‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 143 sur 221 · J. Quicherat, Histoire de Sainte- Barbe, t. IH, p · texte numérisé non relu

J. Quicherat, Histoire de Sainte- Barbe, t. IH, p

LES LYCEES : ENSEIGNEMENT 277

même que les règles de la logique se rattachent à l'analyse des grands penseurs ».

C'est surtout de Sainte-Barbe, à en croire Quicherat, que partit Tinitiative et l'exemple d'un enseignement philosophique. Le professeur de philosophie de Sainte- Barbe était l'ex-abbé Maugras. <( Il apporta à Sainte- Barbe une doctrine qui se fit jour dans l'Université de Paris, à la veille de la Révolution. C'était un assemblage de principes empruntés à Descartes, à Malebranche et surtout à Condillac i. L'enchaînement n'était pas rigoureux, la pensée dominante était de combattre les tendances matérialistes du xvm« siècle, mais sans placer ailleurs que dans la sensation l'origine des idées 2. » Laromiguière faisait aussi des conférences de philosophie aux élèves de Sainte-Barbe. Il réclama, par une lettre au grand-maître, contre l'article du décret du 13 mars 1808 qui établissait l'enseignement de la logique, et non de la philosophie. « H prouva, dit Quicherat, qu'abandonner l'étude de la philosophie,

1. Condillac, que reuseiguement de Royer-GoUard u'avait pas encore démodé, était fort en honneur dans l'Université impériale. M. Eugène Rendu (Ambroisc Rendu, p. 51) cite à ce sujet cet amusant extrait d'une lettre de l'inspecteur général Ampère à Ainbroise Rendu : « J'ai inspecté le collège (il ne dit pas quel collège c'est). Le proviseur porte au fanatisme son admiration pour Condillac. Je dois vous confesser que nous avons eu une discussion beaucoup trop vive, sur ce qu'il m'a dit que DescartoSj Leibnitz, etc., n'avaient rien compris à la métaphysique, et que Condillac était le génie le plus profond, créatour de la science. C'est alors que j'ai eu le malheur de me laisser emporter à ma vivacité, eu lai répondant qu'il n'y entendait rien. Cela en est resté là; et le lendemain nous nous sommes revus avec autant de plaisir et d'affection qu'avant cette malheureuse dispute; j'en ai à présent un vif regret. Le recteur et lui m'ont accompagné à la voiture, et nous nous sommes embrassés en -nous quittant. »

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