‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 150 sur 221 · LES COLLÈGES COMMUNAUX · texte numérisé non relu

LES COLLÈGES COMMUNAUX

les traitements des professeurs : 16 250 francs'. Sur le collège d'Auxerre, nous avons une jolie et instructive lettre de l'inspecteur général Joubert à son collègue Rendu, du 8 novembre 1809 : « Le collège, ditil. a pour chefs don Laporte, ancien directeur de Técolc militaire de cette ville, et don Ducastel, ancien professeur dans le même établissement : deux amis de Tordre et des enfants, et plus semblables à deux jésuites qu'à deux bénédictins. La rhétorique est enseignée par ï\[. Bruchet, jeune homme vertueux, successeur de M. Legrand, honnête et aimable jeune homme que vous avez fait, très mal à propos, ne vous en déplaise, censeur au lycée Bonaparte; la physique, par M. Roux, homme et physicien irréprochable aux yeux des directeurs eux-mêmes, mais qui ne connaît pas le ciel, ignorance qu'il a soin de dissimuler; étudiant, il n'a pas l'imprudence d'être fier, comme le sont ailleurs quelques-uns de ses pareils. Le conservateur et le propagateur de la langue grecque à Auxerre est M. Paulvé *, vénérable vieillard, qui a été le seul maître qu'ait eu l'abbé Sicard, traducteur de Plutarque. Je vous parlerai beaucoup de M. Paulvé quand je vous verrai. Il a cinquante ans d'enseignement, et soixante-dix ans de vertus, d'innocence, de bonheur, de bonnes œuvres. Son visage toujours riant rend contents et religieux ceux qui le regardent. 11 tient, indépendamment de sa place de professeur, une petite pension oii les enfants sont tous gais et studieux. Il faut lui laisser cette pension, et lui donner sa retraite

1. Nous donnons lous ces détails d'après M. Marcel Nesi, Le Collège de Niort en 1810, discours prononcé à la distribution des prix, le 30 juillet VJIO. Niort, 1910, in-8.

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