NE Y
rant annoncer que Ney était sauvé, qu'il arrivait
t réclamait du secours.
Le prince Eugène y courut, avec tout ce qu'il ^.iit rassembler d'hommes; il fit tirer des coups i\(*. canon pour annoncer sa présence. Des feux .1- «;;ilve lui répondirent au loin. C'étaient les troupes de Xey-"- Les deux chefs se jetèrent dans l»'s bras l'un de l'autre. Et bientôt, l'armée
alière écouta avidement les détails donnés par U'S officiers de Ney, sur leur étonnante retraite, et les exploits de leur chef:
C'était d'abord le départ de Smolensk en pré-
• nce de l'ennemi; les 5 000 blessés abandonnés ilans la ville; les 7 000 traînards, qui se joignent iiix soldats, chassés par le canon de l'ennemi; et iiux portes de la ville, cette mère affolée jetant <nn «nfant. ot les scddaLs émus adoptant le pauvre
l*uis c'est l'arrivée à Krasnoë; la rencontre des massfs russes, que le Maréchal fait atta(|uer immédiatement pour passer. Hi(întot, il reconnaît que l'opération est impossible; il fait traîner le omhal jusqu'au soir; et quand la nuit est bien min*, il fait faire demi-tour, et, au grand étonn(^iuenl de sa troupe, rpiourne vers Smolensk. En Iravprsant un ravin, il fait ca.s8er la glace du rui.sseau pour voir le sens du courant, et s'écrie :
« Le Dnieper est par là. Marchons-y; ce sera le salut. »
On suit le ravin. On arrive au Dnieper; un paysan indique un point de passage sur le fleuve gelé. Le passage aurait pu commencer de suite; mais la colonne s'est allongée; malgré le dangei-, le Maréchal tient à donner à la queue le temps de rejoindre; et il s'endort profondément dans son manteau, restant couché sur la berge, pendant trois heures.
A minuit, le passage commence et se poursuit, un par un, au milieu des chutes, et en sacrifiant tous les bagages. Au delà du fleuve, la colonne ne compte plus que 3 000 combattants et autant de traînards. Elle va au hasard, jusqu'à ce qu'elle trouve une route frayée; mais alors elle est entourée d'une nuée de Cosaques, qui enlèvent les traînards, mais ne parviennent pas à entamer les vaillants soldats de Ney. Et la colonne reprend sa marche, s'arrêtant le jour pour combattre et manger, attendant la nuit pour se remettre en mouvement....
Et tous, officiers et soldats, sont unanimes à s'exalter au nom de leur chef; et l'armée tout entière déclare que le Maréchal venait de se couvrir de gloire, qu'il était le héros de la retraite. Quant à INey, « dans tout cet héroïsme.
il était si peu sorti de sou naturel que, sans réclat de sa gloire dans les yeux, dans les gestes et dans les acclamations de tous, il ne se serait pas aperçu qu'il avait fait une action sublime ! »
Bientôt après, il intervint énergiquement à la Bérésina; et pendant que Victor contenait les masses russes sur la rive gauche, il battit les 27 000 Russes de Tchichakof, sur la rive droite, avec 8000 Français et contribua à assurer le passage.
Après le départ de l'Empereur, le Maréchal reprit son grand, héroïque rôle d'arrière-garde. A la sortie de Vilna, il n'a plus ([ue quelques centaines de Bavarois et de Français pour contenir l'ennemi, et permettre aux débris de la € (jrande Armée » de s'écouler. A Kowno, la dernière ville russe, il n'a pins (ju'nn délachement de recrues étrangères ; il en pnmd trente pour tfiiir tète lui-même aux Russes jusqu'à la nuit; tandis qu'il envoie un de ses lieutenants avec le f slanl de -I t loupe reprendre à l'ennemi le pont du Nii'nien. Il sort le dernier, face à l'ennemi, le fusil à la main, de cette fatale Russie, et parvient à rejoindre l'armée à travers bois.
On ne saurait trop glorifier l'héroïsme du maréchal Ney. L'histoire ne montre son jcireil, dans aucune armée du monde. La France con-
servera toujours dans son cœur le souvenir de son énergique enfant, vaillant entre tous. Elle n'oubliera jamais que, ne s'inspirant que de luimême dans ces journées de détresse inouïe, Ney a su incarner jusqu'au bout les vertus, la bravoure, le dévouement de notre race, et sauver l'honneur de nos armes. Gloire au maréchal Ney!
