Voir plus haut, p. 92, 108 et
LES LYCEES : RELIGION 287
sant ricaner. Parmi eux, on voyait (]f=: pi ôires mariés i, et cela scandalisait les bonnes âmes. Eulin les ecclésiastiques qu'on avait admis en bon nombre dans les lycées étaient gagnés par l'esprit universitaire, par l'esprit laïque, comme ce proviseur du lycée de Bordeaux qui, prêtre, semblait vouloir faire oublier son sacerdoce^. On a vu que les inspecteurs généraux reprochaient aux maîtres d'études leur insuffisance. Les catholiques leur reprochaient leur impiété. Sous la Restauration, le pamphlétaire Fabry, violent adversaire de la Révolution et de l'Empire, mais bien informé, écrivait : « Les maîtres d'études, choisis la plupart parmi d'anciens boursiers, ne cachaient point leur indifférence religieuse et leur incrédulité : en contraignant les enfants confiés à leurs soins de s'acquitter de quelques pratiques extérieures, ils s'en dispensaient
1. Sur la situation des prêtres mariés dans l'Université impériale, M. Eugène Rendu {Ambroise Rendu, p. 51) cite ce passage d'un rapport de l'inspecteur général Joubert : << Après ce professeur vient un M. R"*, P. M., quelle note! Ce prêtre marié a satisfait à tout ce que le clergé a exigé de lui pour expiation de sa faute. Le scandale n'en subsiste pas moins. M. C"*, autre P. M. peu scandaleux, parce qu'il a soixante-dix ans et sa femme autant. 11 paraît doué d'un talent particulier, et le collège, qui en a profité, demande qu'on le laisse subsister en paix. On m'a seulement prié de lui recommander d'aller plus souvent à l'église. Je dois vous dire que le principal curé de la ville, M. V***^, homme d'esprit, ancien grand vicaire et excellent curé, est d'accord avec le directeur du collège dans la recommandation d'indulgence et de tolérance en faveur des sujets marqués du malheureux signe P. M. Le préfet aurait été plus rigoureux, et moi aussi peut-être. Ce n'est pas la première fois que les moralistes sont plus sévères que les casuistes , parce que les premiers ne voient que la faute, et que les autres prennent garde à la puissance et au mérite du repentir. Rapportons-nous-en aux casuistes, et laissons-les ensevelir leurs morts. »