Arch. nat„ F
écoles primaires sont tenues par des hommes nuls sous le rapport social, et dont plusieurs ignorent jusqu'aux principes de lecture et d'écriture ' ».
A Paris, à la fin de l'Empire, il y a 400 écoles primaires, fréquentées par environ 14 000 élèves. Mais, en se multipliant ainsi, ces écoles, dit l'inspecteur d'académie Frédéric Cuvier, (( sont arrivées au dernier degré d'appauvrissement ». « Il s'est établi entre les maîtres une rivalité qui les a perdus : ayant pour juge la classe du peuple la moins capable d'apprécier le mérite dun bon instituteur et Tutilité d"une bonne instruction, les mauvais maîtres d"école ont été préférés aux bons, parce qu'ils ne mettaient pas à leurs soins un prix aussi élevé, et bientôt l'instruction du peuple est devenue l'héritage de la classe la plus misérable et conséquemment la moins instruite-. »
La situation matérielle des instituteurs est toujours aussi lamentable. Ainsi, en 1812, dans la petite commune de Mâcon (Aube), l'instituteur, J.-B. Bordier, âgé de quatre-vingts ans, très bien noté, dont les enfants et petits-enfants sont assez bons instituteurs, n'a pas plus de traitement que ses collègues, point de logement, une indemnité de 115 francs pour se loger, et les rétributions des élèves lui rapportent 80 francs par an, au total 195 francs pour tout son entretien 3. Quelquefois les habitants se cotisent pour faire un traitement à l'instituteur, par exemple à Nogent-sur- Seine, où ils lui donnent ainsi une indemnité de
1. Charles Sclnnidt, La Réforme de VUniversité impériale en 18H, p. 95, 97 et 105, et Arch. nat., AFiv, 1511.
2. Frédéric Cuvier, Projet d'organisation pour les écoles primaires, Paris, 1851, in-8. Bibl. nat., Inv. R. 32 823.