L'Empereur reconnut hautement ses éclatants services. Il le fit prince de la Moskowa; il l'avait, cinq ans auparavant, fait duc d'Elchingen.
En 1813, on retrouve le Maréchal aux postes d'honneur à Lutzen, à Bautzen; à Dennewitz, son infériorité numérique le fait battre par son ancien collègue Bernadotte, passé à l'ennemi.
En 1814, il est de toutes les batailles. En 1815, il commande une des ailes de l'armée de Belgique, et se baténergiquement à Quatre-Bras. A Waterloo, c'est lui qui renouvelle les attaques furieuses, acharnées contre les Anglais, perdant trois chevaux tués sous lui, au plus fort de la mêlée, à la tête de nos cavaliers; puis il reparaît à la tête des troupes d'infanterie qui enlèvent la Haie-Sainte, à la tête des bataillons de la garde impériale chargés de faire l'effort suprême... « Jamais, en aucune bataille, s'écrie M. Henry Houssaye, aucun chef, aucun soldat ne s'est tant prodigué. Ney a surpassé Ney.... Pendant la déroute, à pied,
tête nue, méconnaissable, la face noire de poudre, l'uniforme en lambeaux, une épaulette coupée d'un coup de sabre, un tronçon d'épée àlamain,... il arrête les soldats, et les jette encore une fois sur l'ennemi, en leur criant : « Venez voir mourir un « Maréchal de France ! »
La mort n'en a pas voulu ce jour-là. Il était destiné comme son chef, son émule d'Alsace, Kléber, à mourir de mort violente en dehors du champ de bataille. Kléber est mort assassiné au Caire. Ney a été fusillé à Paris; et cet acte abominable a montré une fois de plus à quelles atrocités peuvent pousser les guerres civiles, quels troubles elles peuvent amener dans les consciences les plus droites, dans les esprits les plus généreux.
Qu'importe; iu jug«;ment de la Chambre des Pairs! qu'importe l'oubli du devoir, l'oubli des promesses quand le Maréchal s'est trouvé, au milieu des acclamations du pays, en face du chef <jui l'avait conduit si souvent à la victoire ! Qu'importent les impatiences, les boutades, les colères de cette nature ardente, agissante, les in(»uvenients parfois irréfléchis de ce cœur généreux qui débordait? F^a France a oublié ces peccadiles. En .songeant au duc d'KIchingen, au prince de la Moskowa, elle ne se rappelle que les. qua-
lités guerrières éminentes de son glorieux enfant. Elle se souvient avec orgueil que, dans des circonstances épouvantables, faites pour abattre les meilleurs courages, Ney a su, à force d'énergie, de dévouement, et d'audacieuse intrépidité, se faire proclamer le « béros de la Cirande Armée » ; le héros de l'armée la plus vaillante, la plus héroïque du monde et de l'histoire.
DAVOUÏ
DUC D'AUERSTAEDT, PRIXCE D'ECKMULH ,
LK maréchal Da<out appartenait à une vieille famille de Jiourgogne, aimée, estimée, ayant fourni de nombreux officiers à l'armée. Il était entré à l'Ecole militaire au moment oii Napoléon en sortait, et servait comme jeune officier de cavalerie, au Uoyal-Champagne, à Hesdin en Artois, quand la Kévolution éclata.
Les nouvelles idées le séduisirent; il entra en correspondance avec des hommes occupant une haute situation dans la politique; voulut réaf.,nr dans son ré<^iment contre les partisans de l'ancien réprime — et ils étaient nombreux dans Hoyal- Champagne. — Il alla même jusqu'à provoquer une insurrection contre les officiers; lui qui devint plus lard, par-dessus tout, l'homnuî du devoir rii^oureux, de la discipline rigide, inexorable.
A la suite <le cette échaulTourée, il ddima sa démission, se retira à Havières. et vécut dans la relraitf pendant deux ans. Vax 1791, il fut élu lieutenant- colonel du troisième bataillon des vohinlaires de l'Yonne. Bientôt, il est à la fron-
120 NAPOLEON ET SES iMARECHAlX.
tière et sert brillamment dans les armées de Dumouriez, de Pichegru; puis, après une interruption comme prisonnier de guerre sur parole, on le trouve dans l'armée de Moreau. Au passage du Rhin de Diersheim, il joue comme général de brigade le rôle le plus énergique, aux côtés de Desaix qui le prend en afTection et le recommande à Napoléon, au moment de la formation du corps expéditionnaire .d'Egypte.
