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de ces armées. En 1799, grièvement blessé, il quitta l'armée du Rhin et reçut le commandement de la division de Paris, assumant ainsi le devoir de faire respecter la légalité et de défendre au besoin le gouvernement de la République.
Il occupait ce poste au 18 Brumaire, et aurait pu par sa vigilance faire échouer le coup d'Etat. Mais, séduit par la gloire et les promesses de Napoléon, troublé par le* décret du Conseil des Anciens qui mit les troupes de Paris aux ordres de ce général, il oublia son mandat, se joignit à Napoléon et facilita grandement son opération.
Napoléon mit de la coquetterie à le récompenser : non seulement il lui conserva son poste de commandant militaire de Paris; mais il le nomma .sénateur; et, à la proclamation de l'Empire, il lui donna le titre de maréchal d'Empire. l*endant qu'il ne confiait aux autres généraux, gratifiés du titre de maréchal, que des postes de réserve, il doim.i à L«*f('l)Vi-c. (;n I8O0, le commandement d'une armée sur le Rhin; en 1800, celui de la garde à pied; en 1807, celui de l'armée de siège de Dantzig.
Le .Maréchal s'inquiétait de la difficulté de ce dernier commandement. L'Empereur le rassura, et promit de l'aider. « Prenez courage, lui dit-il arrectueusenifîit, il faut bien que vous aussi,
quand nous rentrerons en France, vous ayez quelque chose à raconter dans les salles du Sénat. » Et il lui adjoignit les hommes les plus distingués, comme chefs des services techniques.
Le rôle de Lefebvre, pendant le siège, a été conté d'une façon charmante par un de ses lieutenants, le chef des troupes badoises, le grandduc héritier de Bade qui, devenu grand-duc, épousa la princesse Stéphanie de Beauharnais.
« Le maréchal Lefebvre a eu, dit le prince, le grand mérite de galvaniser une armée composée des éléments les plus hétérogènes, et de lui imprimer une direction unique....
« Il se trouvait constamment au milieu de ses troupes, et toujours sur le point où il y avait le plus de dangers à courir. Il était d'une activité prodigieuse, malgré ses cinquante et un ans et* ses infirmités. Habituellement, il ne dormait que de midi à l'heure du dîner. La nuit, il était debout, et circulait dans les tranchées....
(( Il avait une très belle voix de commandement, et était très fier de savoir bien faire manœuvrer, d'après l'ordonnance de 1792. Quand il passait en revue des troupes allemandes, il ne manquait jamais l'occasion de relever les défectuosités de leurs règlements, et accompagnait
ses réflexions de termes énergiques, en patois alsacien
« I.e 13 avril, dans une sortie, les Prussiens avaient tourné une de nos parallèles, et mis en mauvaise posture les Badois et les Saxons qui la défendaient. Le maréchal Lefebvre accourut; et rencontrant le ii" de li^^ne, qui se portait à la tranchée, il descendit de cheval, lit battre la charire. et commanda lui-même aux fantassins français : « Au trot, marche! au galop, marche! « au grand galop! marche! » L'assaut fut mené, -liK.' ;'i son intervention, avec une rapidité extraordinaire, et réussit.
« Après le combat, le Maréchal s'arrêta au milieu des grenadiers et entendit l'un d'eux s'écrier : « Le Maréchal est un brave homme; « mais il nous prend pour des chevaux. — C'est « vrai, repartit l^efebvre, il faut que vous soyez « courageux comme des hommi's, et rapides « comme des chevaux... Voyez les Saxons; ils se « sont avancés très crânement; mais leurs offia ciers sont tous de vieux IL., (jui ne V(;ulent « plus courir. Aussi, leurs perles sont-«'Ih's hois « foi» plu» grande» que les vôtres.... »
Lt le grand-duc héritier ajoute que plusieurs traits pareils avaient rendu !<• Maréchal très popul.'iire.
