Arch. nal., F
2. Pour toute cette affaire des petits séminaires et écoles ecclésiastiques, je suis de très près l'intéressante thèse de doctorat de M. Charles Schmidt, La réforme de l'Université impériale en ISll (Paris, 1905, in-8).
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luuis procurer quelques notions importantes dont nous noyons pouvoir garantir la certitude.
Dans un autre rapport général sur le département de lAia, en date du 26 mars dernier, nous avons parlé du petit séminaire de Meximieux, bourg peu éloigné de Lyon, et nous avons observé que cet établissement ne contenait que des jeunes gens pauvres, presque tous destinés à l'état t'i .lésiastique. Il en existe un autre, d'un genre tout difîériMit, et qu'on appelle l'Argentièrc. Les enfants pauvres n'y sont pas admis; on n'y rcoit que ceux aui tiennent à des l;i milles riches. La pension est de ^00 francs, et le nombre de pensionnaires s'élève de 250 à 300. On nous a assuré que, sur un si grand nombre d'élèves, il n'y en avait pas un dixième qui se destinât à l'état ecclésiastique. Quelques pères de famille nous ont même avoué que, partageant la prévention presque générale dans ce pays contre l'éducation des ^lycées et des collèges, ils avaient placé leurs enfants dans ce petit séminaire, sans avoir l'idée d'en faire des prêtres. L'Argentièrc, d'après ce qu'on nous a dit, a recueilli plusieurs des élèves dispersés lors de la clôture du collège de Bellay.
Nous avons eu aussi quelques renseignements sur le petit séminaire d'Alix. Il contient plus de cent pensionnaires et paraît sur le même pied que l'Argentière. Il y a en outre deux établissements de ce genre dans l'ancien Forez (département de la Loire).
Il est aisé d'apercevoir que ces établissements, d'ailleurs utiles pour la disette actuelle des prêtres, peuvent devenir un grand abus s'ils sortent des limites que leur objet spécial semble leur prescrire. Bientôt presque toute l'instruction serait soustraite à la surveillance de l'Université impériale, et les parents, soit par une prévention injuste, soit par l'espoir de ne point payer la rétribution ordonnée par les décrets, s'empressaient d'y placer leurs enfants.
MM. les vicaires généraux nous ont montré une circulaire aux supérieurs des petits séminaires, par laquelle ils leur prescrivent de ne recevoir que des enfants qui se destinent à l'état ecclésiastique et d'exiger une déclaration des
parents. Mais nous croyons avoir la certitude que cet ordre sera éludé, et que ces messieurs fermeront les yeux sur les infractions qu'on pourra y faire'.
A Rouen et à Évreux le grand et le petit séminaires étaient réunis sous un même titre. Les inspecteurs généraux constatèrent, en 1809, que, sur les 150 séminaristes de Rouen, il n'y avait que 36 élèves en théologie, et qu'à Évreux, sur 88, il n'y en avait que 16 -.
En novembre 1807, le danger de cette concurrence avait été signalé à l'empereur par Fourcroy, dans un rapport où il concluait à la suppression des petits séminaires. Napoléon se fâcha, écrivit des lettres, dicta des notes. C'est seulement après l'organisation de l'Université que, par le décret du 9 avril 1809, il supprima ou sembla supprimer les petits séminaires, en édictant quïl ne peut exister en France aucune école, « si elle n'est régie par des membres de l'Université impériale et soumise à ses règles ». Mais, en même temps, il autorisait les départements, les villes, les évéques à créer des écoles secondaires à l'usage des enfants qui se destinent à l'état ecclésiastique.
Ce décret ne remédia guère au mal que Fourcroy avait signalé. Sous le nom d'écoles secondaires ecclésiastiques, les petits séminaires subsistèrent, furent florissants.
D'ailleurs, à l'occasion, les inspecteurs généraux aidèrent le clergé à éluder le décret.
Ainsi, à Saint-Malo, il y avait un petit séminaire, fondé par les abbés Vielle et Jean-Marie de La Mennais, qui faisait concurrence à une école la'ique,