LES COLLEGES COMMUNAUX
Anciennes écoles secondaires communales ou établissements nouveaux, les collèges communaux lurent des lycées au petit pied, dont ils ne différaient que par le degré, et non par la nature de renseignement. On les distingua en deux classes, selon que renseignement s'y élevait ou non au-dessus des humanités, (on entendait par humanités les cours qui conduisaient jusqu'à la rhétorique exclusivement).
Quelques collèges eurent même une classe de philosophie, par exemple le collège de Saint-Flour et le collège d'Aix-la-Chapelle.
Des villes assez importantes, non seulement dans les pays annexés, comme Aix-la-Chapelle, Genève, mais dans l'ancienne France, n'avaient pas de lycées, et durent se contenter d'un collège communal. Ce fut le cas de Troyes, de Lille, d'Angoulême, etc.
A la fin de l'Empire, le nombre des collèges communaux était d'environ 500.
Ces collèges avaient, pour la discipline, le régime des lycées. Quant à la valeur de l'enseignement qui s'y donnait, aucune remarque générale n'est possible, vu l'extrême diversité des ressources, des villes, du nombre des élèves. Le collège d'une ville comme Angoulême, où l'enseignement avait toujours été en honneur, valait presque un lycée. Le collège dune bourgade de 1 500 habitants ne s'élevait guère au-dessus d'une humble pension.
Nous avons quelques détails sur le collège de Niort. 11 était habilement dirigé par l'ex-abbé Frigard, ancien
oratoiicu, qui avait épousé une religieuse de Fontcnay, et qui avait professé les mathématiques à l'école centrale. L'enseignement y était donné, jusqu'à la rhétorique inclusivement, par sept professeurs, dont les traitements, payés par la ville, ne se montaient globalement qu'à la somme de H 000 francs. Le dessin était très en faveur, <( à cause de son utilité et surtout du talent de son professeur, Bernard, ancien élève de Rome » (aux appointements de 1 600 francs). « Au contraire, malgré une coûteuse installation, les sciences mathématiques, physiques et naturelles étaient délaissées : deux professeurs sur trois avaient été supprimés en 1808. » L'enseignement des lettres était assez florissant. La morale était enseignée dans toutes les classes (et on y donnait aussi l'instruction religieuse) avec ce programme : Dieu et l'Immortalité de l'âme, les vertus et les vices, les devoirs à tous les âges et à toutes les fonctions, le droit des gens. Mais les professeurs y mettaient peu de zèle : deux d'entre eux, Minault et Hippeau, écrivirent à l'administration pour se plaindre de cette perte de temps. L'enseignement. au collège de Niort, était gratuit pour les externes, la pension coûtait 500 francs, la demi-pension 250 francs. Les langues vivantes et les arts d'agrément se payaient à part : langue anglaise, 120 francs; italien, 100 francs; musique, 75 francs; danse, 48 francs; escrime, 72 francs; natation, 6 francs; gymnastique, 6 francs. Les élèves allaient achever leurs études au lycée de Poitiers, et la ville payait à cet effet 3 000 fr. par an. Il y avait en outre, au collège, un bibliothécaire à 600 francs, avec un budget d'achat de 250 fr. Les prix aux élèves coûtaient 400 francs. Total du budget du collège communal, y compris