‹ Napoléon et ses maréchauxChapitre 62 sur 69 · OUDINOT · texte numérisé non relu

OUDINOT

Les grenadiers d'Oudinot furent très utiles dans cette circonstance, et contribuèrent dans une large mesure à empêcher les Russes de gagner du terrain en avant; et à permettre à l'Empereur d'accourir, de réunir tout son monde, et de battre dénitivement ses adversaires,

Dès que l'Empereur apparut, Oudinot courut à lui. Il avait son habit criblé de balles; son cheval ruisselait de sang. « Hàtez-vous, Sire, dit-il à Xapoléon, mes grenadiers n'en peuvent plus; mais donnez-moi un renfort, et je jetterai tous les Russes à l'eau. »

L'Empereur se garda de céder à ce conseil, malgré toute son énergie. Il vit plus haut, laissa arriver le gros de ses forces, donna un peu de repos à ses troupes, et ne commença la bataille qu'après avoir mis tous les atouts dans son jeu. Elle se termina par un succès éclatant, malgré l'heure avancée à laquelle cHe fut commencée. Dès qu'il le put. Napoléon fit remplacer par des troupes fraîches, et garder en réserve, les héroïques grenadiers d'Oudinot....

Pendant la célèbre entrevue de 180S, Oudinot remplit les fonctions de gouverneur militaire d'Erfurth. L*Em[»erfur If présentaau Tsar comme le « Rayard de l'armée française ». Un jour dans une promenade à cheval, il suivait les deux sou-

verains : Napoléon, emporté par une distraction, se laissa aller à dépasser le Tsar, d'assez loin, et en sifflant. Oudinot, resté par déférence derrière le Tsar, l'entendit s'étonner, et dire à son entourage : « Faut-il suivre? » ; il courut bien vite rejoindre l'Empereur, et le mit au courant de la chose. Napoléon s'empressa de revenir en arrière et de s'excuser....

En 1809, toujours à la tête de ses grenadiers, Oudinot continua à se distinguer. Après Essling. il prit le commandement du corps du maréchal Lannes; après Wagram, il fut fait maréchal d'Empire, et bientôt après duc de Reggio.

En 1812, il commande un corps d'armée, sur la gauche de la« Grande Armée », et est grièvement blessé à Polotsk; il est sur pied pendant la retraite et rend les meilleurs services pour préparer le passage de la Bérésina. Blessé cette fois encore, il s'était retiré à Pleszczitz3^ avec une escorte, quand il fut attaqué par 5 ou 600 hussards et cosaques. 11 se défendit avec une telle énergie que les Busses se retirèrent et se bornèrent à le canonner; non sans le blesser une nouvelle fois, « car sa destinée, dit le comte de Ségur, était d'être blessé partout ».

En 1813, 1814, il est de toutes les batailles, à la tête de la jeune garde. Sous la Restauration, il

OUDIXOT. 193

fut comblé d'honneurs, nommé pair de France, «rrand'oroix de l'ordre de Saint-Louis, commandant de corps d'armée en Espagne. Sous Louis- Philippe, il fut grand-chancelier de la Légion il'honneur et gouverneur des Invalides. Il mourut dans ce poste en 1847, à l'Age de quatrevingts ans.

Le maréchal Oudinotn'apas laissé de Mémoires. Sa deuxième femme, la duchesse de Reggio, née de Coucy, a écrit, pour les enfants du maréchal, des « Souvenirs » pleins d'intérêt, bien faits pour rappeler les particularités de cette longue vie, toute consacrée à l'honneur et au devoir.

Page 1