Il fait cette expédition comme commandant de la cavalerie de Desaix; et se distingue par la précision de ses ordres autant que par sa bravoure, son audace entraînantes , dans les nombreux combats qui amènent la conquête et la pacification de la moyenne et de la haute Egypte. Desaix le fait rentrer en France avec lui, au commen ment de 1800.
Néanmoins, il ne prit pas part à la campagne de Marengo, et ne se trouvait pas aux côtés d(3 son grand protecteur, quand il fut tué en sauvant l'armée; mais, immédiatement après, Napoléon appela Davout au commandement de la cavalerie de l'armée d'Italie, et lui donna ainsi l'occasion de se signaler à nouveau par sa vigueur et son coup d'œil.
En 1801, il fut nommé commandant des grenadiers de la garde consulaire; en 1803, com-
LK MAKKCIIAI. I)A%Oi;T,
m:<: ii'ArKHHT-\i'.i»T, I'Hi>«:k u'y.r.KMiut., par Mar/orrhi, dapn-H (iaiilhircit. (Musée de Versailles.}
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Lw Mar4eh«iu.
PU 10, p«ff« ItO.
mandant d'un des corps d'armée du camp de Boulogne; en 1804, Maréchal d'Empire. Il avait trente-trois ans.
Le père du célèbre peintre militaire, Isidore Pils, avait servi comme grenadier dans les troupes de Davout, de cette époque. Il a laissé un « Journal démarches », dans lequel il parle avec admiration de la bonne installation des troupes de Davout, de l'ordre qui régnait dans leur camp, des jardins des soldats, des tentes des généraux.... I] a assisté à de brillantes manœuvres, exécutées .sous les yeux du Premier Consul au milieu des dunes de sable, dont la mobilité fatiguait et faisait « grogner » nos soldats....
Il est probable que le Premier Consul s'inquiéta peu de ces « grognements », pas plus qu'il ne s'occupa plus tard de ceux de ses « grognards » de la garde impériale. Il connaissait trop, déjà à cette époque, le soldat français, pour ne pas savoir que de cette manie de « grogner », de gouailler, tenant au sang gaulois, sont sorties à toutes les époques de notre histoire des manifestations sublimes d'intrépidité, d'héroïsme; et que jamais la France n'a eu à souffrir du manque de vaillance, d'énergie, ou de dévouement de ses enfants.
L'intervention du corps de Davout, immédia-
tement après le camp de Boulogne, dans les campagnes de 1805 et 1806, en est une nouvelle preuve. Bien préparées par les exercices du camp sagement, méthodiquement, sévèrement réglés par leur chef, les divisions de Davout se conduisirent au point de vue des marches et des combats, du dévouement au devoir, en troupes d'élite, incomparables; et leur renom ne s'effacera jamais de l'histoire.
Après avoir contribué aux manœuvres (IThii et de Vienne, le corps de Davout avait été détaché aux abords de la capitale de l'Autriche, pendant que Napoléon suivait l'armée austro-russe, vers Briinn. Deux jours avant Austerlitz, Davout reçut l'ordre d'amener sa division Friant, « à grandes marches » vers Brûnn. Aussitôt, à onze heures du soir, cette vaillante troupe se mit en marche. Elle était à 36 lieues de son point d'arrivée, et ne cessa de marcher pendant quarante heures. Elle atteignit, le 1" décembre dans la soirée, l'abbaye de Raigern, à proximité du champ de bataille d' Austerlitz. Le lendemain, à cinq heures du matin, Davout la remettait en mouvement, et lui faisait prendre son poste de combat, à l'extrême droite de la « Grande Armée » ; et cette admirable division, malgré les fatigues excessives de sa longue marche, contribua éner-
DAVOUT. i 23
Lriquement, vaillamment, en perdant glorieusement le tiers de son effectif sur le champ de bataille, au succès de la journée d'Austerlitz.... l'étaient les mêmes soldats qui avaient c( groirné » devant Pils, dans les sables de Boulogne....
En J806, la veille d'Iéna, Davout est à Naumbourg, sur la Saale, à quelques lieues au-dessous dléna. Pendant la nuit, il reçoit des ordres de l'Empereur, lui apprenant qu'il allait y avoir bataille à léna, et lui prescrivant de marcher sur Apolda, au delà de la Saale, de manière à y être engagé vers midi.
