En vertu d'un décret rendu à Em?, le 4 mai
s'aperçut que, tel qu'il était, ce bâtiment ne pourrait contenir que 75 pensionnaires. Pour l'aménager de manière à ce qu'il pût en contenir 200, l'architecte fit un devis de plus d'un million. Fontanes proposa alors d'acheter le séminaire de Saint -Nicolas -du- Chardonnet, qu'on lui offrait pour 200 000 francs, et il prépara un projet de décret pour y installer l'École normale '. C'est sans doute pour des raisons d'économie que Napoléon n'accepta pas ce projet.
L'École normale fut placée provisoirement dans le bâtiment de l'ancien collège du Plessis. qui donnait déjà asile aux Facultés de théologie, des sciences et des lettres 2.
C'est sans doute aussi pour des raisons d'économie qu'au lieu des 300 élèves annoncés par le décret, il n'y eut à l'École normale, en 1812, que 15 élèves de sciences et 58 de lettres (entre autres Augustin Thierry. Cousin, Patin).
Le statut du 30 mars 1810 décida que le grand-
1. Voir le rapport de Fontanes du 30 septembre 1809 et diverses pièces annexes. Arch. nat., AF iv, 2 148.
2. h'Almanach de VUnivcrsilé impériale, année 1812, p. 27 : « École normale. — Placée provisoirement à l'aneicn collège du Plessis. près le lycée Impérial. >• Je crois donc que M. Ch. Jourdain se trompe quand il dit (Le Budget de Vinslraclion publique, p. 76) que l'École fut ouverte, en novembre 1810, « dans les bâtiments de l'ancien collège d'Harcourt ». Il dit aussi qu'après 1812 l'École fut transportée, non sans des frais considérables, rue des Postes et impasse des Vignes, dans deux maisons louées à cet effet par l'Université. <■ 11 en résulta un rapide accroissement de la dépense, qui, réglée pour l'exercice 1811 à 86 454 francs, s'éleva eu 1812 à 113012 fr., et en 1813 à 281311 fr. ». M. Jourdain dit aussi (ibid.) que la pension des élèves fut calculée sur le taux d'une somme annuelle de 1 000 francs, qui furent remis dans la caisse du lycée Louis-le-Grand, alors lycée Impérial, chargé de pourvoir à toutes les dépenses du matériel.
maître réglerait tous les ans, daprès Tétat et les besoins des lycées et des collèges, le nombre des élèves qui devaient être admis à l'École normale.
Ces élèves étaient désignés par les inspecteurs généraux, parmi les meilleurs élèves des lycées, « d'après des examens et des concours ». Cela consistait en une brève interrogation que faisait subir au candidat la Commission des inspecteurs généraux qui était chargée d'examiner les candidats aux fonctions de répétiteur. Voici un des procès-verbaux de cet examen : « D"après l'invitation qui nous a été faite par S. E. le sénateur grand-maître, nous avons interrogé le sieur La Rosa (Jean-Louis), né à Paris le 8 mars 1793. Nous lui avons fait expliquer l'ode d'Horace qui a pour titre lAngustom pauperiein pâli, et le morceau des Géorgiques : Me vero, un morceau de Tite-Livc : Oratio Scœvolae, qu'il a traduit d'une manière satisfaisante, et nous sommes persuadés qu'il suivra avec succès la carrière de l'instruction publique, et nous le croyons digne de la faveur qu'il sollicite d'être admis à l'École normale. Paris, le 20 septembre 1811. Villar, Rolland *. » La facilité, l'insignifiance de cet examen, qui n'était même pas un concours, semble indiquer que, quoique, pendant leur séjour à l'École normale, les jeunes gens fussent entretenus aux frais de l'Université, il y avait peu de candidats, médiocre concurrence. Cependant nous voyons, par les mêmes procès-verbaux; qu'il y eut des candidats ajournés.
Les élèves contractaient un engagement décennal, étaient exemptés du service militaire -, et leur scolarité