OUDINOT
viu^ueur remarquables. Nommé général de division, il contribue aux brillantes opérations de Masséna autour de Zurich; deux fois blessé, il est bien vite sur pied, continuant à donner à tous le meilleur exemple. A la lin de cette belle campagne, le général en chef Masséna lui confie les fonctions de chef d'état-major, puis l'emmène avec lui, dans ce poste, lorsqu'il est appelé au commandement de l'armée d'Italie et à la défense de Gênes en 1800. Après Marengo, Oudinot reste en Italie, comme chef d'état-major de Brune, qui l'envoie porter à Paris les drapeaux conquis sur l'ennemi dans plusieurs combats.
Au camp de Boulogne, il servit d'abord au corps de Davout. Il s'y attacha un soldat de confiance, qui le suivit ensuite dans toutes ses campagnes, et qui a laissé un bien curieux « Journal de marches », le grenadier Pils, le père du peintre militaire si justement renommé.
Pils, très atUiché à son général, s'obstiiiaiL à le suivre partout, mémo 'au feu. Un jour, il eut un cheval tué sous lui. < l rc cheval appartenait à Oudinot. FjC général en profita pour interdire à l*ils de le suivre dans le combat. « Tu vois bien, lui dit-il, que tu fais tuer mes chevaux. » A la bataille suivante, Pils était à nouveau derrière son chef. Oudinot lui en fit l'observation. « Oh,
d90 NAPOLEON ET SES MARECHAUX.
mon général, dit Pils, je ne mérite aucun reproche, ce cheval est à moi, je l'ai acheté sur mes deniers. » Il continua donc à se maintenir derrière son chef; et comme il avait une trousse de chirurgien sur lui, il put donuer à Oudinot, sur le champ de bataille même, les premiers soins pour ses blessures. Et il eut fort à faire à cet égard.
Peu de temps avant la guerre de 1805, Oudinot quitta le corps de Davout, et prit dans les troupes du camp de Boulogne le commandement d'un corps indépendant de grenadiers, qui avait été formé à Arras par Junot, et qui devint célèbre sous le nom de « grenadiers d'Oudinot ». C'étaient dix mille soldats, triés avec soin, éprouvés par la guerre, d'une taille élevée; rompus à la discipline, aux manœuvres, donnant l'exemple de la tenue, et animés d'un esprit de corps capable de les pousser aux plus grandes actions. Entre les mains d'Oudinot, ils firent merveille dans les campagnes d'Ulm, d'Austerlitz, d'Iéna, de Friedland, non sans que leur vaillant chef n'eut été blessé plusieurs fois.
Dans la matinée de Friedland, Oudinot était vers l'Aile, en contact avec les Russes; il était sous les ordres de Lannes qui ce jour-là rendit le grand service de prévenir immédiatement l'Empereur, et de contenir l'ennemi jusqu'à son arrivée.