'étroit défilé.

Un officier brave entre tous, dont le nom mérite d'être glorifié^ le major Henriod, du 100" d'infanterie, se charge d'ouvrir cette marche terrible à la tête des grenadiers de son régiment : il attaqua par sections successives qui se jettent, tètes baissées, à la baïonnette, sur les premiers rangs russes, malgré l'obscurité de la nuit. Immédiatement derrière ces braves, le Maréchal, à la tête du gros de la division, calme, intrépide, donnant l'exemple à ses troupes qu'il domine de sa haute taille, fait battre sans interruption les tambours pour indiquer sa résolution de marcher coûte que coûte; et là où les tambours font défaut il fait taper par les soldats sur leurs bidons de fer. — C'est un bel exemple, extrait des c( Mémoires » du comte de Ségur, aide de camp de l'Empereur, à citer à ceux qui veulent supprimer les tambours.

Alors l'avant-garde des Russes, hachée par les grenadiers de Henriod, battue par notre unique canon, comprimée, écrasée, par le gros et la queue

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LR MARI^CIIAL BRIM;.

par Battaille, d'après M"" Bonoi.st. (Musée de Versailles.)

LE MAM^CIIAL MORTIKH, DUC DK THt.MHV.,

par Larivivrc. (Mutée de yertalUei.)

Clichés BmImU* •( C*.

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(le leur propre colonne qui veulent s'avancer, prend peur et s'enfuit à travers les petits murs qui s'étagent au-dessus de la route. Le gros des Russes en fait autant successivement; et bientôt sons la poussée merveilleuse d'énergie des soldats de Mortier, Dûrrenstein est repris; la division Dupont peut rejoindre. La situation est sauvée, grâce à la vaillance de nos soldats et de leur chef. Leurs cœurs se sont montrés, cette nuit-là, entièrement diurnes de celui qui avait battu, huit siècles auparavant, entre les murailles de la haute tour de Dûrrenstein, la lourde Richard Cœur de Lion.

En 1806, 1807, le maréchal Mortier opère sur le flanc nord de la « Grande Armée » contre les Suédois. Il est auprès de Napoléon à Friedland ; «l bientôt après est créé duc de Trévise.

De 1 808 à 1 8 1 1 , il commanda un corps d'armée en Kspagne, prit part au siège de Saragosse, et eut plusieurs succès sur l'armée espagnole.

En 1812, pendant la campagne de Russie, il fut à la tête de la jeune garde; nommé gouverneur de Mo.scou. il fut chargé, au moment du départ de l'arméf sur Kalougha, de couvrir la retraite; en séjournant au Krendin, (fn'îl d-vaif fuiFc snnter avant de rejoindre l'arméi

Il accepta sans hésitation cette mission, rpii paraissait être un sacrifice pour la sécurité de nos

troupes, et il la remplit avec énergie et bonheur. Par ses soins, les salles et les abris voûtés du palais furent bondés de poudre, pendant que ses soldats repoussaient victorieusement les attaques des Russes, et leur prenaient leur chef Wintzingerode. Puis, après avoir ramassé tous les blessés transportables, le Maréchal fît commencer la retraite de son détachement; et allumer l'artifice qui devait mettre le feu aux poudres, dans un temps calculé pour préserver la colonne de la chute des décombres.

Dès que nos soldats furent partis, le Kremlin, fut envahi par des Cosaques et des pillards russes; mais, bientôt, l'explosion se produisit terrible, ensevelissant les pillards sous les ruines. La terre trembla au loin, sous les pas de la colonne de ^lortier, qui rejoignit l'Empereur à Véréia, et lui livra Wintzingerode.

Quelques jours après, à Krasnoë, lorsque l'Empereur se décide à continuer la retraite, c'est encore Mortier qui est chargé de contenir les masses russes; et il le fait avec son énergie habituelle. Il n'a que 3 000 hommes, avec lesquels il résiste à toutes les attaques des ennemis; et quand le moment de se retirer est arrivé, il prescrit à ses soldats d'exécuter les mouvements au pas ordinaire, « et cette vaillante troupe — écrit

le ouiiil»' «!«• >«'mir — se retire lentement, emportant quelques blessés, manœuvrant, comme sur un terrain d'exercices, de ce champ de carnage inondé d'ennemis, balayé par les balles et par la mitraille.... Ce jour-là. Mortier a été une nouvelle fois le héros de la « Grande Armée ».

