‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 10 sur 221 · ibl. nat., L 31/9, in · texte numérisé non relu

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écoles républicaines. » Mais il faut faire exception pour le Briançonnais, où, au contraire, linslruction publique est florissante. Même celte région peuple d'instituteurs l'ancienne Provence et tout le Midi en général : « C'est même, dit le préfet, une chose curieuse que de voir, dans les foires considérables de l'automne, ces instituteurs, couverts d'habits grossiers, se promener dans la foule et au milieu des bestiaux de toute espèce, ayant sur leur chapeau une plume qui indique et leur état et leur volonté de se louer pour Thiver, moyennant un prix convenu. Ces bonnes gens donnent de nombreuses leçons pendant tout le cours de la journée. Dans les intervalles, ils rendent à peu près autant de services que les domestiques à gages, et on est surpris du très léger salaire qu'ils demandent pour tant de peines. A la fonte des neiges, ils reviennent dans leur pays natal avec quelques écus qui paient une partie des contributions, et ils travaillent à la terre pendant toute la belle saison. Il est peu d'hommes qui utilisent autant leur existence et qui soient plus respectables aux yeux de la société. »

Plus tard, quand il fut question d'appliquer la loi du 11 floréal an X, le sous-préfet de Briançon écrivit au préfet (24 germinal an XI) que dans cet arrondissement montagneux, où on n'allait à l'école qu'en hiver, quand les chemins sont impraticables, il fallait des écoles de hameau, et non une seule grande école pour une commune ou pour plusieurs communes. « Dans cette situation, dit-il, il faut laisser aux différents hameaux le soin de pourvoir à l'instruction de leurs enfants. Et l'on peut être rassuré, à cet égard, dans le pays briançonnais, où il n'existe pas un village qui ne solde un maître d'école. Dans la commune do

Briançon, il y a douze instituteurs; dans celle du Monêtier, ou en trouve au moins huit; la plus petite commune en a plusieurs ^ »

Statistique de TAube : « Dans presque toutes les communes du département, il y a un instituteur primaire, qui remplit les mêmes fonctions que les anciens maîtres d'école. Lorsque les communes sont trop faibles en population, elles se réunissent plusieurs ensemble pour avoir une école primaire. A cet égard, l'instruction n'a perdu ni gagné. »

Aude : « Lenseignement public est presque nul-. Dans les campagnes, il y a peu d'instituteurs primaires, et ceux qui en ont le titre n"ont guère de moyens, ni de volonté d'exercer convenablement ces utiles fonctions. »

Dans la Drôme, lenseignement primaire « laisse beaucoup à désirer ». Les instituteurs sont mal choisis dans les campagnes.

Lozère : « Il n'y a, dans la plupart des communes, ni instituteurs ni institutrices ».

Mont-Blanc : « Un invincible sentiment lait et fera toujours croire, à l'immense majorité, que l'instruction ne saurait être totalement dégagée d'une doctrine, d'une morale religieuse, sans des inconvénients plus préjudiciables à l'intérêt de la société que ceux résultant de l'ignorance. L'oubli de cette vérité a sin-

1. Annales des Alpes, recueil périodique des Archives des Haules- Alpes. Deuxième année, 1" livraison (juillet-août 1898, p. 02-64). Bibl. nat., Le 20/61, in-8.

2. Le préfet de l'Aude est sans doute un peu pessimista En l'an "VI il y avait dans l'Aude 173 écoles sur 406 communes. (Camille Bloch, L'Instruciion publique dans V Aude pendant la Révolulion, dans la Revue internationale de V enseignement, n" du 15 janvier 1894).

gulièrement nui à rétablissement des écoles primaires dans mon arrondissement : à peine en existe-t-il une dans les sept à huit principaux bourgs. »

Dans le Bas-Rhin, où l'administration centrale du département avait établi 355 « arrondissements décoles primaires », il y a en activité, dans larrondissement de Wissembourg, 14 instituteurs primaires sur 102 arrondissements d'écoles pinmaires; dans celui de Saverne, 6 sur 71; dans celui de Strasbourg, 57 sur 108; dans celui de Barr, 38 sur 74; au total, 115 sur 355. En regard, il y a 374 écoles privées. Par arrêté du 28 nivôse an IX, le préfet a supprimé les arrondissements scolaires et a ordonné l'établissement, dans chaque commune, d'au moins un instituteur primaire, élu par le Conseil municipal, examiné par le jury d'instruction et confirmé par le préfet.

Dans le Lot-et-Garonne, les instituteurs sont médiocres, routiniers. Cependant ces écoles, « répandues sur tous les points du département, remplissent une partie de leur objet ». Chaque année il y a plus d'enfants sachant lire, écrire, un peu calculer.

Haute-Saône : « L'instruction primaire est presque nulle dans les campagnes. Mais les premiers résultats de la tournée des jurys d'instruction donnent de grandes espérances pour son rétablissement : les communes s'y prêteront avec zèle. »

Dans la Sarthe, plus de la moitié des communes ont une école primaire, mais ces écoles « végètent >> en général dans un « état de nullité », vu l'impéritic et l'inconduite du plus grand nombre des instituteurs.

Le préfet des Deux-Sèvres fait remarquer que, sous l'ancien régime, « il y avait des petites écoles dans tous les villages ». Aujourd'hui l'instruction primaire

LE CONSULAT : L ENSEIGNEMENT PIUMAIKE KJ

est dans un tel état que « dans vingt ans les communes rurales ne fourniront pas un seul homme qui sache lire et écrire ». « Notre système d'instruction primaire n"est point mauvais, mais on la maladroitement dépopularisé en proscrivant des écoles tout livre de religion. »

Tarn : « L'instruction publique, négligée pendant quelques années, présente chaque jour un aspect plus satisfaisant. Le nombre des maîtres d'école répandus dans les campagnes et dans les petites communes est assez considérable ; ils apprennent aux enfants à lire, à écrire, et les premiers éléments du calcul. »

Vosges : « L'insouciance des habitants des campagnes, leurs préjugés, qui repoussent les institutions nouvelles, parce qu'elles ne sont pas, comme autrefois, alliées à la religion, la difficulté des communications dans un pays de montagnes, surtout pendant l'hiver (seul temps où l'on tient école dans les campagnes), le peu d'instruction des instituteurs, le peu de confiance qu'ils inspirent, la modicité de leur salaire, le défaut de local sont autant de causes qui se sont opposées, jusqu'à présent, à l'établissement des écoles primaires; car on ne peut appeler de ce nom quelques écoles de village, la plupart sans écoliers. ;>

En l'an Xll, quelques autres volumes de statistique furent publiés '.

Le préfet de l'Eure y dit : « Les instituteurs actuels, au nombre d'environ 400, sont pour la moitié des gens de la campagne, dont l'éducation peu soignée entretient l'usage d'un accent et d'expressions vicieuses;

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