Voir plus haut, p
à la tête un liomme cher aux catholiques, afin de domestiquer la religion dans les écoles comme il la voulait domestiquer dans la vie publique et privée.
Son calcul, de régner par le pape sur les consciences, manqua, puisque le pape ne fut pas, comme il Tavait naïvement espéré, un instrument dans sa main. Il eut la même déception pour TUniversité : Fontanes, sur qui il comptait pour napoléoniser la jeunesse française, servit une tout autre cause, trahit en partie ses desseins et sa confiance.
Mais, en cet homme si complexe, Tambition personnelle n'était pas tout. Fils du xviii^ siècle, fils de la Révolution française, comme le lui reprochaient si amèrement les Anglais, Napoléon reprenait à sa façon Toeuvre d'émancipation intellectuelle que lui avaient comme léguée les philosophes et les révolutionnaires. S'il mit la religion catholique à la base de l'Université, c'est aussi pour faire enseigner cette religion par des hommes non fanatiques et choisis par lui, c'est pour neutraliser, si je puis dire, cet enseignement en le plaçant au lycée même, dans le cadre officiel, sous la surveillance du proviseur. S'il créa son Université, c'est aussi pour que TÉglise romaine ne se rendit pas maîtresse de renseignement national.
Sous la Restauration, défendant l'Université contre les royalistes, Ambroise Rendu, qui avait été un des conseillers de Fontanes, s'indignait qu'on prêtât à Napoléon ce mot : « Je n'avais institué l'Université que pour enlever l'éducation aux prêtres. Fontanes n'a pas voulu me comprendre ^ » Et Rendu énumérait, pour prouver la fausseté du mot, les prêtres ou les