En 1813 et 1814, on le retrouve, aux côtés de l'Kmpereur, sur tous les champs de bataille. Il -it des derniers à se battre aux portes de Paris.

Lais.sé pendant quelque temps en disgrAce et lans l'inaction, sous la Hestauration, pour avoir nettement réfusé de juger son camarade et ami \ey. il fut replacé dans la chambre des pairs en 1819. Après 1830, il fut ambassadeur à Saint- Pétersbourg; ministre de la guerre, président du iinsei], et tomba à Paris, le 28 juillet 1830, victime de l'attentat dirigé contre le roi Louis- Philippe, à l'aide de la a machine infernale de Kiesrjii ».

DUC D'ELCllIXGEN, P/?/.VC/i DE LÀ MOSKOWA

LA série noire continue, dans la liste par ancienneté des maréchaux d'Empire. Après le maréchal Brune, lâchement assassiné à Avignon ; après le duc de Montebello, blessé mortellement au champ d'honneur d'Essling; après le duc de Trévise, tué à Paris dans l'attentat dirigé contre le roi Louis-Philippe, voici le maréchal Ney, le héros de Ilohenlinden, d'Elchingen, de Friedland, de la Moskowa, de la retraite de Russie, de Lutzen, de Bautzen, de Waterloo, le « brave des braves » de la « Orande Armée », qui est tombé à Paris, au carrefour de l'Observatoire, sous les balles du peloton chargé de l'exécu^on d'un arrêt de mort, rendu par la Chambre des pairs le 6 décembre 1815.

Avant de tomber, dans une attitude pleine de noblesse et de calme, qui avait ému profondément les anciens émigrés chargés de présider à «on exécution, l'illustre Maréchal en avait appelé de sa condamnation à la postérité, à Dieu.

La postérité a répondu à son appel. Elle a

acclamé sa mémoire; elle lui a élevé des statues; elle l'a classé en tête des enfants de la France qui niit le mieux mérité de la patrie, qui ont donné l»\s plus beaux exemples d'énergie, de bravoure, d'héroïsme.

L'une des statues du Maréchal se dresse à Paris, à l'endroit même où il a été fusillé. L'autre est à Metz, sur l'esplanade de notre ancienne et glorieuse place forte; elle fait pendant à la statue de Kléber de Strasbourg, et rappelle aux Lorrains ce que fut le plus illustre de leurs compaJ;riotes, ce que furent le dévouement et l'énergie des générations qui les ont précédés.

Ney est né dans la Lorraine, à Sarrelouis, en I76ÎL II s'engagea de bonne heure au régiment de hussards» Colonel-Général ». Il était sous-officier au commencement de la Révolution, et ne tarda pas à se distinguer dans les guerres qui, sous l'impulsion énergique de la nation, ont permis à notre armée de résister victorieusement à l'Europe enlirre. coalisée contre la Révolution.

C'est Kléber, alors commandant d'une aile de l'armée de Sambre-et-Meuse, qui mit en relief le capitaine Ney. Il marchait de Mons sur Bruxelles, escorté par un [lifjuet de cavaliers que commandait Ney. Ln route, il eut à questionner le jeune oflicier et fut frappé de sa bonne mine et de la

netteté de ses réponses. Le lendemain, il lui donna le commandement d'une colonne de flanqueurs, à la tête de laquelle Ney fît des prodiges d'audace. A partir de ce jour-là, Ney ne cessa plus de se distinguer, de conquérir dans ces vaillantes armées du Rhin la réputation du plus audacieux officier de cavalerie, du plus vigoureux commandant d'avant-garde, et d'avancer rapidement de grade en grade. A vingt-sept ans, il était fait général^ de brigade par Kléber, sur le champ de bataille, le soir de Forchheim.