Mais le siège traînait. Les chefs de l'artillerie et du génie n'étaient pas d'accord, — le contraire eût été surprenant. — Le pauvre Maréchal s'impatientait, ce Je n'entends rien à votre alTaire, leur dit-il; mais f...ichez-moi un trou, et je passerai. »
Il se plaignit à l'Empereur, qui lui répondit : « La poitrine de vos grenadiers que vous voulez mettre partout ne renversera pas les murailles. Il faut laisser faire vos ingénieurs,... votre gloire est de prendre Dantzig; quand ce sera fait, vous serez content de moi.... »
Dantzig fut pris ; et le Maréchal fut content : il fut invité à déjeuner par l'Empereur, qui lui annonça sa nomination de duc de Dantzig, et qui lui remit en souriant une tablette, en lui (lisant : « C'est du chocolat de Dantzig». C'étaient 100 000 écus en billets de banque. Napoléon n'oubliait pas le 18 Brumaire,
En 1808, il confia à Lefebvre le commandement d'un corps d'armée en Espagne; en 1809, celui des Bavarois; en 1812, la garde impériale à pied; en 1814, Lefebvre était aux cotés de l'Empereur.... Puis, il se rallia un peu vite à la Restauration, et mécontenta l'Empereur qui le fît mettre d'office à la retraite, pendant les Cent- Jours. Sous la deuxième Restauration, le Maréchal
fit de nombreuses et longues démarches pour obtenir d'être replacé dans son grade, et faire partie de la Chambre des Pairs. Il mourut à Paris le 17 septembre 1820.
C'est une belle vie de soldat, vaillamment remplie. Les longues années passées dans les bas grades de l'armée avaient laissé de fortes empreintes sur cet esprit, sur ce caractère : le maréchal Lefebvre était brave, actif, ponctuel..., dévoué à ses devoirs. Et, cependant, il les oublia le 18 Brumaire. Mais l'histoire ne lui en a pas voulu : peut-être par reconnaissance; parce que les pages les plus merveilleuses de ses annales n'auraient pas été écrites; parce que l'épopée napoléonienne aurait été arrêtée à ses premiers chants, si ce vieux sous-officier avait mis, le 18 lirumaire, plus d'entêtement à exécuter sa consii^ne.
COMTE PERIGNON
IE maréchal comte Pérignoii re]>résente, dans J la liste des Maréchaux, l'armée des Pyrénées- Orientales, de la République.
Né à Grenade, dans la Haute-Garonne, en 1751), il se A^oua au métier des armes, et obtint une sous-lieutenance en 1780. Il quitta le service par réforme en 1791; devint juge de paix, puis député.
En 1792, il fut élu lieutenant-colonel dans la légion des Pyrénées, et se distingua au combat de Thuir en 1793; nommé général de brigade, général de division, il prit part à plusieurs combats victorieux contre les Espagnols.
En novembre 1794, à la bataille de la Montagne-Noire, il commanda le centre de l'armée; puis remplaça le commandant en chef de l'armée des Pyrénées-Orientales, le vaillant, énergique général Dugommier. Il se montra digne de succéder à ce chef éminent, remporta la victoire d'Escandas, s'empara de Figuières, et fît le siège de la place de Roses, réputée imprenable. Le siège fut mené avec intelligence et énergie, la
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place fut prise d'assaut au commencement de 179o.
A la paix avec l'Espagne, Pérignon fut nommé commandant en chef de l'armée des Côtes de Bretagne. Elu député aux Cinq-Cents, il fut envoyé comme ambassadeur en Espagne.
Puis, il reprit du service militaire en Italie sous Joubert, et commanda une aile de l'armée aux batailles de la Trébie et de Novi. Blessé et fait prisonnier, il resta entre les mains des llusses. pendant dix-huit mois. Quand il rentra en France, le Premier Consul le nomma sénateur; puis il lui donna le titre de maréchal, et, à la création de la Légion d'honneur, le fit grand-officier, grandaigle.
