Cti. Schraidt, p. 244 à
2. L'abbé Roman, inspecteur général, était chanoine de Nolro- Danie.
3. Le maire de Lille s'exprime ainsi par lapsus. Il s'agit d'une ancienne école secondaire privée, redevenue, sous le régime de l'Université impériale, simple institution. Voir VAlmanach. de l'Université pour 1812, p. 140, où le nom de Tabbé Fouquay est écrit Fouquai.
R. — Oui.
Q. — Que font les premiers, quand on enseigne la religion aux autres?
R. — On leur donne une leçon de morale ; on leur prêche l'obéissance aux lois et au gouvernement; l'attachement à TEmpereur, parce que cela est de toutes les religions.
Q. — Combien de fois par semaine?
R. — Une fois... le jeudi.
Q. — Apprend donc la religion qui veut?
R. — Les lois laissent libre sur ce point.
Q. — D'après la loi, vous devez contraindre. Pourquoi ne le faites- vous pas?
R. — Je ne connais aucune loi pareille.
Q. — La loi de TUniversité ne dit-elle pas que la religion catholique sera la base de l'enseignement?
R. — Elle n'oblige pas les instituteurs à l'enseigner de force aux élèves, auxquels les parents veulent en faire suivre une autre. Quel trouble ne mettrions-nous pas dans les familles, si nous disions aux enfants : lYobéissez pas à vos parents parce qu'ils sont Juifs, protestants, et par conséquent damnés?
Q. — Vous perdrez votre maison en agissant ainsi.
R. — Cela se peut. Mais la liberté de conscience est dans les lois de l'État. Le grand-maitre de l'Université ne peut nous rendre opposants à l'Empereur ',
Dans quelques-unes de ces institutions, non seulement à Paris, mais dans certaines villes, l'enseignement était très bon. A Rouen, sur dix institutions, les inspecteurs généraux en signalent huit où « les
1. M. L. Grasilier, qui a publié ce lexte dans V Intermédiaire des clierclieurs et des curieux du 20 juin 1910 (sans doute d'après les Archives nationales), ajoute : <■ Le préfet, en communiquant ce rapport au minislre Fouché, observe que l'abbé Fouquay est un prêtre émigré, qui s'clait expatrié par attachement à sa religion, que sa conduite est conforme aux lois de l'État et exempte de reproches. »
classes sont au moins aussi fortes qu'au lycée ^ ».
La rétribution, qui fut si odieuse aux chefs d'institution et de pension, ne semble pas avoir été, au début, régulièrement payée. Les inspecteurs généraux Guéneau de Mussy et A. Ampère écrivaient de Caen, le 26 mai 1809 : a Dans les départements de l'Eure et de la Seine-Inférieure, aucun chef d'établissement particulier n'a commencé le versement de la rétribution du vingtième. Tous cependant désirent s'acquitter; mais ils ne veulent pas donner, disent-ils, lorsque personne ne leur demande. Vainement on leur oppose les circulaires envoyées du chef-lieu de l'Université. Les autorités locales ne les transmettent pas toujours avec exactitude, et il ne suffît de les transmettre, il faut encore les expliquer. Nous avons eu plusieurs fois l'occasion de nous convaincre que le texte le plus simple a besoin de commentaires à trente lieues de Paris. D'ailleurs les receveurs de département, au nom desquels le ministre des Finances a soigneusement distingué la recette de la perception, ne se prêtent que de mauvaise grâce à une recette pour laquelle ils ne se trouvent pas assez dédommagés. Il est aisé de prévoir que les chefs d'institution n'iront jamais chez eux qu'avec répugnance. » Mais ces hésitations cessèrent bientôt, et la rétribution, rigoureusement exigée, semble avoir été exactement payée.
La décision du Conseil de l'Université du 3 février 1809, qui exigeait la rétribution même pour les élèves qui recevaient l'instruction primaire dans les collèges, institutions et pensions, amena, dans l'Académie de Caen, la fermeture des « petites écoles de latin », et