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scientifique, et organisé avec une ampleur qui n'a pas encore atteint, aujourd'hui, l'institut d'histoire de la Faculté des lettres de l'Université de Paris. Évidemment il renonça à convaincre ses conseillers, tous humanistes raffinés, humanistes à la mode de l'ancien régime, il les laissa faire, et ils prirent le contre-pied de ses vues.
A voir la petite place que tenait l'enseignement historique dans ces Facultés de l'Université impériale, on s'est demandé si Napoléon n'avait pas réduit cet enseignement en haine de l'histoire, par peur des épigrammes et allusions, par peur de Tacite. Il est possible que Fontanes, pour obtenir une plus grande place aux lettres, lui ait représenté l'histoire comme séditieuse. Il est douteux qu'après avoir exprimé et dicté, sur l'enseignement supérieur de l'histoire, des idées si nettes et si personnelles, il se soit déjugé au point de donner une place si insuffisante à l'histoire, dans son Université.
Nous avons peu de renseignements précis sur la manière dont se faisaient ces cours des Facultés des lettres. Il semble bien que le cours de philosophie ne fût qu'à l'usage des élèves du lycée : « Dans les chefs-lieux d'Académie où la Faculté des lettres est déjà organisée, dit l'arrêté du 16 février 1810, le professeur de philosophie du lycée ne donnera provisoirement ses leçons qu'à la Faculté ' ».
Nous avons cjuelques renseignements sur le nombre des étudiants de quelques Facultés. A Caen, en 1810, il y a 34 « élèves », de dix-huit à vingt ans en général
1. A Gahors, « une salle d'étude ou une salle de classe, au lycée, était tout le palais de la Faculté des lettres ». B. Paumés, le Collège royal et les Origines du lycée de Cahors, p. 230.
presque tous inscrits au cours de philosophie. En 1812- 1813, à la même Faculté, il y a 62 inscriptions, dont 39 « élèves » (sans doute qu'on veut parler de jeunes gens suivant réellement les cours). Là-dessus, 17 « ont étudié au lycée », 12 suivent en même temps les cours de droit. Quelques auditeurs fréquentent la Faculté sans inscription '. A la Faculté des lettres de Cahors, en 1810-1811, il y a 39 élèves inscrits. Ce sont les élèves de philosophie et quelques autres « désignés par le proviseur ^ ». En 1811-1812, les divers cours sont suivis par 59 élèves, tous élèves du lycée. En 1813-1814, il y a 23 élèves, dont 19 du lycée. A la Faculté des lettres de Clerraont, en 1810-1811, premier trimestre, on relève 47 inscriptions, dont 24 au cours de philosophie, 20 au cours de littérature française, 3 au cours de littérature grecque (aucune inscription au cours de littérature latine). Sur ces 47 inscrits, il n"y a que deux élèves du lycée. En 1813-1814, la clientèle d'auditeurs et d'élèves de cette Faculté s'élève beaucoup : on compte 189 inscrits, dont 94 en philosophie, 24 en littérature française, 61 en littérature grecque ^.
Bien des salles de cours étaient vides. D'après le malveillant Fabry, à la Faculté des lettres d Orléans, « le professeur d'histoire (malgré tout son mérite) était réduit à deux auditeurs, dont un jeune amateur de 66 ans ».
A Paris, 1 organisation de la Faculté des lettres fut
1. Arcli. nat., Fit 4653. Cette Faculté des lettres de Caen ne progressa guère par la suite. Je vois [ibid.) qu'en 1831-1832 elle ne comptait que 32 élèves inscrits.