‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 157 sur 221 · Arch. nat., F^ I 3Go · texte numérisé non relu

Arch. nat., F^ I 3Go

2. Rapport des inspecteurs généraux Guéneau de Mussy et A. Ampère, Arch. nat., Fi'< 1365.

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fondée par un particulier et soutenue par la municipalité. Les inspecteurs généraux A. Ampère et Guéneau de Mussy prirent le parti du petit séminaire, appelé du nom d'école secondaire ecclésiastique, et, contrairement à la règle, permirent aux directeurs de ne pas payer leur rétribution pour la moitié non payante de leurs élèves. Piuiné, l'instituteur la'i'quo dut fermer son école 1.

Ainsi les petits séminaires, sous leurs noms nouveaux, les institutions, les pensions faisaient à l'Université une concurrence chaque jour plus redoutable, malgré tant d'entraves officielles à l'enseignement privé, rétribution scolaire, surveillance, réglementations minutieuses.

Inquiet, non seulement de cette concurrence, mais de Fesprit clérical que Fontanes essayait d'introduire dans les lycées et collèges -, Napoléon voulut faire une enquête générale sur l'état de l'instruction publique. Il la confia, non au grand-maître, dont il se méfiait et qu'il voulait plutôt contrôler par cette enquête, mais au ministre de la police, Savary, qui, les 17 et 24 septembre 1810, envoya aux préfets deux circulaires " pour

1. R. P. Laveilie, prèlre de TOraloire, Jean-Marie de La Mennais, t. I", p. 114 et suiv. (Bibl. nat., Ln 27/49 481). M. l'abbé Laveilie dit que les inspecteurs généraux Ampère et Guéneau de Mussy « étaient des hommes de sens droit, d'esprit large et mémo franchement chrétien. »

2. Voir plus haut, p. 208, et notamment l'affaire de l'abbé de Galonné.

3. On les trouvera dans Ch. Schmidt, p. 24 et 25. La seconde est adressée aussi aux commissaires généraux de police. En même temps (note du 27 septembre 1810, Correspondance, t. XXI,

qu'ils recherchassent les causes de ce demi-échec des lycées et, en même temps, pour que, par les moyens d'information que leur « sagacité » trouverait (puisque les établissements d'instruction n'étaient plus sous leur surveillance), ils s'enquissent de l'esprit qui régnait parmi les professeurs et les élèves : « Vous ferez surtout en sorte de savoir quels sont les textes sur lesquels les élèves composent; c'est de ce choix que l'on peut induire si le maître est attaché à nos institutions, ou si, par des principes contraires, il cherche à inculquer aux élèves des principes opposés. Vous vous assurerez particulièrement si l'histoire glorieuse de la ¥ dynastie est employée dans les devoirs des élèves. »

M. Schmidt a publié les réponses des préfets S qui, pour la plupart, y mirent peu de zèle. Neuf d'entre eux (Allier, Basses- Alpes, Hautes-Alpes, Ardèche,Ardennes, Ariège, Indre-et-Loire, Maine-et-Loire, Sarthe) ne répondirent même pas. Beaucoup de réponses sont vagues ou insignifiantes, ou (comme celle du préfet do l'Aude) d'un optimisme voulu. 11 en est cependant d'instructives.

Plusieurs préfets regrettent que l'autorité administrative soit devenue étrangère à l'instruction publique. Le préfet des Bouches-du-Rhône dit : « On reconnaîtra sans doute par la suite que son exclusion n'est pas sans inconvénient ». En attendant, il ne peut avoir des renseignements que « par des moyens de police secrète ».

Quoique la question sur l'enseignement de l'histoire

n» 16 952), le ministre de l'hitérieur fut chargé de faire une enquête analogue. Mais nous n'en avons pas les résultats. 1. Ch. Schmidt, p. 59 à 120. D'après les Arch, nat., F'": 4 .346.

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de la 4" dynastie eût été soigneusement posée par Fouché, la plupart des préfets n'y répondent pas. Ceux qui y répondent se plaignent qu'il ny ait pas de livres classiques sur ce sujet. Dans l'Aude, les professeurs y suppléent par des comparaisons et rapprochements avec les traits de l'histoire ancienne qui présentent quelques rapports avec les traits de Sa Majesté ». Au lycée de Bourges, « les devoirs et compositions, tant en français qu'en latin, en vers et en prose, ont généralement eu pour objet de célébrer les talents militaires, politiques et administratifs de Sa Majesté Empereur et Roi, d'inspirer le respect et l'amour pour tous les membres de son auguste famille ». Dans le Finistère, d'après le commissaire général de police :

Les instituteurs sont à peu près tous assez indifférents sur ce qui tient aux intérêts de la 4" dynastie. Les auteurs classiques expliqués dans les cours sont ceux que le jury a adoptés; mais on y néglige de saisir les allusions que ces auteurs offrent. La crainte de déplaire

certains parents empêche les professeurs d'exercer leurs élèves sur des sujets politiques. Chez aucun des nstituteurs, soit dans les cours journaliers, soit dans les exercices publics, on ne parle, ni en bien ni en mal, de la 4^ dynastie. » Par contre, au collège i'Évreux, d'après le préfet de l'Eure, « l'histoire de la fce dynastie est enseignée dans toutes les classes ». Au îollège de Nogent-le-Rotrou, les sujets de composition sont tirés de la vie de l'empereur et de ses généraux, t, dans les exercices publics, on fait réciter des iiscours ou des poésies « analogues aux merveilles du •ègnede notre souverain et à la gloire de la nation ». 3ans les institutions de la Haute-Garonne, on n'enleigne pas l'histoire de la dynastie actuelle, et les

chefs de ces institutions « paraissent ne pas faire des efforts assez marqués pour former l'esprit et le cœur de leurs élèves dans les principes du gouvernement ». Dans le Gers, « Thistoire de la 4" dynastie forme une partie essentielle de l'enseignement ». Au collège du Puy, « il ne paraît pas que jamais les devoirs des élèves aient trait à l'histoire de la 4« dynastie ». Dans tous les établissements de la Loire-Inférieure, « les hauts faits de Sa Majesté servent partout de texte aux compositions, et la mémoire des enfants est exercée à les retenir ». Au lycée de Metz, on ne s'est pas encore occupé de la 4' dynastie, mais on s'en occupera. Généralement les préfets se louent du bon esprit des lycées, dont ils montrent les administrateurs et professeurs attachés au gouvernement.

Plusieurs préfets dénoncent le cléricalisme des recteurs, par exemple celui d'Éliçagaray, recteur de Pau^ Le préfet du Nord, « chargé par le ministre de surveiller l'instruction publique de ce département », écrit que cette surveillance est presque impossible, d'après une mesure récente de l'Académie de Douai. « Le recteur de l'Université (sic) a créé maîtres de pension 60 curés et bOO desservants. Les curés auront chacun dix élèves, et les desservants trois. 2 100 élèves, dans ces 560 pensionnats privilégiés, surpassent le nombre de ceux qui existent dans les établissements publics. Ces prêtres enseigneront à leurs élèves les principes de la religion; mais l'on doute qu'ils puissent les former pour la carrière militaire, la magistrature, les arts, etc. -. »

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