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LISTE DE 24 DUCHÉS. DE LA MAIN DE NAPOLÉON. (ARCHIVES NATIONALES.) (Ce projet mentionne an duché de Flearaa pour Joardan, qui ne fat Jamais créé.)

Au-dessus des ducs, il y eut les princes : le prince de Bénévent, Talleyrand ; le prince d'Eckmûhl, Davout ; le prince d'Essling, Masséna ; le prince de la Moskowa, Ney ; le prince de Neuchâtel, puis de "Wagram, Berthier ; le prince de Pontecorvo, Bemadotte.

LES MAJORATS, \^ A chaque titre de noblesse étaient attachées des dotations pécuniaires : 5000 francs de rente aux barons, 50000 aux comtes, 100000 aux ducs, sans parler des sommes qui étaient données à titre personnel, pour acheter des hôtels et avoir un grand train de maison. Tous ces titres et ces dotations étaient héréditaires. Car le droit d'aînesse était rétabli d'ime manière indirecte sous le nom de majorats ; on appelait ainsi la propriété du titre et de la rente qui y était attachée,

transmissible dans chaque famille de mâle en mâle, par ordre de primogéniturc. En portant au Sénat le décret qui créait les majorais, Cambacérès disait que les distinctions héréditaires étaient de l'essence de la monarchie, qu'elles donnaient un nouvel aliment à ce qu'on appelle en P'rance l'honneur, et que notre caractère national nous portait à les accueillir avec empressement Les hommes de la Révolution devaient être sans inquiétude : tous les citoyens ne seraient pas moins égaux devant la loi ; les distinctions nouvelles enflammeraient l'ardeur de tous, puisque tous pouvaient y prétendre. Le Sénat, suivant son habitude, vota à l'Empereur une adresse de remerciements et

d'admiration.

La noblesse impériale ne fut jamais qu'une pure décoration, car elle ne conférait à ses membres aucun droit réel, auctme attribution spéciale, en dehors de la jouissance d'un titre sonore et d'une belle fortune. Napoléon y vit un moyen de plus de s'attacher des créatures en excitant l'amour-propre et de fondre l'ancienne France et la France nouvelle. « Je fais de la monarchie, disait-il, en créant une hérédité, mais je reste dans la Révolution, parce que ma noblesse n'est point exclusive. Mes titres sont une sorte de couronne civique ; on peut les mériter par les œuvres. »

Pour ceux à qui leurs œuvres méritèrent cette couronne civique, on comprend leur légitime fierté. Duc de Rivoli, duc de Montebello, duc d'Elchingen, duc d'Auerstaedt, ce sont des noms qui font partie de nos gloires nationales, au même titre que duc de Luxembourg, duc de Montmorency, duc de Villars, duc de Richelieu. L'ancienne noblesse française avait une sœur plus jeune, mais qui devait comme eUe sa naissance aux services cpi'eUe avait rendus au pays. On parlait devant Junot, l'ancien sergent du siège de Toulon qui était devenu duc d' Abrantès, des préventions de la vieille noblesse à l'égard de sa sœur cadette. Et Junot de dire, avec sa rude franchise d'officier de fortune : « Pourquoi donc totis ces gens-là se montrent-ils si jaloux de notre élévation ? La seule différence entre eux et moi, c'est qu'ils sont des descendants, et que, moi, je suis un ancêtre. >

VAN BREE

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