Sans hésiter, sachant bien qu'il a devant lui des forces ennemies très supérieures, et qu'il aura à s'y heurter avec ses seules ressources, Davout met aussitôt ses troupes en mouvement. Avant le jour, sa division d'avant-garde Gudin passe la rivière, et débouche sur le plateau, non b^in d'Auerstaedt, s'empare d'un bon point d'ajjpui ri résiste énergiquement aux attacjues furieuses do l'infanterie et de la cavalerie prussiennes. Puis, malgré les assauts incessants de l'ennemi, Davout parvient à déployer ses deux autres divisions. Kriant et Morand, et à braver dans leurs carrés les efforts acharnés des Prussiens.
Alors, .sans garder un homme en réserve pour as.su rer sa retraite, sans autre pensée que celle
d'exécuter coûte que coûte les intentions de l'Empereur, et de passer sur le corps des troupes ennemies qui veulent l'empêcher d'aller là où ses ordres l'appellent, le Maréchal s'engag:e à fond, fait prendre l'offensive à ses vaillants soldats; et malgré la supériorité numérique énorme des Prussiens, réussit à les repousser de position en position, et à les battre irrémédiablement à Auerstaedt, comme l'Empereur a battu leurs deux autres armées à léna.
Ce grand résultat n'a pu être obtenu qu'au prix des plus sanglants, mais aussi des plus glorieux efforts. Les trois immortelles divisions du maréchal Davout ont perdu 10 000 hommes sur 25 000; mais, avec ces 25 000 soldats, elles ont battu 70 000 Prussiens, et elles ont cueilli pour elles, et pour leurs chefs, des lauriers que le temps ne flétrira jamais.
Quels étaient donc les soldats capables d'accomplir de pareils prodiges dans les marches et dans les combats? Etaient-ils d'une autre taille, d'une autre trempe que ceux de notre armée d'aujourd'hui? On serait tenté de le croire, s'il n'existait pas des traces certaines de l'étonnement des officiers ennemis, tout surpris d'avoir été battus par des hommes moins grands, moins forts que les leurs.
Le soldat de Rivoli , d'Austerlitz , d'Iéna, d'Auerstaedt, n'était autre que le petit troupier français, tel que nous le voyons journellement, i^n'i, alerte, plein de nerf et de cœur; ayant de merveilleuses aptitudes pour la marche et le combat; et faisant, quand il a foi dans ses chefs, le meilleur soldat du monde. A notre tour, ayons foi en lui; ayons foi dans l'avenir de notre armée, de notre nation !
Après léna, Napoléon récompensa Davout en le faisant entrer le premier à Berlin, à la tête de l'armée, conduisant ses trois glorieuses divisions. Plus tard, il le créa duc d'Auerstaedt.
Dans la campagne de Pologne qui suivit, Davout intervint à Czarnovo, à Heilsberg; puis il joua le plus grand r61e dans la journée meurtrière d'Eylau:
Ses trois divisions soutinrent pondant toute la journée le choc des masses russes de la gauche ennemie, rivalisant de valeur, de solidité, sous un feu d'artillerie épouvantable, sous le vent violent, glacial, sous la neige dont les flocons aveuglaient nos soldats. La sanglante bâtai Ihi se prolon^rea jus<|u'à dix heures du soir. A la tombée d»' l;i miit. le Maréchal parcourut les rangs (hî
ses troupes réduites par d'énormes pertes; et sous le feu de renuemi, s'adressant à ses soldats harassés de fati<^ue, il leur dit : « Les braves trouveront ici, s'il le faut, une mort glorieuse; les lâches seuls iront visiter les déserts de la Sibérie ». Ses troupes répondirent vaillamment à l'appel de leur Maréchal; leur résistance fut inébranlable. A dix heures du soir, la retraite de l'ennemi commença ; le sinistre champ de bataille nous restait. Le corps de Davout avait perdu, ce jour-là encore, le tiers de son effectif.
En 1809, dans la campagne contre l'Autriche. Davout rendit, une nouvelle fois, les plus utiles, les plus éclatants services : Au début, il exécuta magistralement, dans des conditions très périlleuses, les mouvements de concentration prescrits par l'Empereur, et avec ses quatre divisions livra vers Tengen plusieurs brillants combats. A Eckmûlh, réduit à deux divisions, Friant et Saint- Hilaire, il eut sur les bras tout le gros de l'armée de l'archiduc Charles, et parvint, à force d'énergie, de solidité, à maintenir ses positions; et à permettre à l'Empereur d'accourir de Landshut et de terminer cette première partie de la guerre par un succès éclatant. — Plus tard. Napoléon reconnaîtra l'importance des services rendus alors par Davout, en le faisant prince d'Eckmiilh.