L'histoire de sa vie par le général Donnai se publie en ce moment. Elle le suit, d'action d'éclat en action d'éclat, dans ce fouillis glorieux d'armées de Sambre-et-Meuse, de Moselle, du Rhin, du Danube, d'Helvétie.., sous les ordres de chefs d'armées qui se succèdent, s'enchevêtrent, depuis les oubliés, comme Léonard Mûller, jusqu'à ceux que tout le monde connaît comme Jourdan, Hoche, Masséna, Moreau.... Elle met en relief le caractère si bien tranché de Ney : son zèle pour le bien public; sa droiture, sa probité, sa bonté, la sûreté de ses relations; et par-dessus tout sa valeur entraînante, bouillante, héroïque, à laquelle se joint une susceptibilité pleine de fierté, prompte à s'émouvoir, la susceptibilité d'un héros.

On le voit constamment à l'avant-garde, chargé

«les missions les plus difficiles, les plus périlleuses, pavant de sa personne avec une audace, une vaillance incomparables; commandant ses troupes, qui raffeclionnent. avec intolliii:ence, autorité, et vrillant avec soin à leur instruction, à leur discijdine, à leur bien-être.

S'il est aimé de ses soldats, il est estimé bien haut par ses chefs; et le livre du général Bonnal renferme de nombreuses attestations de Kléber, de Bernadotte, de Jourdan, de îloche... montrant l'admirable situation de Ney au milieu de ces l)elles troupes du Rhin que le comte de Ségur définit dans ses iMémoires : « ces Spartiates du lUiin, volontaires des premières armées de la République, martyrs de la liberté et de l'indépendance nationales,... marchant nus, affamés, souffrant toutes les privations, et vainqueurs demeurant pauvres. <'ni milifii de tous les biens qu'offre la victoire ».

Deux aides de camp de Ney, qui sont devenus officiers <;énéraux, le duc de Fezensac et le baron de Léocourt, ont laissé des Mémoires dans lesquels on trouve des renseignements précis sur l'attitude de leur chef. Fezensac insiste sur le soin avec lequel Ney maintenait son rang, évitant toute familiarité : a 11 nous tenait à grande distance: dans h'H marches il était ^fiil eu avant, <•( ne nous

adressait jamais la parole sans nécessité. L'aide de camp du jour n'entrait jamais dans sa chambre que pour aiïaire de service, ou bien quand il était appelé ; et c'était la chose la plus jare que de le voir causer avec l'un de nous. Il mangeait seul.... »

D'après Léocouit, il était» sur de lui-même, de la confîaace qu'il inspirait à ses troupes; il manœuvrait devant l'ennemi avec autant de sangfroid que s'il eût été à Texercice. Sa présence électrisait ses sohlats, qui comptaient sur lui comme il comptait sur eux, et qui l'aiinaient autant qu'ils l'estimaient.... »

Les deux aides de camp insistent sur sa bonté, sur l'élévation de ses sentiments, cachées sous des manières très brusques. Léocourt parle avec émotion des grands égards dont il le vit entourer son père, modeste artisan, et de l'allection qu'il témoignait à toute sa famille.

Après avoir servi vaillamment sur le Hhiu et en Allemagne à la tète de troupes de toutes armes, et surtout de cavalerie, après avoir joué le plus grand rôle à Hohenlinden, en commandant brillamment une division d'infanterie, côte à côte avec Grouchy, le général Ney remplit les fonctions d'inspecteur de cavalerie, pendant le Consulat, C'est à ce moment, en 1802, qu'il se maria,

et épousa une amie d'Horiense de Beauharnais, Mlle AuiTuié.

A Tautomne de la même année, il fut nommé commandant en chef des troupes chargées de maintenir Tordre en Suisse; et par sa fermeté facilita au Premier Consul la mise au point d'une de ses œuvres les plus sensées, les plus utiles, les plus durables : « l'acte de médiation » qui a pacifié la Suisse.

Quand l'Empire fut fondé^ Napoléon eut soin <le ne pas oublier le brillant, le vaillant officier .rénéral de l'armée du Khin. Neyfut compris dans la première promotion des maréchaux d'Empire, et nommé commandant du Cf- corps d'armée du camp de Boulogne.

A partir de 1805, il fut constamment en camjiagne, et partout se distingua, A Elchingen, en irrand costume de maréchal, portant toutes ses dé<orations, il entraîna lui-même ses troupes sur l'ennemi, sous la mitraille, poiii- forcer le passage du Danube, jiour enlever le village. Dès qu'Elcbingen fut pris, il reforma ses troupes, fit battre la charge et, toujours au premier rang, rejeta les Autrichiens jusque dans les ouvrages avancés d'Ulm....

