‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 169 sur 221 · Recueil des lois et règlements, t. V. p · texte numérisé non relu

Recueil des lois et règlements, t. V. p

32(i ENSEIGNEMENT SIPERIEIP.

d'autres professeurs des lycées cnseigaèreuî en même temps à la Faculté des sciences. Ainsi, à Lyon, sur les cinq professeurs qui composaient la Faculté des sciences, trois étaient professeurs au lycée, à savoir : Fioux, professeur de mathématiques à la Faculté et de mathématiques transcendantes au lycée; Mouton-Fontenille et Guillemet, professeurs, Tun d'histoire naturelle, l'autre de physique, dans les deux établissements. A Metz, le recteur, Duquesnoy, était en même temps professeur de physique à la Faculté des sciences et doyen de cette Faculté. Il arriva même qu'un professeur du lycée fût en mèms temps doyen à la Faculté des sciences. Ce fut le cas d'Encontrc, professeur de mathématiques au lycée de Montpellier et doyen de la Faculté des sciences. Ce fut aussi le cas de Lacroix, à la fois professeur au lycée Bonaparte et doyen ù la Faculté des sciences de Paris.

Le décret disait : « Le proviseur et le censeur y sont adjoints ». Ils ne furent adjoints que comme examinateurs *.

On n'organisa que quinze Facultés des sciences : Paris, Besançon, Bruxelles, Dijon, Gènes, Genève, Grenoble, Liège, Lyon, Metz, Montpellier, Pise, Strasbourg, Toulouse, Turin.

Chaque Faculté, en principe, comptait cjuatrc chaires : deux de mathématiques, une d'histoire naturelle, une de physique et chimie. Cependant, à Dijon, il y eut une chaire de physique et une chaire de chimie ; à Genève, une chaire de chimie appliquée, une de minéralogie, une de botanique, une de zoologie; à Montpellier, une chaire de zoologie, une de minéralogie et géologie (en outre la chaire de physique et chimie était

1. Strilut (les Facultés des lettres et des sciences, article 23.

dédoublée): à Pise, une chaire de minéralogie et de géologie, une de botanique et physique végétale (en outre, même dédoublementquà Dijon et à Montpellier) ; à Strasbourg et à Toulouse, même dédoublement, ainsi qu'à Turin, où la Faculté des sciences avait en outre une chaire d'anatomie comparée, une de minéralogie, une de zoologie, une d'hydraulique et mécanique, une d'astronomie. A Gènes, les quatre chaires étaient ainsi dénommées : i)hysique générale et expérimentale, nautique et astronomie, calcul différentiel et intégral, changes et opérations commerciales. Par contre, à Grenoble, il n'y avait pas de chaire d'histoire naturelle; à Metz, il n'y avait qu'une seule chaire de mathématiques.

A Paris, l'enseignement de la Faculté des sciences (établie à l'ancien collège du Plessis) était plus développé. Voici les titres des chaires avec les noms des professeurs : calcul différentiel et intégral : Lacroix, doyen, professeur de mathématiques transcendantes au lycée Bonaparte; astronomie physique : Biot, professeur au Collège de France; chimie : Thénard, professeur au Collège de France; minéralogie : Haiiy, professeur au Muséum d'histoire naturelle; botanique et physique végétale : Desfontaines, professeur au Muséum d'histoire naturelle; mécanique : Poisson, professeur à l'École polytechnique; physique : Gay-Lussac, professeur à l'École polytechnique ; algèbre supérieure : Francœur, professeur de mathématiques au lycée Charlemagnc ; zoologie : Geoffroy Saint-Hilaire. Il y avait aussi des professeurs adjoints, conformément à l'article 59 du statut des Facultés des lettres et des sciences du 16 février 1810, ainsi conçu : (( Les professeurs de premier ordre des lycées de Paris, qui ne seront pas

professeurs de la Faculté des lettres ou de la Faculté des sciences, seront tous adjoints à l'une ou à Tautre de ces Facultés ». Et cela par suite de l'article 24 du règlement sur l'enseignement dans les lycées, où se marquait, par un trait de plus, la parenté des Facultés avec les lycées : « Les professeurs de premier ordre (philosophie, mathématiques transcendantes, rhétorique) des lycées chefs-lieux d'académie sont professeurs de Faculté et en prendront le rang hors du lycée; mais ils n'en seront pas moins subordonnés au proviseur dans l'intérieur de la maison ». C'est pour cela qu'à la suite des noms des professeurs titulaires, dans l'affiche de la Faculté des sciences de Paris, figuraient quatre cours confiés à des professeurs adjoints : astronomie physique : Binet, professeur de mathématiques spéciales au lycée Napoléon; minéralogie : Brongniart; botanique et physique végétale : Mirbel : physique : Hachette. (Cependant ces trois derniers noms ne se trouvent pas, dans lalmanach de 1812, parmi les noms des professeurs des lycées de Paris.) On se rappelle que le décret du 17 mars 1808 portait, article 143, que l'Université veillerait « surtout à ce que l'enseignement des sciences soit toujours au niveau des connaissances acquises, et à ce que l'esprit du système ne puisse jamais en arrêter les progrès ». Le statut du 16 février 1810, en rappelant cette prescription, enjoignit aux professeurs des Facultés des sciences « de suivre et d'étudier les nouvelles découvertes faites dans les sciences, afin que l'enseignement soit toujours au niveau des connaissances acquises ». « Chaque professeur aura soin de faire connaître l'histoire de la science qu'il enseignera, les auteurs et les ouvrages qui en auront reculé les limites. »

Quoique la collation des grades lut la grande affaire des Facultés des sciences, leur enseignement, en tant qu'il préparait à la licence et au doctorat, n'était pas la continuation d'un enseignement de lycée. « Mais, dit fort bien M. Liard, comme ces connaissances peuvent se prendre ailleurs qu'à la Faculté, au Collège de France, au Muséum, à l'École polytechnique, alors que la médecine l'enseigne exclusivement à la Faculté de médecine, le droit à la Faculté de droit, quels seront les clients de la Faculté des sciences? Uniquement les futurs professeurs de sciences, et encore pas tous, puisqu'ils peuvent acquérir le grade en se formant ailleurs '. » L'École polytechnique, avec son prestige et sa gloire, attirait presque toute l'élite de la jeunesse qui se préparait aux professions nécessitant des connaissances scientifiques.

On ne semblait pas tenir à ce que l'enseignement de ces Facultés se développât. Il n'était alloué, à chacune des Facultés des sciences, comme à chacune des Facultés des lettres, pour son entretien annuel, qu'une somme de cinq mille à dix mille francs. Le traitement des professeurs était de 4 000 francs à Paris et de 3 000 francs dans les départements. Ils semblent avoir eu aussi, dès lors, un traitement éventuel, formé d'un droit de présence aux examens. Il est probable que les professeurs de lycée et les recteurs, qui étaient aussi professeurs de Faculté, ne cumulèrent pas deux traitements, ou ne les cumulèrent qu'en partie. Mais nous n'avons trouvé aucun renseignement précis là-dessus.

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