Dans la deuxième partie de la campagne, à Wagram, c'est Davout que l'Empereur charge de déborder la ii:auche de l'ennemi, d'attirer les réserves ennemies de ce côté, de faire « l'événement » ; et il manœuvre et combat avec un entrain, une précision, qui contribuent largement au succès de cette mémorable journée.
En 1812, pour la campagne de Russie, il est à la tête de cinq divisions; puis, après Vilna, il commande, par ordre de l'Empereur, toute l'aile droite de la « Grande Armée », y compris le corps du roi Jérôme. Mais c'est l'époque des aigreurs de caractère, des discussions entre les chefs de l'armée. Le caractère raide, entier, autoritaire de Davout se prête peu aux concessions ; il a des discussions avec plusieurs de ses collègues, avec le major général Bertiiier , avec le roi Jérôme, avec le roi Murât, avec Ney.... et ces altercations ne sont pas faites pour faciliter la direction des opérations.
Davout n'en rend pas muins de 1res bons scivices à Mohilew contre Hagration, à Sm(densk... A la Moskowa, son corps estvivement engagé; en poussant ses troupes contr»' la icfbHilc (b; Semenowski, le .Maréchal est renversé par un boulet qui tue son cheval. Le bruit court qu'il est tué. Le roi Murât accourt pour le remplacer; mais
Davout reparaît blessé au ventre, couvert de sang et de boue, tète nue, les vêtements en lambeaux; il reste à la tête de ses troupes, et, secouru à temps par Ney, parvient à maintenir énergiquement la situation, sur cette partie du champ de bataille.
Au début de la retraite, il commande Tarrièregarde jusqu'à Wiazma; puis, après cette sanglante aiïaire, est remplacé par Ney dans la mission de couvrir l'armée. Après Smolensk, d'où il ne parvient à s'échapper qu'au prix des plus grands efforts, il n'a plus à intervenir que pour donner l'exemple; et quand il s'arrête à Thorn pour réorganiser le 1*"" corps, il est épuisé de fatigues : il avait fait à pied les quatre cinquièmes de la retraite, depuis Moscou.
En 1813, il a la mission de s'emparer de Hambourg, de l'armer, d'en organiser la défense, et de faire vivre l'armée aux frais de la contrée. Il exécute ces ordres avec sa conscience, sa rigueur habituelles, et s'attire ainsi bien des accusations, absolument injustifiées.
Après Leipzig, quand notre armée se replia eL repassa le Rhin pour mener la campagne de France, la maréchal Davout eut* à défendre Hambourg. Les opérations de cette défense resteront comme un modèle, dans les annales de la guerre.
au point de vue de la prudence, de l'énergie, du dévouement au devoir. Il refusa de céder la place à l'ennemi, et ne consentit à la remettre qu'à l'envoyé du roi de France Louis XVIII.
Pendant les Cent-Jours, Napoléon utilisa les talents, la fermeté, l'entente des choses de la jj^uerre. du maréchal Davout, en lui confiant le ministère de la guerre. Le Maréchal accomplit cette mission avec autorité, fermeté; mais il aurait voulu être employé à l'armée. L'Empereur ne crut pas pouvoir y consentir; il a dii souvent regretter, plus tard, de s'être privé de l'aide du duc d'Auerstaesdt, du prince d'Eckmûlh, dans les plaines de Ligny et de Waterloo.
Après Waterloo, et la capitulation de Paris, Davout prit le commandement des restes de l'armée, sur la Loire. Il fut remplacé par le maréchal .Macdonahl pour la dissolution de ces troupes.
Il mourut à Paris en 1823. L<' doyen des anciens Maréchaux de l'Empin", Jourdan, le vainqueur de Fhnirus, pronon(;a son éloge funèhre au Père-Lachaise, et termina en disant :
« Messieurs, un grand homme ne meurt pas tout enliiT. Il nous reste de l'illustre Maréchal, prince d'Eckmûlh, lexemple de ses vertus, le souvenir de ses grandes qualités, et des services éminents qu'il a rendus à la Patrie. »
BESSIERES