‹ Napoléon et ses maréchauxChapitre 68 sur 69 · GOUVION SAINT-CYR · texte numérisé non relu

GOUVION SAINT-CYR

d'Italie, puis à un commandemeut de réserve, dans l'ancien camp de Boulogne.

A la fin de 1807, en Catalogne, il fit le siège de Roses; puis marcha au secours de nos troupes bloquées dans Barcelone et les délivra; il battit les Espagnols dans plusieurs rencontres; assura sa conquête en assiégeant Girone, et entre temps ne craignit pas de manifester son impatience de recevoir de loin des ordres du maréchal Berthier, qui n'étaient pas toujours d'accord avec les circonstances. Il fut relevé de son commandement, et remplacé par Augereau qu'il attendit pendant |)lusieurs semaines; alors, trouvant qu' Augereau prolongeait par trop sa cure dans les Pyrénées, Saint-Cyr abandonna son poste, en se bornant d prévenir son successeur.

Il fut mis en disponibilité; et y resta jusqu'en 1811, vivant à la campagne, et s'occupant d'agriculture. Il fut ensuite renommé au conseil d'Ktat.

En 1812, pendant la campagne de Russie, il commanda un corps de Bavarois, à l'aile gauche de la « Grande Armée », sous les ordres d'Oudinot. Gelui-ri ayant été blessé à la fin de l.i jiremiére journée de Polotsk, Gouvion Saint (iyr le remplaça dans le haut commandement de l'aib'; se conduisit très énergiquement, et eut

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raison des Russes. L'Empereur le nomma maréchal. Il continua à opérer autour de Polotsk, et fut blessé.

En 1813, au commencement de mai, Saint-Cyr reçut le commandement du 14*^ corps, et prit une part considérable à la bataille de Dresde. C'est une batterie de son corps d'armée qui tua le général MoreauS son ancien chef peu aimé, au milieu des états-majors ennemis.

A cette époque, Saint-Cyr vit souvent l'Empereur, qui fut en coquetterie avec lui; et lui parla de l'art de la guerre, de la campagne qu'ils menaient alors, dans des conversations pleines d'intérêt, rappelées par les « Mémoires » de Saint-Cyr. Quand Napoléon concentra ses forces vers Leipzig, il laissa Saint-Cyr à Dresde, avec deux corps d'armée, qui, malgré une belle résistance, furent livrés à l'ennemi après le désastre de Leipzig : Saint-Cyr avait obtenu une capitulation des plus honorables, mais les alliés n'en tinrent aucun compte; ses troupes

1. Pendant que Saint-Cyr parcourait ses troupes, un capitaine d'artillerie lui parla d'un groupe d'offlciers ennemis qui s'étaient montrés sur une hauteur voisine pour observer: et lui demanda la permission de tirer, si ce groupe se représentait. Il revint, la batterie tira. Un officier ennemi tomba : c'était Moreau. Saint-Cyr l'apprit le lendemain dans le village où Moreau avait été transporté.

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furent traitées en prisonnières, et lui fut interné à Carlsbad, jusqu'à la rentrée des Bourbons.

Bien accueilli par Louis XVIII, il resta à l'écart pendant les Cent-Jours ; puis, à la deuxième Restauration, il reçut le portefeuille de la guerre. Ce ministère avait été oiïert à Macdonald qui, tout en en déclinant l'offre, avait donné son avis -iir le choix de Gouvion Saint-Cyr. Dans ses <i Souvenirs », ^lacdonald cite textuellement la réponse qu'il fit à ce moment à ceux qui le con-

iiltaient sur les talents du Maréchal : c( J'ignore -i Saint-Cyr n'aime pas le travail, s^il est pares-

'ux, comme vous me le dites. C'est un homme -lune grande capacité militaire, ferme; d'un caractère entier, jaloux du mérite des autres. Il est connu et désigné dans l'armée sous l'expression vulgaire de « mauvais coucheur ». C'est le [>Ius froidement du monde (ju'il laissait battre ses voisins, .sans leur porter secours, et les critiquait nsuite.... Mais, du reste, comme cette opinion, issez générale parmi les militaires, peut être exajérée, on lui accorde en échange de l'esprit, du -.ing-froid, une grande habileté!... »

Saint-Cyr n'en devint pas moins ministre, et - rand ministre. Bien préparé par sa longue expérience de la guerre, par ses fonctions de conseiller d'État, il rendit à la France les meilleurs services

en préparant, et en faisant adopter, à force d'éloquence et de fermeté, les grandes lois fondamentales de l'armée. Il eut deux fois le portefeuille de la guerre, et une fois celui de la marine, de 1815 à 1819.