En 1806, au début de la grande journée d'Iéna, Ney n'a dans la main que son avant-garde ; mais cette vaillante troupe est commandée par un chef digne de lui, par Colbert. Ils se jettent sur l'ennemi, engagent la bataille, plus tôt que ne le voulait l'Empereur, et contribuent largement au succès de la grande lutte.

En 1807, à Friedland, l'Empereur lui confie le commandement de l'aile qui doit décider de la journée, à notre droite : aidé par le maréchal Victor et par le brillant artilleur de Sénarmont, NeymèneTaction avec une vigueur extraordinaire; la gauche des Russes est enfoncée, Friedland est pris, les ponts sont enlevés. La victoire est éclatante et termine la guerre. Ce jour-là l'entourage de l'Empereur l'entendit s'écrier, en montrant Ney : « Cet homme-là est un lion ».

De 1808 à 1811, le maréchal Xey est en Espagne toujours énergique; parfois énervé de ne pas être sur le Danube auprès de l'Empereur, et d'avoir à subir les demandes ou les ordres d'autres maréchaux.

En 1812, il est à la « Grande Armée » de Russie ; et, à la Moskowa, rivalise de valeur et d'intrépidité avec le roi Murât, pour maintenir nos positions et enlever celles des Russes. Pendant l'affreuse retraite, il se couvre d'une gloire sans pareille. La

« Ci raiide Armée », qui se connaissait en héroïsme, lui décerne le nom de « brave des braves ». Rien n'est impressionnant comme le récit de ses hauts faits, dans les « Mémoires » d'un témoin des plus autorisés, du «général comte de Ségur, aide de camp de l'Empereur.

A partir de Viazma, c'est Ney qui soutient cette retraite néfaste, « mortelle pour tant d'autres, immortelle pour lui ». Pendant quarante jours et quarante nuits, il veille sur l'armée, passant ses nuits à marcher, ses journées à combattre pour arrêter l'ennemi et donner à l'armée le temps de s'écouler.

Lorsque ses soldats, fatigués, n'ayant plus la force de tenir leurs armes gelées, plient devant un ennemi trop nombreux, Ney les ramène au feu. le fusil à la main; « exposant journellement sa vie en .soldat, comme s'il avait tout à gagner, quand il avait tout à perdre, quand il avait derrière lui femme, enfants, richesses, puissance; se battant comme le plus expert des généraux; utilisant le terrain, les circonstances, avec un coup d'œil, un à-firopos (|ui rendirent les plus grands services ».

Après avoir séjourné à Hmolensk, Napoléon continua la retraite sur Krasnoë, laissant derrière lui les corps d'Eugène, de Davout et de Ney, qui

devaient se mettrej successivement en marche. A Krasnoë, il fut enveloppé par les Russes et prit énergiquetnent des mesures pour -attendre ses lieutenants, et intimider l'ennemi. Eugène le rejoignit après une marche des plus mouvementées, des plus meurtrières; puis le lendemain, pendant que l'Empereur tenait tête aux Russes, arriva le corps de Davout à la débandade, au milieu d'une niiée de Cosaques. Alors, le cœur serré en pensant à Ney qui n'avait pas encore rejoint, Napoléon se décida à poursuivre la retraite, sous la protection d'une arrière-garde énergiquement commandée par Mortier.

La petite armée atteignit tristement, péniblement, Lyadi, Dombrowna, Orcha; l'Empereur marchant à pied, appuyé sur une canne, et songeant comme toute l'armée à celui qui s'était sacrifié pour les autres, et dont on était sans nouvelles dépuis plusieurs jours. Les Maréchaux avaient interrogé Davout, qui avait quitté Ney le dernier; mais ils apprirent surtout que les deux chefs ne s'étaient pas entendus et que, sur un avis de Davout, Ney avait répondu que « tous les Cosaques de l'Univers ne l'empêcheraient pas d'exécuter ses instructions ».

Tout à coup, pendant que l'armée reprenait sa marche, on aperçut des lanciers polonais accou-

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