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BESSIERES. 137
dans son cabinet jusqu'au dîner, il fut taquin pour tout le monde, plaisantant le Maréchal, frrondant ses officiers; forçant le roi de Bavière et le maréchal Davout à danser, sur lair qu'il aiïcclionnait et (juil fil jouer toute la soirée. C'était la détente des nerfs.
Le lendemain, il fut ç^ai, charmant, gracieux pour tout le monde. l*uis, le surlendemain, il brusqua le départ, et mit toute la cour sens dessus dessous.
En 1811. le duc distrie fut nommé commandant général du nord de l'Espagne. 11 eut à cette époque de graves difficultés avec Masséna qui opérait dans son voisinage. L'Empereur donna raison à .Bessières, et remplaça Masséna [)ar .Marmont. Quand Bessières fut rappelé à son tour pour l'expédition de Russie, il laissa les provinces de .son commandement, pacifiées, calmes, heureuses, reconnai.ssantes de son administration juste, éclairée.
Pendant la campa;;ii4- <1<- \H\2. il commande la f^ardft impériale qui comprend ;>() 000 hommes. dont 9 000 cavaliers, et 200 canons. Hélas! à l'iH.Hue de la funèbre retraite, il restait un millicsr de ces soldats incomparables.
En 1813, après avoir reformé la gardr* impé riale et la cavalerie, il était en Allemagne, dès le
début (les opérations. En allant faire une reconnaissance pour aider Ney qui venait de prendre Rippach, dans les premiers combats, il vit tomber à ses cotés, emporté par un boulet prussien, un jeune sous-officier des chevaulégers polonais de la garde, qui l'accompagnait. Sa reconnaissance terminée, il revint vers l'endroit où était tombé le sous-officier, pour « le faire enterrer, et éviter de laisser prendre à l'ennemi, dès le début des opérations, un trophée comme celui d'un sous-officier de la garde ». Pendant qu'il remplissait cette pieuse mission, il fut coupé en deux par un boulet tiré par la même batterie prussienne, qui avait tué le pauvre Polonais.
La garde et l'armée pleurèrent le vaillant Maréchal. L'Empereur fut profondément attristé par la mort de son « fidèle, inséparable ami ». Il décida qu'on lui élèverait un monument, non loin de celui de Gustave-Adolphe, tué en combattant dans ces mêmes plaines de Lutzen.
KELLEHMANX