‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 140 sur 221 · Ibid., t. V, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. V, p

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quelquefois un honneur, des punitions, et forcent le chef ou à compromettre vainement son autorité ou à tolérer Tun des abus les plus dangereux par sa nature, c'est-à-dire à laisser au milieu de ces jeunes plantes un germe de contagion et de désordi*e qu'il faudrait extirper. » C'est un peu à l'insuffisance des maîtres d'études que les inspecteurs généraux attribuent ces désordres : « On est frappé, disent-ils, en visitant les lycées, de 1 "état d'infériorité, nous dirions presque d'abjection, dans lequel végète cette classe importante d'instituteurs, qui, en rapport presque continuel avec les élèves, peuvent leur faire ou beaucoup de bien ou beaucoup de mal. Il existe, à cet égard, un vice radical dans l'institution même; ces places ne sont ni assez honorées ni pécuniairement assez bien traitées pour offrir un état ou des espérances à quiconque se sent des moyens et du talent dans la carrière des études; elles deviennent donc un pis-aller pour les malheureux qui savent un peu de latin et n'ont pas d'autres ressources. Jeunes encore, accessibles à toutes les séductions, on exige d'eux qu'ils contiennent dans le devoir une classe entière d'élèves indomptés. Tant d'influence n'est pas dans la nature des choses; ils sont réduits à devenir les témoins secrets ou les humbles délateurs des désordres qu'ils ne peuvent empêcher. »

Au lycée d'Amiens « la discipline est mauvaise par la distribution du local ». « Les quartiers sont contigus, et presque tous les lieux où les élèves doivent se rendre partiellement en sont éloignés; de là des rencontres fréquentes et nombreuses, des courses dans toutes les parties de la maison, et nulle surveillance. Cet esprit de dissipation accompagne les élèves dans

tous leurs exercices... Il en est résulté de graves inconvénients et des scènes d"une insubordination scandaleuse. » Les dortoirs ne sont pas disposés comme l'exigerait l'intérêt des mœurs. « Les lits, entassés, ne sont séparés ni par des cloisons ni même par des rideaux; à l'extrémité de chaque dortoir se trouve une chambre de maître d'études, laquelle a une petite fenêtre ouverte sur le dortoir; nous ne croyons pas que les élèves aient d'autres surveillants pendant la nuit. Les dortoirs sont distingués par les âges, mais ils sont tous à une grande distance des commodités, et, sous prétexte de s'y rendre, les élèves de tout âge peuvent se rencontrer seuls pendant la nuit. »

Les inspecteurs généraux ne sont pas contents des résultats obtenus, au lycée de Poitiers, par les moyens de répression réglementaires : « Ces moyens, il faut le dire, sont usés, insuffisants, offrant des inconvénients sans nombre, et ne corrigent point. Quelquefois même , l'élève paresseux ou insubordonné, loin de redouter ces arrêts, trouve des motifs pour les désirer. Quelque tâche qu'on lui impose, il sait se ménager souvent des heures de loisir, des moments de liberté, qui, pour lui, ont un charme qu'il ne trouve pas dans la salle d'étude, et sous les yeux du maître. Dans ce lycée, on a fait quelquefois un essai qui a réussi davantage, parce qu'il humilie l'amour-propre (à genoux dans les salles, au réfectoire, etc.). On a même été forcé, pour des fautes graves contre les mœurs, d'avoir recours, mais de concert avec les parents, à un genre de châtiment proscrit aujourd'hui par les règlements. La leçon a été forte, mais fructueuse, au surplus légitimée par l'assentiment des parents. »

Mais la discipline n'est pas partout mauvaise. Ainsi,

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au Ij^cée de Douai, « malgré rinconvcnient du mélange (d'élèves de tous âges dans la cour), la discipline est exacte, grâce à la fermeté du proviseur, que Ton trouve même excessive, au zèle du censeur et à l'assiduité des maîtres d'étude à tous les exercices, assiduité d'autant plus louable, nous dirions presque d'autant plus étonnante, qu'ils sont tous, un seul excepté, professeurs supplémentaires dans des classes que nous avons trouvées très bien faites ». Au lycée de Rouen, si les inspecteurs généraux (Guéneau de Mussy et Ampère) dénoncent « un vice honteux et trop commun dans les grands rassemblements de jeunes gens », vice qui « y est entretenu par quelques élèves, reste infecté de ceux qui survivent à la première formation du pensionnat », en revanche <.<■ la tenue militaire des élèves, disent-ils, est remarquable. L'officier instructeur est un ancien chevalier de Saint- Louis, qui a su inspirer à sa petite troupe beaucoup de respect et de considération. Les élèves vont à la promenade deux fois par semaine, le jeudi et le dimanche après vêpres. Ils marchent dirigés en deux colonnes, ayant chacune un tambour à leur tête, et conduites par deux maîtres qu'accompagnent deux domestiques. » En somme, le lycée do Rouen leur « a présenté l'aspect d'une maison bien réglée ^ )>. Voilà pour la discipline proprement dite.

.le parlerai plus loin de ce qu'on pourrait appeler la discipline religieuse des lycées, de la base catholique donnée à l'enseignement. Voici d'abord quels chan-

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