Pendant l'Empire, Napoléon l'employa comme gouverneur de Parme, de Plaisance, de Naples, comme commandant en chef des Deux-Siciles, et le fit comte de l'Empire.
A la Hestauration, le maréchal Pérignon se rallia franchement à la monarchie. Pendant les Cent-Jours il essaya d'organiser la résistance à Napoléon, dans le Midi. Il fut nommé pair de France, marquis à la deuxième Hcîstaunilion, d mourut à Pari» le 2*i décembre 1818.
COMTE SERURIER
LE maréchal Sérurier est né à Laon en 1742. ffl Il entra de bonne heure dans l'armée, H comme officier de fortune, prit part à la guerre de Sept Ans, fut blessé à Warbour<2:; puis servit en Portugal et en Corse. Il avait plus de trente ans de service militaire, quand la Révolution éclata.
Dès 1792, il est colonel, et rend les meilleurs services dans l'armée des Alpes-Maritimes. Il s'y distingue dans toutes les affaires, est fait général de brigade, général de division, et acquiert dans cette rude guerre de montagne, au milieu de ces troupes énergiques, bien entraînées, la réputation d'un chef militaire des plus vigoureux. Nos officiers alpins retrouvent souvent sa trace, pendant leurs manœuvres annuelles, dans les vallées de la Tinée et de la Vésubie, et ne manquent pas de montrer à leurs hommes le chemin de montagne épouvantable par lequel le général Sérurier était arrivé à faire hisser un canon contre la formidable position de l'Aution.
Il était général de division dans cette même
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armée, devenue l'armée d'Italie, et s'y était distingué dans bien des combats, quand Napoléon vint en prendre le commandement en chef. La division Sérurier se signala par sa vigueur, dès le début des opérations, à Mondovi, puis au siège de Mantoue, à la bataille de Castiglione; à la reprise des opérations du siège qui amenèrent la capitulation de Mantoue; enfin dans la campagne finale de cette guerre de 1796-1797, contre l'archiduc Charles dans le Tyrol et l'Autriche.
Ce fut le général Sérurier, qui fut chargé par Xapoléon de porter au Directoire les 22 drapeaux conquis sur l'ennemi dans cette fin de campagne. Dans sa lettre d'envoi, le jeune général en chef vantait non seulement les actions d'éclat de Sérurier, mais la dignité de son attitude : « Sévère pour lui-même, il l'est pour les autres; il est l'ami rigide de la discipline, de l'ordre et des vertus les phis nécessaires au maintien de la société
De Hîtour eu Italie, Sérurier fut chargé du gouvernement de Venise; il s'ac(juitta de cette haute missi<»n avec distinction. Sa rigidité, l'aus-
lité de ses mœurs, le firent surnommer « la Virrge «ritali»' ».
\']n 1708, il rejjrit un commandement dans larmée d'Italie et prit part à des opérations
malheureuses. Dans l'une d'elles, luttant contre les Russes, avec une grande infériorité numérique, il fut fait prisonnier de guerre par Souwarof.
Il était prisonnier de guerre sur parole à Paris, quand Napoléon revint d'Egypte; et il lui rendit service, comme commandant militaire de Saint- Cloud, pendant les opérations du 18 Brumaire.
Il en fut récompensé; et fut nommé sénateur, grand-officier, grand-aigle de la Légion d'honneur; maréchal; gouverneur des Invalides.
Il occupait ce poste en 1814, et prit une mesure exagérée à l'approche des alliés de Paris, en faisant brûler 1 417 drapeaux pris sur l'ennemi, et confiés à sa garde. Cette mesure partait d'un sentiment généreux, mais elle est à regretter : il aurait été facile de conserver, en les cachant, ces glorieux trophées, dus à la vaillance de nos soldats.
Le maréchal Sérurier se rallia aux Bourbons; aux Cent-Jours il fut privé de son commandement; puis il vécut dans la retraite et mourut en 1819.