En parlant de son œuvre en 1820, à la Chambre des députés, le général Foy disait : « Nos arsenaux étaient vides : il a formé en silence des approvisionnements considérables. Nos places avaient des fronts entiers qui tombaient en ruine; il a réparé les brèches, relevé les remparts, ajouté aux moyens de défense. Nous n'avions avant lui que des lambeaux de cadres, parsemés d'hommes mécontents; il a commencé une armée nationale; il lui a appris à prononcer ensemble les noms de roi et de patrie; il lui a rendu tant de braves officiers, que réclamaient nos drapeaux, itonnés d'être, après vingt-cinq ans de gloire, confiés à des bras novices. Si son œuvre est continuée, la France n'en sera plus jamais réduite à pousser le cri d'alarme à l'approche de l'étranger.... »

Après sa sortie du ministère en 1819, Gouvion Saint-Gyr vécut dans la retraite, paraissant rarement à la Chambre des pairs. Il mourut à Hyères le 17 mars 1830.

Le Prince PONIATOW SKI

LE Prince Joseph Poniatowski, neveu du roi de Pologne Stanislas-Auguste, est né à Varsovie en 1763. Après avoir servi comme jeune officier dans l'armée autrichienne, il fut mis •Il 1792 à la tète d'une des armées de la Pologne

lans la guerre contre la Russie. Il eut d'abord plusieurs succès, puis des difficultés avec ses compatriotes, et se retira momentanément; bientôt il reprit du service et eut la grandeur d'âme de ^•' mettre aux ordres de son ancien lieutenant K'osciuszko. Il se distingua dans les dernières hittes de sa patrie; et, après avoir refusé les niïres des trois puissances qui se partagèrent la IVjlogne, il s'installa, et vécut dans la retraite dans -es terres, auprès de Varsovie.

Le soulèvement de la Pologne, à la suite de la

I m pagne d'Iéna et de Friedland contre la Prusse 'l la Hussie, ne le laissa pas indifférent. Napoléon lui donna la mission de réorganiser, comme ministre de la guerre, l'armée du duché de Varsovie, récemment formé avec la I*ologne prus-

lonne. Le prince ne tarda pas à mettre sur pied

12 régiments d'infanterie et 6 régiments de cavalerie polonais, solidement organisés, et animés du meilleur esprit.

Pendant la campagne d'Espagne qu'il dirigea lui-même en 1808, Napoléon eut fort à se louer des troupes polonaises incorporées dans son armée. Ce sont les lanciers polonais de la garde impériale qui décidèrent la journée de Somo- Sierra; ils s'y conduisirent en héros.

En 1809, pendant la campagne d'Autriche, le prince Poniatowski intervint énergiquement à la tête de l'armée polonaise contre l'archiduc Ferdinand, qui avait la mission d'opérer contre le duché de Varsovie, pendant que l'archiduc Charles tenait tête à Napoléon sur le Danube. Malgré son infériorité numérique, l'armée polonaise réussit, sous la direction de son prince, à battre les Autrichiens dans plusieurs rencontres, et à les forcer à évacuer la plus grande partie de la (jalicie....

Pendant les fêtes pour la naissance du roi de Rome, le prince Poniatowski vint à Paris comme ambassadeur extraordii;iaire du duché de Varsovie. En 1812, il commanda le 5" corps de la « Grande xVrmée » — composé de Polonais, — et rendit pendant la campagne de Russie les plus glorieux, les plus utiles services, notamment à

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