‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 144 sur 221 · J. Quicherat, Histoire de Sainte-Barbe, t. III, p · texte numérisé non relu

J. Quicherat, Histoire de Sainte-Barbe, t. III, p

c'était préparer raffaiblissement inévitable de la pensée et la stérilité prochaine de la science. Ses raisons impressionnèrent vivement les membres du Conseil. On raconte que, dans une discussion qui eut lieu à ce sujet, quelqu'un allégua Texemple du cours de Sainte- Barbe. Le chancelier de l'Université voulut voir de ses yeux ce que c'était que ce cours. » Il alla, à l'improviste, assister à l'exercice des thèses de 1809, où il entendit le jeune Scribe, argumenter contre Laromiguière en personne, « Scribe, qui se montra dès son enfance tel qu'il ne cessa jamais d'être dans tout le cours de sa vie, un esprit ferme et prompt à se retourner en face des circonstances, Scribe se tira d'affaire de façon à rendre décisive l'expérience qu'était venu faire le prélat. 11 trouva môme moyen d'introduire dans l'un de ses raisonnements une louange fort bien tournée pour l'hommage public que le noble visiteur rendait à la science. M. de Villaret témoigna la satisfaction la plus vive : son rapport à l'Université fut qu'il fallait absolument transporter dans les lycées l'enseignement de Sainte-Barbe '. »

Ce n'est pas seulement l'enseignement qu'on transporte, c'est le professeur lui-même. Maugras fut nommé professeur de philosophie au lycée Impérial -.

Nul programme n'était formulé ; le Conseil de l'Université déclarait qu'il n'existait aucun ouvrage qui lui eût paru pouvoir être proposé « comme un

1. J. Quiclierat, loc. cit., p. 97. Sainte-Barbe était alors très en honneur et on faveur. Quoique les chefs d'institution n'eussent droit qu'au diplôme de bachelier, son directeur, Victor de Lanneau, fut fait docteur es lettres le G octobre 1809. {Ibid., p. 94.)

2. « M. de Lanneau, dit Quiclierat, obtint d'envoyer à sa classe les élèves en philosophie de Sainte-Barbe, (juoique Sainle- Barbe fût encore dans la dépendance du lycée iXapoléon. »

LES LYCEES : ENSEIGNEMENT 279

traité méthodique, élémentaire et complet de toutes les parties de la philosophie », mais il recommandait aux professeurs de philosophie <c de se pénétrer de ce qu'il y a de meilleur » en des ouvrages dont la liste, assez longue, avait été dressée dans un esprit très large et très moderne, et où, à côté de Descartes et de Fénelon, figuraient Locke, avec son Essai sur Ventendement humain, et Condillac avec son Traité des systèmes, son Art de penser et sa Logique ^ La règle était, autrefois, que le cours de philosophie se fît en latin : le Conseil de l'Université laissa les professeurs libres de le faire en français ou en latin. Il ne faudrait pas croire qu'ainsi laissés libres, tous les professeurs de philosophie se soient mis à faire leur cours en français : nous savons qu'au lycée de Nantes ce cours se fit en latin ^.

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